Ray Allen Vs Klay Thompson

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Duel de génération compare une star actuelle à son alter-ego du passé. Lors du premier numéro il y a trois mois, nous avions comparé Stephen Curry et Reggie Miller, deux légendes du shoot à 3pts. Nous avions donc laissé Ray Allen de côté dans ce duel de pistoleros. Aujourd'hui, nous rattrapons notre erreur en le comparant avec l'autre grand shooteur du moment ; Klay Thompson.

Cette semaine dans notre Duel de génération, nous comparons deux mastodontes du shoot à 3pts. David défend Ray Allen, meilleur artilleur all-time à 3pts loin devant Reggie Miller. Dans l'autre coin du ring, Sylvain défend Klay Thompson, 3ème meilleur scoreur derrière l'arc sur une saison... derrière Stephen Curry aux deux premières places et devant Ray justement !

 

  • Round 1 : Apport offensif
     

David : Meilleur marqueur All-Time des Huskies de Connecticut et joueur universitaire de l'année 1995, Ray Allen débarque en NBA avec une grosse cote. Il est drafté à la cinquième position en 1996, derrière Allen Iverson, Marcus Camby, Shareef Abdur-Rahim et Stephon Marbury... mais devant Kobe Bryant et Steve Nash ! Sélectionné par les Wolves, il est immédiatement tradé aux Bucks contre Marbury et un tour de draft.
Ray obtient beaucoup de temps de jeu dans la faible équipe des Milwaukee Bucks et termine sa première saison à 13pts de moyenne aux côtés de Vin Baker. Sans être au niveau d'Iverson, rookie de l'année, Ray se fait remarquer et squatte une place dans la All-NBA Rookie Second Team avec Kobe. Celui qu'on surnomme Hollywood ne cesse alors de progresser, passant à quasiment 20pts de moyenne dès sa seconde année. Ray artille à 3pts et multiplie les gros scores. Il s'améliore encore par la suite après s'être entraîné avec Dell Curry (et oui, le père de Stephen) pour encore perfectionner son shoot. Il emmène alors les Bucks jusqu'à la finale de Conférence Est face aux Sixers d'Iverson qui l'emportent en 7 matchs... avant de s'écraser face à Kobe Bryant et Shaquille O'Neal. Par la suite, l'entente entre le coach, George Karl, et Ray Allen se détériore. Karl profite de l'émergence de Michael Redd pour faire échanger Allen contre Gary Payton chez les Sonics. Malgré les blessures, il monte encore en régime à Seattle avec 24.6pts de moyennes en quatre saisons. Pendant cette période, Ray montre à tous qu'il est l'un des meilleurs attaquants en battant (à l'époque) le record de 3pts en une saison (269) mais ses Supersonics ne font pas le poids à l'ouest, barrés entre autre par les Spurs.  
Suite au rachat des Supersonics et du déménagement de l'équipe à Oklahoma City pour devenir le Thunder, Ray décide de partir vers un prétendant au titre. 
Il rejoint Paul Pierce et l'autre nouvelle recrue des Celtics, Kevin Garnett en 2007. Ensemble, le Big Three atteint deux fois les finales NBA, à chaque fois contre les Lakers, pour un titre de plus pour Boston et un pour L.A. A partir de là, les moyennes de points de Ray chutent progressivement mais son QI basket et son éthique de travail font qu'il s'intègre parfaitement dans les équipes et apporte un avantage indéniable. Après le succès avec les Celts, il rejoint le Heat de Dwyane Wade, LeBron James et Chris Bosh pour un nouveau titre en 2013. Il quitte la NBA un an plus tard après une dernière apparition en finale, éliminé par les Spurs cette fois. 

 

