John Starks Vs Jimmy Butler

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Duel de génération compare une star actuelle avec son alter-ego du passé. Cette semaine, deux arrières explosifs sont au centre du ring : la teigne new-yorkaise John Starks défendue par Sylvain affronte le taureau Jimmy Butler représenté par David. L'occasion de ressusciter la rivalité Bulls-Knicks, au point mort depuis quelques années.

Jimmy Butler et John Starks n'étaient pas prédestinés à devenir des stars. Pourtant, à force d'abnégation, ils sont devenus les fers de lance de leurs équipes respectives. Forts défenseurs, ils ont développé, en quelques saisons, des talents offensifs. Passons le Bull et le Knick au rayon X.

 

  • Round 1 : Apport offensif/défensif

 

Sylvain : John Starks s'est frayé une carrière NBA à la force du poignet. Après une bonne saison en high school, il est obligé de travailler pour nourrir sa famille. Les universités prestigieuses lui ferment leurs portes et les franchises l'oublient lors de la draft 1988. Mais, Starks est du genre opiniâtre. Il décroche une place sur le banc des Warriors en 1989. Sa production modeste (4,1 points) ne lui permet pas, toutefois, d'obtenir un contrat garanti. Direction la CBA, l'ancêtre de la D-League où son explosivité ne passe pas inaperçue. En 1990, les Knicks font appel à lui pour peaufiner leur ligne d'arrières. Cette fois, Starks ne laisse pas passer sa chance et gravit les échelons un à un. En 1992, sous l'impulsion de Pat Riley, il devient l'un des meilleurs 6ème homme de la ligue et échoue d'un cheveu pour le trophée de MIP (il passe de 7,5 points à 14 unités). Les trois saisons suivantes, il est la deuxième force de frappe de New York derrière le grand Patrick Ewing, avec une pointe à 19 points de moyenne. Mais, le secteur où Starks excelle, c'est la défense. Au sein d'une équipe de bad boys, il devient la sangsue attitrée des Michael Jordan et autres Reggie Miller.

 

David : Jimmy Butler arrive en NBA discrètement en 2011, loin des cadors de la draft. Il est sélectionné en 30ème pick par les Bulls qui ont remarqué l'arrière qui tournait à 15pts à Marquette. Après une première année en NBA dans l'ombre, il profite de la blessure de Luol Deng pour intégrer le 5 Majeur a plusieurs reprises lors de son année de sophomore. A partir de là, Butler ne cessera de progresser. Il passe de 8pts de Moyenne à 13 en 2013-2014 et à 20 les deux dernières années. Dans cette équipe de Chicago qui vit et meurt selon l'état de santé de Derrick Rose, Butler est la lueur d'espoir qui redonne envie de croire aux Bulls. Avec 20.9pts, 4.8pds, 5.3rbds et 1.6stls, Butler est devenu le pion essentiel des Taureaux. Alors qu'à l'origine, il tenait simplement la baraque pendant les blessures de D-Rose, il est progressivement devenu le Franchise Player à la place de l'ancien MVP. Même avec l'arrivée de Pau Gasol, c'est bien Butler le patron de la Windy City. Plus qu'un attaquant de qualité, Butler est une pièce maîtresse sur chaque action. Il est aussi collectif, si ce n'est plus que Rose pourtant meneur, et surtout... Jimmy est un défenseur Hors pair, le N°21 a bien appris comment stopper l'adversaire aux côtés de Tom Thibodeau et Joakim Noah

 

Résultat : 0-1 pour Jimmy Butler, difficile de départager les deux joueurs pour ce premier round. Aussi bien pour Jimmy que John, les débuts en NBA sont très médiocres avant une explosion très rapide pour un rendement ultra efficace. Toutefois, Butler est devenu Franchise Player tandis que Starks a évolué pour devenir sixième homme. Du coup, difficile de mettre l'apport offensif du New-Yorkais avant celui du Chicagoan. 

