La course au ROY, l'un des enjeux du dernier mois de saison régulière
SAM 14 MAR

La course au ROY, l'un des enjeux du dernier mois de saison régulière

Jules Behaghel 14/3/2026 à 10h00
Kon Knueppel - Cooper Flagg - Charlotte Hornets - Dallas Mavericks

Cette saison, la course au trophée de Rookie de l'année est plus serrée que jamais. Alors qu'un favori clair apparaissait lors des dernières saisons (Stephon Castle, Victor Wembanyama et Paolo Banchero du plus récent au plus ancien), bien malin est celui qui peut dire qui le remportera cette année. Etat des lieux.

Cette saison, la course au trophée de Rookie de l’année est plus serrée que jamais. Alors qu’un favori clair apparaissait lors des dernières saisons (Stephon Catsle, Victor Wembanyama et Paolo Banchero du plus récent au plus ancien), bien malin est celui qui peut dire qui le remportera cette année. Etat des lieux.

 

Comme pour le trophée de MVP, deux prétendants semblent être sortis du lot : les numéros 1 et 4 de la draft, Cooper Flagg et Kon Knueppel, sélectionnés respectivement par les Dallas Mavericks et les Charlotte Hornets. Les anciens camarades de chambre de Duke la saison dernière se rendent coup pour coup et aucun ne semble prendre réellement de l’avance. La preuve dans le Kia Rookie Ladder réalisé chaque semaine, ils ne cessent de s’échanger les deux premières places.

Avec des statistiques assez semblables, il faut considérer d’autres critères pour les départager : résultats collectifs (bien que dans le cas du ROY, leur importance est moindre que pour les autres trophées individuels), matchs joués, performances marquantes, popularité.

 

  • Statistiques : statut quo

 

Les statistiques des deux joueurs sont assez comparables : le numéro 1 de la draft affiche 20,4 points ; 6,6 rebonds et 4,1 passes décisives tandis que le joueur de la franchise de Caroline du Nord présente des moyennes de 19,2 points ; 5,5 rebonds et 3,5 passes décisives avec une adresse au tir supérieure. En effet, ce dernier s’approche du cercle fermé des 50-40-90 (50% au tir, 40% à 3pts, 90% aux lancers francs) et a d’ores et déjà battu le record du nombre de trois points inscrits par un rookie jusqu’alors détenu par Keegan Murray. Flagg, quant à lui, n’atteint pas les 30% à 3pts.

 

Cet écart d’adresse se justifie par le rôle occupé par les deux joueurs dans le système de leur équipe. Flagg, plus jeune joueur de la ligue, joue davantage un rôle de créateur malgré son poste d’ailier fort tandis que Kon Knueppel est plutôt utilisé en bout de chaîne, dans un rôle de catch and shoot. Privés de Kyrie Irving, les Mavs ont un grand déficit à la création que Flagg doit en partie combler et se retrouve donc à prendre des tirs plus difficiles, après dribble. Au contraire, Knueppel profite de la présence de l’un des meilleurs créateurs de la ligue en la personne de Lamelo Ball pour disposer de situations de shoot favorables.

 

  • Résultats collectifs : avantage Knueppel

 

Sur le plan collectif, le résultat est sans appel avec la montée en puissance des Hornets depuis peu. Ils affichent un bilan de 32 victoires et 32 défaites, un équilibre loin d’être atteint par les Mavs qui comptent 21 victoires et 42 défaites. Surtout, sur les 20 derniers matchs, les Hornets en ont remporté 16, ce qui fait d’eux l’une des équipes les plus en forme. Au contraire, les Mavs restent sur une série de 6 défaites (16 sur les 18 derniers matchs) qui pourrait bien faire pencher la balance.

 

Encore une fois, Flagg est victime de la multitude de blessures subies par des joueurs clés des Mavs (Irving forfait pour la saison, Davis régulièrement blessé puis transféré, Washington, Lively, Gafford) qui rend l’équipe très affaiblie. Tout le contraire des Hornets, qui, avec son cinq majeur au complet, affiche un bilan de 20 victoires pour 2 défaites. Au 7 mars, les Hornets sont 10e de la conférence Est, bien partis pour disputer le play-in alors que les Mavs sont 12e à plus de 9 victoires de la dernière place qualificative pour ce tournoi.

 

  • Matchs joués : avantage Knueppel

 

Comme pour toutes les récompenses de fin de saison, il faut avoir disputé au moins 65 matchs pour être éligible. Ce quota ne semble poser aucun problème pour Knueppel qui n’a manqué qu’un seul match alors que Flagg en a manqué 12 ce qui ne lui laisse plus une marge énorme d’autant plus qu’il a manqué les 7 derniers matchs à cause d’un problème au pied.

 

Ainsi, Flagg peut possiblement devenir inéligible mais, même si ce n’était pas le cas, la régularité de Knueppel pourrait entrer en considération dans la réflexion des journalistes.

 

  • Performances marquantes : avantage Flagg

 

On ne peut pas reprocher au natif du Maine de ne pas avoir réalisé des performances marquantes : 49 points contre les Hornets malgré une défaite causée par une perte de balle en toute fin de match ; 42 points contre Utah ; 39 points, 9 rebonds et 9 passes dans une victoire face à Denver. Knueppel, lui, est plus régulier et observe moins de hauts et de bas que son ex-compère. Il a d’ailleurs remporté les 4 titres de rookie du mois de la conférence Est alors que Flagg a laissé échapper celui de février au dépens de Dylan Harper.

 

Il ne faut pas oublier d’évoquer le fait que Flagg a été essayé au poste de meneur au début de saison, sans succès. Cela nivelle vers le bas ses statistiques de la saison alors que Knueppel n’a pas subi ce type d’expérimentations.

 

  • Global : avantage Knueppel

 

Ainsi, Kon Knueppel semble, à ce jour, avoir une petite avance sur Flagg, à la surprise générale. En effet, avant le retour en forme des Hornets et alors que Flagg réalisait de grosses performances, ce dernier semblait avoir logiquement pris le dessus. Très attendu, au point d’être comparé à Wembanyama, tout le monde imaginait le numéro un de la draft remporter le ROY. Le rapport de force semble s’être retourné comme le montre le MVP Ladder qui place Knueppel en tête pour la deuxième semaine consécutive.

 

Tout n’est néanmoins pas fait car on sait que les performances de fin de saison peuvent avoir plus d’importance que celles du début de saison, étant inconsciemment plus fraîches dans l’esprit des votants. Pourrait-on se retrouver avec la quatrième égalité pour ce trophée après 1970-1971 (Dave Cowens et Geoff Petrie), 1994-1995 (Jason Kidd et Grant Hill) et 1999-2000 (Elton Brand et Steve Francis) ? Cela paraît peu probable, mais pas impossible.

 

Petite mention pour VJ Edgecombe et Dylan Harper qui réalisent des saisons très sérieuses du côté de Philadelphie et de San Antonio mais sont victimes des deux « monstres » devant eux. S’ils avaient été draftés un an plus tôt, peut-être auraient-ils pu prétendre à quelques voix de la part des journalistes.