Sylvain : Le talent est surtout une question de gênes, l'équipe des Warriors en est la preuve. Si le lien de parenté entre Dell et Steph Curry n'est plus à présenter, celui de Klay Thompson est moins connu. Fils d'une volleyeuse professionnelle et d'un ancien premier choix de draft NBA, le rejeton a un sacré héritage dans les veines. Double champion avec les Lakers en 1987 et 1988, Mychal Thompson a mis la barre très haute avec notamment une saison à 20,8 points et 11,7 rebonds. Pourtant, à seulement 26 ans, Klay a déjà dépassé le patrimoine familial.
Son apprentissage, l'arrière le fait à l'Université de Washington State, au sein de la prestigieuse Pac 10. Après un cursus de trois ans avec les Cougars, Klay laisse son nom dans le classement des marqueurs les plus prolifiques de la Fac et se présente à la draft en 2011 avec une réputation de gros shooteur, limité physiquement. Attendu fin du premier tour voire début du second, il est choisi finalement en 11ème position par les Warriors. Dans un effectif en pleine reconstruction, il souffre de la concurrence avec Monta Ellis et Brandon Rush. Le rookie confirme, cependant, ses prédispositions naturelles au scoring en franchissant la barre des 30 points contre les Kings. Il termine à 12,5 points de moyenne en seulement 24 minutes de temps de jeu.
Les deux saisons suivantes, le coach Mark Jackson continue de faire le ménage dans les lignes arrières et Thompson hérite d'un place de starter aux côtés de Stephen Curry. Les balbutiements des Splash Brothers sont prometteurs et augurent des jours meilleurs. En 2014, Klay est au centre d'une rumeur de trade contre Kevin Love. Le nouvel entraîneur Steve Kerr décide de lui faire confiance avec un gros contrat à l'appui. Le lendemain de la signature, Thompson claque 41 pions. Ses stats décollent en même temps que la courbe des victoires des Dubs. 21,7 points en 2015, 22,1 points en 2016, le désormais All Star affiche un pourcentage hallucinant longue distance (43% depuis 2014). Il devient même cette année, le second joueur all time le plus prolifique derrière l'arc, devancé par... Stephen Curry.

 

1-0 pour Ray Allen. L'arrière des Warriors n'a joué que cinq saisons en NBA. Comparé aux cinq premières saisons de Ray Allen, les deux hommes sont à peu près équivalents au niveau du scoring et des pourcentages. Mais Ray est l'option offensive N°1, Klay n'est qu'un lieutenant et n'hérite pas systématiquement du ballon dans le money time

 

  • Round 2 : Polyvalence et leadership

 

David : Ray a dit un jour : "Je suis payé pour marquer, pas pour défendre". George Karl avait répondu qu'il était surtout payé pour gagner à l'époque. Avec cette réplique, on comprend tout de suite que Ray est clairement tourné vers l'offensive, la meilleure défense selon certains. Avec 43 doubles-doubles et 3 triples-doubles en carrière, Ray semble vraiment être un joueur unidimensionnel qui se contente de marquer. Pourtant, son jeu est bien plus que ça. Ray a fait de son shoot la réponse à tout. Son adresse et son sang-froid guident ses coéquipiers et les motivent à chaque instant. Allen peut retourner la situation à tous moments et sceller le résultat d'un match en un clin d'oeil, il l'a montré jusqu'en finale NBA ! Ray est un exemple pour toutes les jeunes recrues qui peuvent s'inspirer de lui pour garder la forme. Avec son entraînement, son régime spécial et surtout son shoot à la gestuelle parfaite, il est le modèle parfait pour avoir la longévité et l'efficacité en NBA. C'est un Game Changer qui a su hisser les Bucks en finale de Conférence et qui a été décisif lors des deux titres qu'il a glané avec les Celtics et le Heat. 

 

Sylvain : Dans la Baie d'Oakland, Klay Thompson n'est pas le leader charismatique de la franchise. Curry tire à lui une grande partie de la couverture médiatique, quant aux frasques et déclarations assassines, elles sont la panacée de Draymond Green. Très conventionnel lors des conférences de presse, Klay est toutefois le premier Dub à évoquer la possibilité d'un record de victoires, et ce dès le mois de novembre. Cette déclaration prophétique deviendra le leitmotiv de la saison. Dans cette course effrénée au record, Thompson s'investit des deux côtés du parquet. Au contraire de son opposant du jour, Klay est un excellent défenseur. Il est même passé à quelques voix d'intégrer le second cinq défensif cette saison. Ses limites physiques de début de carrière, il les a vite dépassé pour devenir le chien de garde attitré des meilleurs guards adverses. De Chris Paul à James Harden, le Warrior se coltine systématiquement le stratège offensif d'en face tout en restant un menace majeure en attaque. Une véritable prouesse qui témoigne de l'énorme volume de jeu produit par le All Star.

 

1-1 : Ray est plus un leader que Klay mais force est de constater que le Warrior est bien plus polyvalent. On reprochait à l'ancien Sonic de ne pas s'impliquer assez en défense, Klay s'occupe de museler le meilleur arrière adverse tout en dynamitant la défense lorsqu'il attaque à son tour. 

