Reggie Miller Vs Stephen Curry

5506
lectures
Avis

Parce que les lecteurs et les rédacteurs d'Inside Basket sont de toutes les générations, Sylvain et David proposent une nouvelle chronique. Que vous ayez découvert la NBA en enregistrant Georges Eddy ou bien en regardant le dernier Top 10 sur Youtube, ce duel est pour vous. Chaque semaine, nous comparons une star actuelle avec son équivalent d'antan... Était-ce mieux avant ? A vous de choisir votre camp ! On commence avec un duel de shooteurs ; Stephen Curry Vs Reggie Miller !

  • Miller Time

 

Statistiques : 18 saisons NBA de 1987 à 2005. 18,2 points à 47,1% aux tirs (dont 39,5% à 3 points), 3,0 rebonds, 3 passes et 1,1 interception.
Palmarès : Champion du monde en 1994, champion olympique en 1996, finaliste NBA en 2000. 3 fois nommé dans la All NBA Third Team. 5 fois All Star.
Points forts : Un instinct de tueur en fin de match ; Des talents de comédiens pour obtenir des lancers-francs ; Un art du démarquage proche de la capoeira
Points faibles : Un physique fluet limitant sa pression défensive ; une langue bien pendue lui jouant parfois des tours
Signe particulier : Tueur de Knicks

 

Rien ne prédestinait le petit Reginald à rentrer au Hall of Fame. Né avec des problèmes à la hanche, les médecins lui annoncent qu'il ne marchera pas normalement. Plus tard, le vilain petit canard de la famille se fait battre régulièrement par sa grande sœur, Cheryl, porte-drapeau de la sélection nationale féminine. Mais, Reggie Miller aime les défis et ces épisodes vont forger son mental. Travailleur acharné, il passe des heures à huiler sa mécanique de shoot qui deviendra son arme favorite.

 

Drafté en 1987 par les Pacers, il reste fidèle à sa franchise pour en faire une place forte de la Conférence Est. Il est l'un des pionniers de l'ère moderne à démocratiser le tir à 3 points, sa vraie marque de fabrique. Avec 2560 tirs primés rentrés, il squatte près d'une décennie la tête du hit-parade des pistoleros avant d'être doublé par Ray Allen. Pour ceux qui ont eu la chance de l'avoir vu jouer, Uncle Reg laisse une trace indélébile dans les mémoires. Ses shoots assassins, sa hargne et son trashtalking ont écrit sa légende. En pleine hégémonie des Bulls, il reste le caillou dans la chaussure de sa majesté Michael Jordan. Avec 15 campagnes de playoffs et six finales de Conférence au compteur, ses joutes avec Chicago sont passées à la postérité. Miller, en effet, a besoin de la pression pour faire jaillir son adrénaline. Dès qu'une rencontre sent la poudre, il se transcende. Joueur clutchissime par excellence, on ne compte plus le nombre de batailles remportées grâce à une banderille plantée à plus de 8 mètres.

 

Mais son nom reste à jamais lié à celui des Knicks. Il est à l'origine de la plus grande rivalité basketballistique des années 90. Dopé par l'arrogance de Spike Lee en bord de terrain et les injures des fans, Miller hante encore les travées du Madison Square Garden. Tel un requin à la vue du sang, il retrouve son instinct de tueur dès qu'il croise un maillot new-yorkais. La légende commence en 1994, quand il score 25 points dans le dernier quart-temps pour arracher le Game 5 des Finales de Conférence. Il récidive en 1995, en réalisant une performance unique dans l'histoire de la Ligue. Le fil de fer des Pacers inscrit 8 points lors des 9 dernières secondes du Game 1 pour un hold-up mythique. Il devient officiellement le Knick Killer et sa tête est mise à prix à chaque passage dans la Grosse Pomme. A six reprises dans les 90's, Knicks et Pacers croisent le fer dans des duels d'anthologie. Avec leurs cerbères défensifs, les new-yorkais ont parfois éteint Indiana, mais jamais l'intensité de Miller qui reste au panthéon des clutch players.

 

 

  • Chef Curry

 

Statistiques : Drafté en 2009, il en est à sa 7ème saison en NBA. 22,1pts à 47,7% (Dont 44,4% à 3pts), 6,8 passes, 4,3 rebonds et 1,8 interception
Palmarès : Champion NBA et MVP NBA en 2015, Champion du monde en 2010 et 2014. 1 fois élu dans la NBA First Team, 1 fois élu dans la NBA Second Team. 3 fois All-Star
Points forts : Un pourcentage de réussite insolent aux tirs depuis n'importe où dans le stade. Un air d'enfant qui ne laisse pas croire une seconde qu'il peut tuer le match à tout instant.
Points faibles : Un gabarit de poids plume (en NBA) et un visage d'ange qui n'impressionne pas... Parce qu'il fallait bien lui trouver des défauts... Plus sérieusement, le talent de Curry dépend peut-être beaucoup de son équipe. Dans un collectif moins performant que ces Warriors, aurait-il autant de succès face à une défense qui pourrait se concentrer exclusivement à lui ? Difficile à dire, mais jouer aux côtés de Klay Thompson et Draymond Green, pour ne citer qu'eux, est un avantage certain pour étirer les défenses. 
Signe particulier : Peut marquer sur n'importe quel panier... depuis n'importe quel terrain.

