EuroLeague, le basket européen qui rêve de détrôner le football
SAM 7 FEV

EuroLeague, le basket européen qui rêve de détrôner le football

La rédaction 7/2/2026 à 06h30
Info ISB

Les gens parient encore massivement sur le football, cherchant le meilleur pronostic foot pour le week-end, mais quelque chose change dans l'air des salles européennes. Le basket, ce sport qu'on disait mineur sur le vieux continent, grimpe. Pas lentement. Violemment. Et cette montée en puissance ne ressemble à rien de ce qu'on a connu avant, ni dans les statistiques froides ni dans la chaleur des tribunes.

 

  • Des chiffres qui font mal aux yeux

 

3 millions. Plus de 3 millions de spectateurs cette saison, record historique absolu qui fait tourner les têtes des marketeurs sportifs. Les salles affichent 10 589 personnes en moyenne, jamais vu depuis la création de l'EuroLeague moderne, ce format qui a tout changé. Maccabi Tel-Aviv remplit à 95%, une densité folle qui étouffe presque. Zalgiris Kaunas draine 5% de toute sa ville, chiffre vertigineux qu'aucun club de foot n'atteint proportionnellement. C'est monstrueux. Quand ton club attire un vingtième de la population locale, tu ne fais plus du sport. Tu fais de la religion, de la secte vivante. Quatre saisons consécutives de records, ça ne ment pas, ça ne triche pas avec les émotions. Sauf que déjà, des nuages pointent à l'horizon 2025-2026, des baisses inquiétantes dans certains gymnases autrefois bondés, comme si le public se lassait déjà.

 

  • L'écran qui tout change

 

La télévision explose littéralement. 1,126 milliard de vues cumulées, plus 27% en une année. En Turquie, c'est plus 155%, de la pure folie collective. Les jeunes ne regardent plus les matchs entiers, ils dévorent des clips sur TikTok à 3 heures du matin, des highlights en boucle. 1,8 milliard d'impressions sociales. 747 millions de vues vidéo, plus 101%. C'est le langage des gamins de 2025, cette vitesse d'absorption frénétique. Le foot peine à suivre ce rythme numérique, trop lent, trop formaté, trop figé dans ses 90 minutes immuables. L'abonnement EuroLeague.TV grimpe à 85 900 âmes, plus 46%. Des chiffres de start-up, pas de fédération traditionnelle.

 

  • Pourquoi ça marche, peut-être

 

Je pense que c'est l'intimité des salles qui fait la différence. Tu es collé au parquet, tu vois la sueur goutter, tu entends les coaches hurler. Le football reste distant, télévisuel, froid. Le basket européen propose des rivalités anciennes, Real contre Barça, Olympiacos contre tout le monde, le Partizan contre l'histoire. C'est du spectacle pur, brut. 47% des Européens urbains s'intéressent au basket maintenant, contre peut-être 30% il y a dix ans. La courbe monte en flèche. Les joueurs deviennent des icônes culturelles, comme en NBA mais plus proches, plus touchables. Tu peux les croiser après le match, discuter. Impossible avec des stars de foot enfermées dans leurs bulles.

 

  • Mais le géant dort encore

 

Ne rêvons pas trop vite. L'Europa League, cette compétition qu'on dit secondaire dans l'univers football, attire 50 millions de téléspectateurs rien que pour la finale. C'est cinquante fois plus que ce que le basket européen touche en cumulé sur toute une saison. Les stades de foot sont des cathédrales immenses, ceux de basket restent des églises de village par comparaison. Certains soirs, les tribunes restent désespérément vides, surtout cette saison 2025-2026 qui montre des baisses inquiétantes par endroits. Le public est capricieux, volatile. Il suffit d'une mauvaise série pour vider les salles. Le football ne connaît pas cette fragilité, ou si peu.

 

L'avenir, si on y croit

 

Peut-être que les jeunes sauveront tout ce bazar. Ils préfèrent le rythme rapide, les scores élevés, les stars accessibles sur Instagram. Le basket européen a cinq atouts solides: la vitesse du jeu, la proximité physique avec les joueurs, l'explosion digitale, les rivalités historiques, et cette envie profonde de se différencier face au foot omniprésent qui étouffe parfois. Si les clubs investissent vraiment dans le storytelling, pas juste les stats froides... on pourrait assister à un basculement lent mais réel. Pas demain. Mais dans dix ans? Qui sait. Le jeu continue. Et cette fois, le ballon est orange.