 

  • Round 3 : Distinctions personnelles

 

David : Ray Allen n'a pas un palmarès qui reflète son impact réel sur le terrain. la faute sans doute à une concurrence relevée et à la profusion d'arrières de qualités pendant la période Post-Michael Jordan. D'Allen Iverson à Kobe Bryant en passant par Tracy McGrady et Vince Carter, les sélections pour les All-NBA Teams étaient difficile au poste 2. Ray intègre ces équipes à seulement deux reprises, la Second Team en 2005 et la Third Team en 2001. Mais Allen est tout de même présent parmi les meilleurs arrières, en témoignent ses 10 participations au All-Star Game dont il gagne le concours à 3pts en 2001. Malgré ses deux titres de champions, ce sont bien sûr ses records à 3pts qui restent dans les mémoires. Il est toujours bien placé à la quatrième place au nombre de 3pts sur une saison et c'est surtout le meilleur marqueur All-Time avec 2973 shoots primés inscrits en carrière. Reggie Miller est second avec 2560 paniers longues distance seulement... il surclasse pourtant le 3ème, Jason Terry, et ses 2169 paniers à 3pts marqués. Pour comparaison, Stephen Curry en est à 1593 réalisations...

 

Sylvain : Malgré un temps de jeu réduit lors de sa première année, Klay Thompson est élu dans la NBA All-Rookie Team en 2012. Fort de la suprématie des Warriors depuis deux ans, il rentre également dans le cercle des All Star en 2015 et 2016 et intègre logiquement la All-NBA Third Team ces deux saisons. Une vrai gageure quand on pense au nombre d'arrières de talents dans la ligue. Avec déjà une bague au doigt et une deuxième en point de mire, à seulement 26 ans, il pourrait bien se bâtir un palmarès digne des plus grands. Lors du 3 Point Contest de Toronto, Klay s'est même offert le luxe de s'émanciper le temps d'un concours de son frangin Curry pour s'adjuger le Trophée de meilleur shooteur. Dans cet exercice, Klay n'a rien à envier au MVP. L'arrière est capable de crises démentes. En janvier 2015 contre les Kings, Thompson devient le pyromane de la Californie : il prend feu littéralement lors du 3ème quart-temps en inscrivant 37 points, un record all time NBA. Il s'embrasse de nouveau dans le Game 6 de la série mythique contre le Thunder où ses 11 shoots longue distance risquent de hanter longtemps les nuits de Kevin Durant et Russell Westbrook. Souvenir de son incroyable coup de chaud contre Sacramento en vidéo.

 

 

2-1 pour Klay Thompson qui prend l'avantage. Ok, il parait que seuls les titres comptent et Ray en a un de plus. On brûle peut-être les étapes mais le jeune guerrier pourrait égaler ce score d'ici quelques jours. De plus, pour sa seconde bague, Ray n'était pas aussi important pour son équipe que Klay l'est pour les Warriors sur ces deux finales NBA.

 

  • Round 4 : La technique

 

David : Pur, fluide, précis... Le temps s'arrête quand Ray Allen Shoote. On a déjà trouvé les mécaniques de tirs de Jordan, Kobe ou Miller magnifiques mais avec Ray Allen, on est largement au dessus de tout ça. Sa gestuelle est parfaitement répétée à chaque fois, il les enchaîne comme on enfile des perles disait l'autre. Que ce soit en sorti d'écran, en catch and shoot ou un mètre derrière la ligne dans le money time, les tirs de Ray semblent toujours exécutés avec le même calme. Sans être aussi prolifique, Ray faisait ce que Steph Curry fait aujourd'hui. Si on dit souvent que le meneur des Warriors n'aurait pas été aussi efficace à l'époque, on peut aussi se demander quel impact aurait eu Allen à son meilleur niveau dans la NBA actuelle. Pour ceux qui n'étaient pas fans de basket il y a 3 ans et ceux qui veulent revoir le dieu du shoot en action, voici un mix des plus beaux shoots de Jesus !

 

 

Sylvain : Moins gracieuse que Ray Allen, la mécanique de shoot de Klay Thompson est, cependant, un modèle de précision et de rapidité. Le Warrior peut armer à tout moment avec une efficacité déconcertante. Lancé à pleine vitesse, désaxé du panier, avec un défenseur sur le râble, les soirs de main chaude, l'arrière dégaîne dans toutes les positions et pourrait même artiller du Pont de San Francisco. La panoplie offensive hyper complète de Klay lui permet de varier les plaisirs : shoots en sortie d'écran ou après un dribble, drives incisifs, l'arrière est capable de se créer son propre tir, au contraire de bien des shooteurs. L'émission "Sport Science" sur ESPN a disséqué la mécanique de tir de Thompson. Les conclusions sont effarantes : le Warrior arme en quelques dixièmes de secondes, l'un des gestes les plus rapides de toute la Ligue. Et cerise sur la gâteau, la chaîne a mis au défi le Warrior en le plongeant dans le noir pour une série à 3 points. Bilan : 8 sur 10 longue distance !