 

Né à Akron, le même petit bled perdu de l'Ohio que LeBron James, Stephen Curry ne tarde pas à faire son trou en NCAA. Fils de Dell Curry, grand shooteur en NBA de 1986 à 2002, Stephen n'a pas tant profité de la réputation de son père. Son jeu est excellent et la hype n'a rien à voir avec son nom. S'il ne remporte pas de titre avec les Wildcats, il est régulièrement parmi les meilleurs joueurs du championnat. Bien assez pour se faire une place en NBA. En 2009, les Warriors le sélectionnent à la draft NBA avec le 7ème pick. Le jeune Stephen réussit parfaitement son baptême en NBA puisqu'il termine second pour le ROY derrière Tyreke Evans. 17,5pts par match et 43% de réussite à 3pts, Steph commence sa carrière pro sur les chapeaux de roues.


Par la suite, le meneur ne cesse de monter en puissance. Malgré les blessures, sont impact grandit et Curry dépasse les 20pts de moyenne dès 2012. La suite, on la connaît avec ce titre de MVP en 2015 et des Playoffs magnifiques même si c'est Andre Iguodala qui décrochera le titre des MVP des finales. Mais Curry a fait ce qu'il fallait, il est aujourd'hui l'icône du small ball, détrônant Steve Nash... Ainsi que l'icône du 3pts, détrônant Ray Allen et Reggie Miller. Avec une facilité déconcertante, il tabasse le record de Kyle Korver au nombre de matchs d'affilés avec au moins un shoot à 3pts... Sans  réellement forcer, il égale le record de 3pts en un match de Kobe Bryant et Donyell Marshall... On en viendrait même à vouloir reculer la ligne tant le shoot à l'air facile avec lui.

 

Cette impression de facilité, c'est sans doute ce qui lui attire les foudres de tous les anciennes gloires ou presque. Stephen Curry semble éclater les illustres records sans même devoir passer la seconde. Du coup, on pense qu'il n'est pas à fond, on l'accuse de profiter du talent de ses coéquipiers et d'un effectif hors du commun. Mais le talent est bel et bien là. Si Reggie Miller n'a pas eu les mêmes partenaires, force est de constater que malgré son shoot légendaire, il n'a jamais pu pousser cet art à son paroxysme comme l'a fait Curry.

Sur fond de  Red Hot Chili Peppers, voici ce que peut faire Stephen Curry pour ceux qui n'ont pas suivi le basket ces dernières années.

 

 

  • Décompte des points

 

Stephen Curry et Reggie Miller sont deux stars aux profils assez semblables. Baignés dans le basket dès la plus tendre enfance, ils ont des physiques banals pour ce sport et sont tous les deux des icônes du shoot. Mais puisque c'est le but de cette chronique, il va falloir trouver un gagnant à cette confrontation. 
 

Au niveau clutch, on a Reggie Miller capable de planter 8 points en 9 secondes... Contre Stephen Curry qui place des Buzzer Beater du milieu de terrain sans trembler. 1 Partout.

Reggie n'a pas son pareil pour sortir un adversaire de son match. Avec sa grande gueule, il en est même arrivé aux mains avec Michael Jordan... Ce trashtalk défensif donne un point d'avance à Reggie.

Mis à part ceux de Nicky Larson, aucun tirs ne sont aussi précis que ceux de Stephen Curry. Avec une réussite 5% supérieure à 3pts que celle de Miller, Curry revient au score dans cette confrontation, 2 partout. 

Pour départager les deux stars, comme souvent, il va falloir aborder le point épineux, les titres. Si Miller a été barré par Michael Jordan.... Curry n'a pas non plus été confronté à des tanches avec au hasard un certain LeBron James. Surtout, à seulement 27 ans, Stephen Curry explose déjà le palmarès de Reggie Miller avec un titre de MVP et une bague de champion NBA... et il pourrait doubler la mise d'ici peu.

Ce qui nous fait 2 pts pour Reggie Miller, 1 point pour Ray Allen qui devait avoir son mot à dire ici et 3 points pour Stephen Curry qui remporte ce premier Duel des générations ! Mais si à l'avenir, il venait à porter le maillot des Knicks, il n'aurait plus aucune chance contre Reggie AKA le Knick Killer !

 

Article co-écrit par Sylvain Hermer et David Kalmes

Ailleurs sur le web