Larry Bird Vs Dirk Nowitzki

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Duel de génération compare une star actuelle avec son alter-ego du passé. Cette semaine, deux des plus grands shooteurs de l'Histoire s'affrontent : Larry Bird remet son maillot mythique des Celtics et sera représenté par Sylvain. Quant à David, il traversera le Rhin pour défendre Dirk Nowitzki, légende vivante des Mavericks.

Eliminé au premier tour des playoffs avec Dallas, Dirk Nowitzki vient d'annoncer qu'il rempilait pour une saison supplémentaire. Fidèle à sa franchise de cœur, il symbolise les bons résultats des Mavericks depuis de nombreuses saisons. Tout comme lui, Larry Bird est l'emblème des Celtics qu'il a mené à plusieurs titres. Le parallèle est tout trouvé pour comparer ces deux icônes de la balle orange.

 

  • Round 1 : Apport offensif

 

Sylvain : Né dans un trou paumé de l'Indiana, Larry Bird aurait pu se contenter d'une existence paisible de redneck. Ses aptitudes pour le basket en ont décidé autrement. Après une saison en high school où il explose les bouseux locaux, il tourne le dos aux prestigieux Hoosiers de Bobby Knight pour s'engager avec les Sycamores d'Indiana State. L'histoire de Larry Legend est en marche. Il fait gravir un à un les échelons à cette petite fac et la conduit jusqu'au Final Four. Lors de cette épopée, Bird tourne à 29 points et 15 rebonds. En finale, il croise la route de Michigan State et d'un certain Magic Johnson. Avec la naissance de la chaîne ESPN, ce duel devient le match le plus regardé aux USA. Cette rivalité sera bientôt le soap opera de la NBA des 80's. Vaincu en finale, Bird est cependant drafté en 6ème position par Boston. Le légendaire Red Auerbach flaire le bon coup. D'origine irlandaise, Bird a tous les atouts pour devenir l'idole du peuple celte. Dès son année rookie, il reverdit le blason de la franchise. Boston fait un bond historique de 29 victoires à 61, le 3ème meilleur bilan des C's. Bird devient le top scoreur de l'équipe et le restera jusqu'à sa retraite. En 1988, il se permet même une pointe à 30 points de moyenne. Sous sa houlette, les Celtics vont entamer leur règne sur la Conférence Est avec notamment six saisons de suite à plus de 60 victoires.

 

David : Profitons du fait que Dirk Nowitzki joue encore pour l'intégrer dans un duel de génération en tant que joueur actuel. Dirk est né à Wurtzburg en Allemagne et c'est dans le club de Bundesliga de sa ville qu'il évolue avant d'intégrer la NBA. A 19 ans, il se fait remarquer en marquant 33pts dans un match Junior contre les Américains. Il se présente alors à la draft 1998 où il se fera choisir par les Bucks en 9ème pick. Mais l'Allemand ne jouera pas un seul match avec Milwaukee. Don Nelson le veut à Dallas et l'échange contre Robert Traylor. Dirk Nowitzki devient alors un Maverick et l'est toujours aujourd'hui. Après une saison rookie moyenne avec 8.2pts de moyenne, Die Wunderkind explose pendant son année de sophomore. Il passe à 17.5pts de moyenne avec 6.5rbds en prime. Il échoue de peu pour devenir le MIP de la saison, derrière Jalen Rose qui empoche le trophée cette année là. Mais Nowitzki est lancé, avec son coéquipier Steve Nash, ils font partie des plus beaux duos de la NBA. L'Allemand récupère les caviars du Canadien pour artiller de toutes les positions pendant quelques années. Même après le départ de Nash, Nowitzki continuera à épater, s'invitant plusieurs fois au All-Star Game et jouant ailier fort avec un style bien différent des ténors de l'époque. Un poste 4 qui joue si loin du panier et qui excelle à 3pts, c'est encore plus rare à l'époque qu'aujourd'hui ! Après 18 ans de carrière, il est considéré comme l'un des meilleurs ailiers forts de l'histoire, sans doute le meilleur joueur européen également. Le grand blond apporte tellement offensivement qu'on en oublie sa défense médiocre !

 

Résultat : 0-1 pour Nowitzki. Certes Larry Bird présente des meilleures moyennes en terme de scoring, mais la longévité au plus haut niveau de l'Allemand fait la différence dans cette manche. Nowitzki se hisse au 6ème rang des meilleurs marqueurs de l'Histoire de la NBA et va franchir les 30.000 points en carrière. Bird n'est que 32ème dans ce classement avec 21.791 unités.

