Joe Bryant Vs Kobe Bryant

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Le talent est bien souvent une histoire de tradition familiale. En ce mois de septembre, Duel de Génération propose donc une série spéciale de confrontations père/fils. Des premiers shoots sur le panier au fonds du jardin aux highlights des parquets NBA, Inside Basket retrace le parcours des grandes lignées de basketteurs.

Après les Dunleavy, on rentre dans le vif du sujet aujourd'hui avec du lourd. D'un côté, Sylvain défendra les couleurs de Joe Bryant, ailier fantasque passé par Philadelphie, San Diego et Houston. Dans l'autre camp, David est à l'affut avec son joueur favori, l'homme qui n'a connu qu'une ville, la légende de Los Angeles, Kobe Bryant !

 

  • Joe Bryant

 

Avec un physique longiligne et une taille prédestinée pour la pratique du basket (2m06), Joe Bryant détonne dans le lycée John Bartram en Pennsylvanie. Malgré son envergure, il tente des choses balle en main rarement vues chez un joueur de cette taille. Rapidement, ses coéquipiers l'affublent du surnom de Jellybean, «la gelée», car s'il était de la confiture il ne pourrait pas bouger ainsi (référence aux paroles d'une chanson de Glenn Miller). Au moment de choisir son université, Joe reste à Philadelphie, son fief, et s'engage donc à La Salle University. Il tourne trois saisons de suite en double double et finit même son cursus avec des statistiques dantesques : 21.8 points et 11.4 rebonds.

 

Logiquement, les franchises NBA se penchent sur son cas. Il est drafté en 14ème position par les Warriors. Mais, Jellybean ne pose pas les pieds dans la Baie, il est échangé dans la foulée aux Sixers, désireux de récupérer leur star locale. Aux côtés de Julius Erving, il atteint la fameuse finale NBA 1977 où les 76ers s'inclinent contre les Blazers, après avoir mené 2 à 0. Après quatre saisons passées à Philly, sa carrière ne décolle pas : Joe plafonne à 6.0 points de moyenne en 14 minutes. Il est temps pour lui de changer d'air. Direction la Californie chez les Clippers... de San Diego. Dans une franchise assez faible, Jellybean devient titulaire et ses stats montent en flèche : 11.8 points, 3.7 rebonds et 2.5 passes. Devenu plus complet sur le parquet, Joe régale régulièrement les fans par des actions spectaculaires comme ce dunk passé à la postérité sur Kareem Abdul-Jabbar.

 

 

Après une dernière saison sous l'uniforme des Rockets à plus de 10 unités, Bryant comprend qu'il ne sera jamais la superstar NBA qu'il rêvait d'être. En 1984, il prend la décision de s'expatrier en Europe, en Italie plus précisément à Reggio Calabria puis à Pistoia. Pendant sept longues années, il survole les parquets italiens, et importe sa propre version du Showtime de l'autre côté de l'Atlantique. Il remporte le titre de MVP du All Star Game italien en 1984 et 1985. Les fans de Pistoia le surnomme «Il funambolo di Filadelfia» (là pas besoin de traduction) et il rentre dans la légende de ce championnat en inscrivant 53 pions à deux reprises. En fin de carrière, Jellybean poursuit ses déambulations européennes en passant par la Suisse et même l'Alsace au FC Mulhouse Basket en 1992. A la retraite, toujours atteint par le virus de la balle orange, il passe de l'autre côté du banc en coachant en WNBA et au Japon notamment. Joe aurait pû rester dans un relatif anonymat s'il n'avait engendré l'un des plus grands champions de ce sport.

 

  • Kobe Bryant

 

Nous sommes en 1996, une époque où généralement, on ne drafte pas un jeunot de 18 ans à peine sorti du lycée avec son premier pick. Kobe attendra donc patiemment le 13ème choix, juste avant Pedrag Stojakovic et Steve Nash, pour que les Hornets le sélectionnent. Le gamin de Lower Merion High School débarque en NBA et devient le plus jeune joueur à rejoindre la grande ligue. Jerry West, GM des Lakers à l'époque, convainc Charlotte de leur envoyer leur recrue contre Vlade Divac. C'est le début d'une série de vingt saisons pour Kobe avec les Lakers.