 

2-2 : Ray Allen égalise. Thompson est un extraterrestre du shoot au même titre que son coéquipier Curry. Pourtant, les gestes de Ray sont considérés comme parfaits pour la plupart des fans et des joueurs. Encore plus que ceux des Splash Brothers, ce sont les shoots de Ray Allen dont s'inspirent la plupart des joueurs. Le duo des Warriors a d'ailleurs dû regarder beaucoup de vidéo de Jesus Shuttlesworth.

 

  • Round 5 : Impact sur le basket et vie extra-sportive

 

David : Chaînon manquant entre Reggie Miller et Stephen Curry, Ray Allen est ce qui se fait de mieux au shoot dans l'histoire de la NBA. Ce que font Curry et Klay en ce moment, il l'a fait pendant 18 saisons. Les fans se sont tellement attaché au joueur qu'ils espèrent encore son retour aujourd'hui... la faute aussi au principal intéressé qui n'a jamais annoncé clairement sa retraite. Si Curry efface Ray des tablettes, on n'oubliera pas Ray qui, tout comme Reggie avant lui, est un symbole d'une génération. Mais au delà du joueur, Ray a une présence charismatique incroyable. Spike Lee l'a remarqué très tôt en en faisant le héros de He Got Game aux côtés de Denzel Washington et Milla Jovovich. Il y joue le rôle de Jesus Shuttlesworth, prodige du basket universitaire qui devra affronter les problèmes de la réalité avant de poursuivre sa carrière professionnelle. En plein drame familiale, Jesus devra éviter les pièges liés à l'argent, au sexe et aux fausses amitiés qui s'approchent de lui. A ce jour, c'est sans doute l'un des meilleurs films sur le basket avec entre autres "Les blancs ne savent pas sauter". Ray Allen réitère l'expérience cinéma dans Harvard Man (Harvard Story en France) avec Sarah michelle Gellar. Son rôle y est bien moins important que dans le chef d'oeuvre de Spike Lee mais le film, très sous-estimé, mérite pourtant qu'on y prête attention. 

 

Sylvain : Difficile de se faire une place dans l'Histoire quand on joue aux côtés d'un MVP unanime et d'une machine à triple double. Pourtant, Klay Thompson est en train de devenir bien plus qu'un simple lieutenant. A son actif, on compte déjà plusieurs performances indélébiles des tablettes NBA. Son record de tirs à 3 points en playoffs contre OKC est l'une des prouesses les plus marquantes de l'ère moderne. Menés au score dans le match 6, les Warriors sont dos au mur, la tête sur le billot. C'est le moment précis que choisit Klay pour se transformer en Mr Clutch. Sa crise terrible derrière l'arc est le véritable point de basculement de la série. L'arrière plante une à une ses banderilles jusqu'à la mise à mort du Thunder. Une fin de match épique dont on reparlera encore dans 10 ans. En dehors du basket, Thompson reste plutôt discret, hormis sa relation tumultueuse avec Hannah Stocking. La plantureuse top model a récemment accusé son fiancé de l'avoir trompé avec une groupie. Le Warrior s'est contenté d'un joli tacle sur les réseaux sociaux en guise de réponse.

 

3-2, score final, victoire pour Ray Allen dans ce duel ! Pour encore quelques années au moins, Ray Allen est LE meilleur shooteur à 3pts de l'histoire de la NBA. Curry est bien parti pour dépasser Allen au classement, tout est encore faisable pour Thompson également mais avant ça, il faudra sortir de l'ombre du double MVP. Klay n'est pas Franchise Player de son équipe, difficile pour l'instant d'avoir l'aura qu'avait et qu'a toujours Ray !

 

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Episode 12Bulls 1996 Vs Warriors 2016

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Episode 10 : Julius Erving Vs Vince Carter
Episode 9 : Alonzo Mourning Vs Dwight Howard
​​Episode 8 : Larry Bird Vs Dirk Nowitzki
Episode 7 : John Starks Vs Jimmy Butler
​Episode 6 : Magic Johnson Vs LeBron James
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Episode 4 : Dennis Rodman Vs Draymond Green
Episode 3 : Shawn Kemp Vs Blake Griffin
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Episode 1 : Reggie Miller Vs Stephen Curry

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