 

  • Round 2 : Polyvalence et leadership

 

Sylvain : Larry Bird est né avec un ballon dans les mains. Quasi ambidextre, son jeu pue le basket jusque sur la côte Ouest. Que ce soit par un rebond offensif, une interception, une passe aveugle ou une flèche longue distance, il trouve toujours le bon geste pour emmener Boston vers la victoire. Grâce à sa taille (2m06), Bird est un excellent rebondeur, tournant même à plus de 10 prises lors de ses six premières saisons. Il est également un playmaker d'exception. Doté d'une vision du jeu hors norme, il sait trouver le partenaire démarqué en cas de prise à deux. Durant sept saisons, Bird améliore sa moyenne d'assists pour atteindre 7,6 passes en 1987, une performance incroyable pour un poste 3-4. A ce petit jeu, son entente avec les intérieurs Kevin McHale et Robert Parish n'a pas d'égale dans la Conférence Est. De plus, comparé à Dirk Nowitzki, Bird est un excellent défenseur intégrant la NBA All-Defensive Second Team à trois reprises. Il compense son manque de rapidité par une science du placement et de l'anticipation pour devenir un intercepteur de génie (1,7 steal en carrière). Un aperçu en images de son immense talent.

 

 

David : Avec le temps, Nowitzki a développé son jeu au poste, il est devenu bien plus qu'un simple ailier fort qui s'écarte du panier. Dirk sait jouer partout maintenant et il est le leader incontestable de son équipe. Ses hauts-faits avec l'équipe d'Allemagne et les Mavericks en font l'étendard de ces équipes, et ils sont rares les Européens à avoir été Franchise Player ! En plus de cela, Nowitzki est clutch au possible, il peut complètement bouleverser la physionomie d'un match avec ses tirs. A cheval sur les carrières de Reggie Miller, Ray Allen et Stephen Curry, Dirk Nowitzki s'est frayé un chemin parmi les meilleurs tireurs extérieurs.

 

Résultat : 1-1. En terme de clutchitude, les deux joueurs se valent puisque chacun de leur côté, ils ont mené leur équipe au titre suprême. Meilleur défenseur, rebondeur, passeur et intercepteur, Larry Bird a le jeu le plus complet qu'un basketteur peut atteindre. Il revient, donc, logiquement au score.

 

  • Round 3 : Distinctions personnelles

 

Sylvain : All Star chaque saison passée dans la Ligue, Bird décroche le titre de MVP du Match des Etoiles en 1982. Sur le plan individuel, il possède l'un des plus gros palmarès de l'Histoire : Rookie of the Year en 1980, 3 titres d'affilée de MVP de la saison régulière, 2 titres de MVP des Finals et 9 nominations au sein de la All-NBA First Team. Il termine en tête de la Ligue au pourcentage aux lancers francs à quatre reprises et pointe en première position à l'efficacité sur le parquet (Player Efficiency Rating) en 1985 et 1986. Larry Bird, c'est également trois bagues de champion obtenues au terme de duels chimériques contre les Lakers de Magic Johnson et les Rockets d'Hakeem Olajuwon. Diminué par des problèmes récurrents au dos en fin de carrière, Bird trouve la plus belle des portes de sortie. En 1992, il est co-capitaine de la Dream Team avec Magic et décroche la médaille d'or olympique sous les caméras du monde entier.

 

David : Commençons par les prouesses de Dirk avec L'Allemagne. Médaillé de bronze au championnat du monde 2002 et d'argent en 2005, Dirk est le meilleur joueur Allemand des deux compétitions et même MVP du tournoi en 2002. Mais ce palmarès international ne suffit pas à résumer la carrière de Dirk. En NBA, il participe 13 fois au All-Star Game, il remporte d'ailleurs également le concours à 3pts en 2006. Il apparaît trois fois dans la NBA Third Team, cinq fois dans la NBA Second Team et quatre fois dans la NBA First Team. Il est finaliste NBA en 2006, perdant en finale contre le Heat de Dwyane Wade et Shaquille O'Neal, mais rebondit l'année suivante en étant élu MVP de la saison, le seul Européen à l'avoir fait. Il décroche finalement le Graal ultime en 2011 en prenant sa revanche contre le Heat pourtant renforcé de LeBron James et Chris Bosh. Après une grosse campagne de Playoffs, laminant au passage par 4-0 les Lakers de Kobe Bryant et Pau Gasol, Il est logiquement élu MVP des Finales. Cette fois ils sont deux Européens à l'avoir fait avec Tony Parker.

 

Résultat : 2-1 pour Bird. En terme de palmarès, Dirty Dirk ne démérite pas en décrochant toutes les distinctions personnelles majeures. Seulement au nombre de bagues et de titres de MVP, Larry Legend a trois longueurs d'avance. Bird reprend l'avantage dans ce duel.