Dans une équipe qui vient d'acquérir Shaquille O'Neal, le futur Mamba ronge son frein avec l'autre rookie, Derek Fisher, derrière Eddie Jones, Nick Van Exel, Cedric Ceballos et son futur coach, Byron Scott. Mais ce n'est pas encore l'heure pour Kobe et ses 7pts de moyennes, il se contentera de gagner le Slam Dunk Contest et il laissera le titre de ROY à Allen Iverson

Par la suite, Kobe monte très vite en puissance en doublant sa moyenne de points, le N°8 impressionne et devient l'une des attractions de la ligue. Phil Jackson débarque alors à L.A avec ses six bagues de champion NBA et transforme le duo Kobe-Shaq en winners... Mieux que ça, il les rend injouable avec l'attaque en triangle. Si certaines équipes de l'Ouest opposent une résistance correcte. L.A atomise les équipes de l'Est en finale chaque année du Three-Peat

​La saison suivante voit les Spurs couronnés et Los Angeles tente alors un pari fou avec les signatures de Gary Payton et Karl Malone dès l'exercice suivant. Malgré la sur-médiatisation et les blessures, le quatuor incroyable arrive en finale NBA mais s'incline face aux Pistons de Larry Brown. Après cette leçon d'humilité, pour ne pas dire raclée, c'est le divorce entre Kobe et Shaq qui rejoint Miami contre Lamar Odom, Caron Butler et Brian Grant

Kobe est seul maintenant et il accumule les records de points et glane son seul trophée de MVP en 2008. Le staff des Lakers est performant (à l'époque) et construit petit à petit un effectif capable de reconquérir la ligue. Les Lakers de Kobe reviennent sur les devants de la scène grâce à un Lamar Odom ultra polyvalent et un Andrew Bynum qui explose... jusqu'à la blessure. L.A fait alors l'un des transferts du siècle en échangeant le jeune Marc Gasol et une poignée de retraités et bras cassés contre Pau Gasol. S'en suivra trois finales NBA, deux titres et deux trophées de MVP des Finales pour Kobe.

 

La suite est récente et les lecteurs la connaissent. David Stern annule le transfert de Chris Paul à L.A, Lamar Odom plonge dans l'alcool, la drogue et les Kardashians, Andrew Bynum sombre dans l'anonymat et Ron Artest change de nom. Kobe redevient une machine à scorer esseulée, il grimpe le classement des meilleurs marqueurs all-time jusqu'à la troisième place, se payant le luxe de passer Michael Jordan. Mais L.A n'est plus au niveau, malgré un sursaut d'orgueil avec les signatures de Dwight Howard et Steve Nash, le staff angeleno n'arrive plus à construire un effectif de challengers. Les dernières années de Kobe auront surtout apporté d'excellents choix de draft pour les Lakers.

 

 

  • Bilan

 

Un père, un fils, deux carrières bien différentes mais beaucoup de similitudes pourtant... et autant de différences. Si Joe n'a pas su imposer son jeu en NBA, il y est parvenu en Europe. Le père Bryant a décidé lui-même d'exporter son talent de l'autre côté de l'Atlantique. Cette décision, on aurait du mal à imaginer Kobe la prendre. Dès son arrivée en NBA, Bryant Jr savait ce qu'il voulait ; être le meilleur joueur de cette ligue et le faire absolument avec les Lakers. Cette fougue, c'est sans doute en suivant son père qu'il l'a obtenu. A voir Joe gagner à Philadelphie, en Italie et en France, Kobe voulait goûter lui aussi à la victoire. Les légendes de ce gamin voulant affronter les pros lors de l'entraînement de son père pullulent encore aujourd'hui. On souligne souvent les points communs du jeu de Kobe avec celui de Michael Jordan. Mais Kobe a assimilé les techniques d'autres grands comme Dirk Nowitzki ou Julius Erving... et ceux de Joe Bryant bien avant. Mais Joe n'a pour l'instant pas transmis à son fils l'envie de coacher. Kobe semble loin de cette idée et avoue lui-même ne pas vouloir "s'asseoir sur un banc pour coacher des divas." Alors que Joe s'adaptait aux situations et trouvait un nouveau chemin à chaque tournant de sa carrière, Kobe s'est quant à lui efforcé de défoncer les portes pour aller droit vers son objectif quoi qu'il arrive.

 

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