L'Histoire du lock-out en NBA

L'Histoire du lock-out en NBA

Tony Parker - Patrick Ewing - David Stern

Le combat entre la ligue et les joueurs peut aller loin quand il s’agit d’argent…

Tout d’abord c’est quoi le lock-out ? C’est une période de grève opposant le syndicat des joueurs d’un côté et la ligue et les propriétaires de l’autre. La NBA et les joueurs fonctionnent avec une convention collective, mais à l’échéance de celle-ci les renégociations peuvent être compliquées et amener à des désaccords qui forcent le shutdown de la ligue. Pendant cette période, les transferts et les contrats sont gelés, laissant les joueurs sans salaire et sans emploi, car ils ne peuvent pas s’entraîner avec leurs franchises. Ces grèves sont au nombre de quatre à ce jour, la dernière a eu lieu en 2011.

 

  • Lock-out de 1995

 

Lors de la saison 1995-1996, le premier lock-out débute le 1 juillet 1995 après la fin de la convention collective de la NBA qui régit entre autres les contrats des joueurs, la répartition des revenus, le projet de la ligue ou le plafond salarial. Les sujets opposant joueurs et dirigeants de la ligue étaient d’un côté la luxury tax et de l’autre les salaires des rookies. Alors que selon le New York Times le syndicat des joueurs (NBPA) représenté par Buck Williams (Rookie Of the Year 1982) voulait la suppression de la luxury tax (amende lorsque les salaires des joueurs dépassent le plafond salarial), les propriétaires voulaient réglementer les salaires des rookies, pouvant à l’époque signer des contrats sans plafond limité. Finalement le lock-out s’achève trois mois plus tard le 12 septembre, la luxury tax reste en place et les salaires des rookies sont plafonnés, une première victoire pour les propriétaires.

 

  • Lock-out de 1996

 

La deuxième grève arrive dès la saison suivante (1996-1997). Le plus court des quatre, puisqu’il ne dure que quelques heures le 10 juillet 1996, après un accord entre le syndicat des joueurs et la ligue. Selon le Baltimoresun le désaccord entre les deux parties est autour des revenus télévisés à hauteur de 50 millions de dollars cette année-là. Bien que la ligue proposait un accord fifty-fifty, les joueurs ne l’entendaient pas de cette oreille, et réclamaient la totalité des revenus TV pour payer leurs salaires. Mais après a peine une journée de négociation David Stern et la ligue parviennent à un accord, finalement ça sera du 50/50 plus 14 millions de dollars sur quatre ans pour les salaires des joueurs.

 

  • Lock-out de 1998

 

Le plus long lock-out débute pendant l’intersaison de la saison 1998-1999, le 1 juillet 1998 pour finir l’année suivante, le 6 janvier 1999. Encore une fois les salaires des joueurs sont en cause. Le syndicat des joueurs représenté par Patrick Ewing demande l’annulation de la clause de restricted free agent (la franchise actuelle d’un joueur peut s’aligner sur une offre d’une autre équipe s’il est agent libre). Mais du côté des propriétaires, la Larry Bird rights pose un problème. D’après le site SBnation cette règle permettait à l’époque de signer un joueur avec un contrat max sans plafond, laissant l’opportunité à Michael Jordan de signer un contrat de plus de 30 millions de dollars un an auparavant, avant sa première retraite, alors que cette saison-là Kevin Garnett a signé un contrat mirobolant pour l’époque de 126 millions de dollars sur sept ans avec les Wolves. Mais finalement la clause du restricted free agent est maintenue, alors qu’en même temps le contrat max est plafonné à 30 % du salary cap pour une franchise. Une victoire pour les propriétaires qui en profitent également pour renforcer les sanctions pour l’usage des drogues, dommage pour OJ Mayo.

 

Ce lock-out interminable a eu des conséquences importantes sur la saison. En effet, le All-Star Game est annulé et le calendrier est drastiquement réduit à 50 matchs par équipe au lieu de 82, 464 matchs sont donc annulés.

 

  • Lock-out de 2011

 

La dernière grève débute le 1er juillet 2011, lors de la saison 2011-2012. Le litige entre le syndicat des joueurs (Derek Fisher) et la ligue concerne cette fois-ci le plafond salarial, la répartition des revenus et la durée des contrats des joueurs. Toujours aux commandes de la NBA, le commissaire David Stern explique aux médias que la ligue et les propriétaires veulent mettre en place un plafond salarial plus sévère pour améliorer la concurrence, ce qui n’est pas de l’avis des joueurs. Alors que la ligue souhaite réduire la part dans les revenus des joueurs (de 57 % à 47 %) le syndicat se dissout à la mi-novembre 2011 pour poursuivre la ligue en justice, cependant, un accord de principe est trouvé entre les parties le 26 novembre. Le lock-out s’arrête le 8 décembre et une nouvelle convention collective est signée. Elle a permis aux joueurs et aux franchises de commencer les entraînements, alors que les fans recevront en cadeau de Noël la reprise des matchs le 25 décembre.

 

Ce dernier arrêt de la ligue a eu des conséquences encore une fois importante sur la ligue et les joueurs. Le training camp et la pré-saison ont été annulés, le calendrier est réduit à 66 matchs par franchise et les revenus de la NBA en pâtissent. Toutefois certains joueurs se voient obligés de trouver un emploi pendant la grève, alors que d’autres décident de prendre la direction de l’Europe pour y jouer le temps des négociations, ce fut le cas de dizaines de joueurs, dont Tony Parker à l’ASVEL ou bien Deron Williams au Besiktas.

 

Le duel entre les propriétaires, la ligue et les joueurs n’est pas nouveau, mais il a pris une nouvelle dimension à la fin des années 1990. Espérons pour les fans que ça n’arrivera pas de sitôt.