 

  • Round 4 : La technique

 

Sylvain : Avec sa coupe beatnik du terroir et sa moustache juvénile, Larry Bird n'impressionne pas grand monde à son arrivée dans la Ligue. Mais son adresse diabolique va faire de lui l'un des joueurs les plus craints de la NBA. Sa mécanique de shoot n'est, certes, pas très conventionnelle, mais elle est tellement rodée que le Celtic peut armer dans toutes les positions. Ce n'est pas un hasard s'il remporte les trois premiers concours à 3 points du All Star Game, non sans chambrer au passage ses concurrents. Car, impossible de parler de Larry Legend sans évoquer son goût pour le trashtalking. Bird ne se contente pas de susurrer des noms d'oiseaux à l'oreille de ses adversaires. A maintes reprises, il met au défi ses défenseurs. Contre Portland, il annonce à Jerome Kersey qu'il va jouer trois quart-temps de la main droite. Bilan 27 points. Il finit le match sur sa main gauche légendaire et enquille 20 autres unités dont le shoot de la victoire. Face aux Bad Boys de Chuck Daly, il prie le coach des Pistons de lui envoyer un vrai défenseur, sinon il plantera 60 pions. Ou encore, défendu de près par Xavier McDaniel, Bird lui indique le spot d'où il va marquer. Il déclenche alors un shoot au buzzer de cet endroit précis pour remporter le match.

 

David : On le rappelle, Dirk n'est pas qu'un shooteur. Son arsenal offensive est énorme. C'est un excellent passeur et son shoot ne se résume pas qu'à dégainer à 3pts. Il a montré pendant quelques années son efficacité au pick and roll et au pick and pop avec son compère Steve Nash. Il sait également jouer au poste où sa technique et ses feintes lui permettent de trouver la cible dans n'importe quelle position. En plus de ça, il s'est inventé son propre shoot, le fadeaway sur une jambe ! Même Kobe fera tout pour s'approprier ce mouvement incroyable, mais quand on mesure 2m13 comme Dirk, ce shoot devient aussi incontrable que le Sky Hook de Kareem Abdul Jabbar. Voici en image toute la beauté du jeu de Nowitzki !

 

 

Résultat : 3-2 pour Bird. Impossible de départager les deux shooteurs dans ce round. Dans les années 80, adresse rimait avec Larry Bird. Sa mécanique de tir est inimitable et d'une précision redoutable. Son art du chambrage en a écoeuré plus d'un, de Magic à Isiah Thomas, les plus grands ont subi la verve du Celtic. En estampillant son propre move, Dirk n'est pas en reste. Capable de shooter sur la tête de tout le monde, le Maverick est au panthéon des artilleurs NBA.

 

  • Round 5 : Impact sur le basket et vie extra-sportive

 

Sylvain : Larry Bird est sans conteste le meilleur visage pâle de l'Histoire. Compétiteur dans l'âme, il incarne la domination des Celtics dans les eighties. Il est également un modèle en terme de reconversion. Après sa carrière de joueur, il rejoint sa région native en devenant entraîneur des Pacers. Il décroche le titre de Coach of the Year en 1998 et guide Indiana vers la première finale de son histoire en 2000. Après une défaite contre les Lakers, il quitte le banc. Coup de théâtre en 2003, où il intègre la direction du club. Après l'excellent parcours des Pacers en 2012, il est désigné NBA Executive of the Year. Il entre dans l'Histoire en devenant le seul à remporter la distinction suprême en tant que joueur, coach et general manager. Hors parquet, Bird est une icône dans de nombreux domaines : des marques comme McDonald's ou Converse le mettent à contribution dans des publicités, Electronic Arts sort ses premiers jeux vidéo à son effigie. Bird aurait même inspiré le réseau social Twitter puisque l'oiseau mascotte se nomme Larry. L'information n'est pas confirmée mais quand on sait que le créateur Biz Stone est originaire de Boston...

 

David : Bien avant Tony Parker, Pau Gasol et  Marc Gasol, Dirk s'est retrouvé Franchise Player d'une équipe NBA, privilège interdit aux Européens à une époque. Si un autre Allemand, Detlef Schrempf, ainsi que les incontournables Drazen Petrovic, Toni Kukoc, Vlade Divac ou Arvydas Sabonis brillaient en NBA bien avant Nowitzki, aucun n'a eu son impact. Encore aujourd'hui, même TP n'a pas toujours eu les rennes des Spurs et Pau Gasol n'a connu les sommets qu'en tant que lieutenant de Kobe. Son titre, Dirk l'a obtenu en étant le patron incontesté des Mavericks ! S'il a fallu des pionniers pour traverser l'Atlantique et jouer en NBA, Dirk quant à lui est LE pionnier qui a montré que non seulement les européens pouvaient jouer en NBA, mais qu'en plus ils pouvaient y être des stars !

 

Résultat : 4-2 pour Larry Bird, vainqueur du duel de la semaine. Nowitzki a mis la barre très haute pour tous les Européens désireux de rejoindre la Grande Ligue. Son empreinte sur la NBA est énorme et par sa bonhomie hors parquet, il a gagné le coeur des fans américains. Une vrai gageure ! Insuffisant toutefois pour déloger Larry Bird du trône des visages pâles de l'Histoire. Légende à Boston et dans l'Indiana, ses performances ont créé une dynastie dans une période où le shoot à 3 points n'était pas encore démocratisé.

 

On se retrouve samedi prochain pour un nouveau duel de génération, avec au centre du ring deux colosses des raquettes.

 

Article co-écrit par Sylvain Hermer et David Kalmes

 

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