 

 

  • Round 2 : Polyvalence et leadership

 

Sylvain : Lieutenant d'Ewing, John Starks est le chouchou des fans du Madison Square Garden. Ses valeurs humaines et collectives collent parfaitement à l'esprit de la franchise. Sa combativité et sa capacité à se transcender lors des grands matchs lui confèrent une place à part dans le cœur des supporters. Le public lui pardonne ses frasques, car la boule de nerfs, fait preuve d'une rage de vaincre permanente. Principal créateur durant l'âge d'or des Knicks, il réalise trois saisons consécutives à plus de 5 passes. Mais c'est bien ses tirs longue distance qui restent son arme favorite. En 1995, il devient le premier joueur de l'histoire à rentrer plus de 200 shoots primés (217). Dans les fins de matchs tendus, le Knick n'a pas froid aux yeux et n'hésite pas allumer la mèche. Au sein d'une équipe rugueuse, Starks est le virtuose offensif qui débloque les situations. Grâce à son explosivité, l'arrière n'a pas d'équivalent dans l'effectif pour percuter les raquettes et posteriser les intérieurs adverses.

 

David : Aux côtés de Derrick Rose, plus jeune MVP de l'histoire, de Joakim Noah, DPOY 2014 et de Pau Gasol, double champion NBA, Jimmy Butler est parvenu à attirer toute l'attention sur lui ! Pour en arriver là, l'arrière des Bulls a travaillé plus que n'importe qui, expédiant les étapes du rookie bizuté et du lieutenant. Monstre des deux côtés du terrain, Butler n'hésite plus à donner de la voix au nom de son équipe... même s'il en dit parfois un peu trop. Mais il en a désormais le droit après tout. Lui qui enregistrait une moyenne de 13pts il y a deux ans est capable de cartons offensifs comme son record en carrière, 53pts contre Philly en janvier dernier. 

 

Résultat : 1-1 Ce round est pour John "Tony" Stark. L'efficacité longue distance de notre Iron Man et sa capacité à scorer aux côtés d'un Pat Ewing au sommet de son art font de lui  le vainqueur de ce round

 

  • Round 3 : Distinctions personnelles

 

Sylvain : Bien sûr, Starks ne possède pas le palmarès des poids lourds de sa génération. Malgré des qualités défensives hors pair, il n'intègre le second cinq défensif qu'à une reprise en 1993. La saison suivante, il atteint la consécration en étant sélectionné pour le All Star Game, au terme de sa meilleure production statistique : 19,0 points, 3,1 rebonds, 5,9 passes. L'arrivée du prodige Allan Houston en 1997 oblige John Starks à sortir du banc. L'intéressé s'en accommode et décroche le titre de meilleur 6ème Homme. Comme tous les Knicks de cette glorieuse époque, il ne réussit pas à soulever le trophée suprême, barré par les invincibles Bulls ou les Pacers de Miller. En 1994, lors de la parenthèse baseball de Jordan, New York parvient, toutefois, à se hisser en finale contre les Rockets d'Hakeem Olajuwon. Menant la série 3 à 2, les Knicks sont en passe de toucher le Saint Graal. Lors du Game 6, Houston est devant 86-84. A la dernière seconde, Starks décoche un missile à 3 points, synonyme de titre... mais The Dream détourne sa tentative. Un shoot qui restera longtemps en travers de la gorge de Starks.

 

David : Comme Starks, Butler ne peut pas encore de vanter de son palmares. Aucun titre de champion NBA pour le moment, collectivement, Jimmy ne compte qu'un titre de de champion de la division centrale en 2012. Individuellement, il fait partie du gratin NBA sans pour autant avoir décrocher les meilleures places. Deux fois All-Star, il est aussi deux fois dans la All-NBA Defensive second Team. Surtout, il est le MIP 2015, titre qu'il aurait pu décrocher déjà un an plus tôt tant sa progression est fulgurante sur ces dernières années. 

 

Résultat : 2-1 pour John Starks. Butler se fait distancer, si son palmarès est au niveau de son adversaire du jour, Starks peut se vanter d'avoir atteint les finales NBA. C'est d'un simple contre qu'Hakeem Olajuwon a expédié Starks dans le club des non-bagués. 

 

  • Round 4 : La technique

 

Sylvain : John Starks a bataillé ferme pour gagner sa place en NBA. Son style de jeu s'en ressent. Sur le parquet, il se donne à 110%, quitte à finir au bord de l'asphyxie. Doté d'un tempérament de feu, il ne se laisse marcher sur les pieds par personne et abuse du trashtalking pour déstabiliser les stars de sa génération. Dans une équipe de Bad Boys qui compte dans ses rangs, Feu Anthony Mason ou Charles Oakley, Starks est l'étincelle qui met le feu aux poudres. Ses pétages de plomb et ses coups de sang font la Une de la presse new-yorkaise. Mais, le joueur a besoin de ce surplus d'adrénaline pour exprimer la pleine mesure de son talent. Les rivalités avec les Bulls et les Pacers exacerbent son agressivité dans le bon et le mauvais sens du terme. L'arrière a le don pour horripiler son vis-à-vis, paradant le torse bombé et le regard dédaigneux après une action d'éclat. Rappel en images...
 

 

David : Techniquement, Butler est à un niveau phénoménal actuellement. Il est capable de tout sur le parquet et... il ne se gêne pas pour absolument tout faire. A ceci, Butler ajoute pourtant un QI basket énorme et est un athlète incroyable. Aussi aérien que les meilleurs arrières et ailiers de la ligue, Butler a souvent sa place dans les Top Tens. Cette condition physique en fait un défenseur infatigable, un véritable pittbull qui n'a rien à envier à Kawhi Leonard ou Hassan Whiteside. On vous laisse en juger par vous même en vidéo.

 

 

Résultat : 2-2 Butler est techniquement un cran au dessus de Starks et revient à égalité. Meilleur attaquant, il a déjà atteint par deux fois les 20pts de moyenne sur une saison. A ce niveau de sa carrière, Starks n'était pas loin avec 19pts de moyenne mais il a baissé cette statistique chaque année par la suite. 

 

  • Round 5 : Impact sur le basket et vie extra-sportive

 

Sylvain : John Starks est un modèle d'envie et de combativité pour de nombreux joueurs en quête d'une place en NBA. Passer de la CBA au All Star Game relève de l'exploit. Qu'on le haïsse ou qu'on l'adule, il ne laisse pas indifférent. Le roquet new-yorkais a laissé de nombreuses séquelles sur les parquets NBA. Lors des playoffs 1992, il assomme complètement Scottie Pippen qui le colle de trop près. Rebelote avec le pauvre meneur des Nets, Kenny Anderson, à qui il fracture le poignet. Starks symbolise à merveille les Knicks des 90's, une équipe composée majoritairement de laissés-pour-compte, qui pratique un basket rugueux et archi-défensif. Son nom reste attaché à cette franchise, malgré un transfert aux Warriors en 1998 et une fin de carrière au Jazz. D'ailleurs, avant son départ pour Golden State, Starks rédige une lettre ouverte aux quotidiens de la Grosse Pomme pour déclamer son attachement aux supporters.

 

David : Il y a deux ans, Jimmy Butler a refusé quand les Bulls lui ont proposé de prolonger pour 4 ans et 44M$. L'an dernier, il prolongeait finalement pour 5 ans... et 95M$ ! Outre le coup de génie financier, cela montre la détermination du joueur qui savait sans doute qu'il s'améliorerait encore. C'est une preuve de plus de la détermination et de l'envie qu'à Butler de devenir l'un des meilleurs. On n'en a pas encore parlé dans cette article mais on rappelle que Jimmy Butler évolue à Chicago au poste d'arrière... soit l'équipe et le poste du GOAT, Michael Jordan. Non seulement Jimmy "Buckets" s'est frayé un chemin vers la lumière entre Gasol, Noah et Rose.... mais il l'a fait sous la pression ahurissante d'être arrière à Chicago, une dizaine d'année après le départ de Jordan ! 

 

Résultat : 2-3 pour Jimmy Butler, vainqueur du duel de la semaine. John "Ned" Starks est condamné à perdre à la fin comme les Stark de Game of Thrones. Plus sérieusement, c'est un grand joueur des années 90 et son impact au sein des Knicks n'est plus à démontrer. Pourtant, il n'a jamais réellement été le leader de son équipe. Derrière Patrick Ewing et Allan Houston, Starks a parfois sauvé les meubles mais il n'a jamais mené l'équipe à bout de bras comme peut le faire Butler. 


On se retrouve samedi prochain pour un nouveau duel de générations.  Après Reggie Miller et Stephen Curry au premier épisode, on s'attaquera à nouveau à des grands shooteurs cette fois !

 

Article co-écrit par Sylvain Hermer et David Kalmes

 

​Episode 6 : Magic Johnson Vs LeBron James
Episode 5 : Scottie Pippen Vs Kawhi Leonard
Episode 4 : Dennis Rodman Vs Draymond Green
Episode 3 : Shawn Kemp Vs Blake Griffin
Episode 2 : Allen Iverson Vs Russell Westbrook
Episode 1 : Reggie Miller Vs Stephen Curry

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