
Une catastrophe quasiment de bout en bout. La saison des Pelicans ne peut pas être mieux résumée. Tout commença l’été 2025, lorsque New Orleans échangea son pick 2026 (sans protection !) pour monter à la Draft et choisir Derik Queen. Sur le coup, personne ne comprend : tout le monde sait que l’équipe est faible pour gagner. Le début de saison confirme les craintes : six défaites de suite pour commencer l’année ! Très rapidement, Willie Green est licencié, laissant les rênes de l’équipe à James Borrego. Ce dernier permet à ce groupe de devenir un tant soit peu compétent. Trey Murphy confirme que c’est un excellent joueur : c’est de loin la plus grande satisfaction chez les Pels. Et on peut mettre Zion Williamson pas si loin. Son début de saison était mauvais, mais une fois en route, Zion a montré de belles choses. Surtout, il était présent : 62 matchs au compteur. Saddiq Bey et Herb Jones n’étaient pas parfaits mais furent des role players sympas. Enfin, les rookies Jeremiah Fears et Derik Queen laissent présager un bel avenir car leur talent est réel. Mais alors, comment expliquer cette mauvaise saison, 11e de l’Ouest avec 26 wins pour l’équipe ? Eh bien l’effectif est mal construit. Zion et Queen ne peuvent pas jouer ensemble, leurs qualités s’annulent. Trey Murphy est fort mais pas un franchise player. Puis, il y a des échecs. Kevon Looney et Jordan Poole ont vécu un enfer. Ce furent les recrues de l’été dernier et aucun ne s’est fait une place dans la rotation. Pire, ils ont enchaîné les DNP. Ajoutons à cela que Dejounte Murray était absent quasiment toute la saison, et le crash était inévitable. Seul le tanking agressif de nombreuses équipes en fin de saison permet aux Pels de limiter les dégâts et de se retrouver avec un bilan flatteur. Ainsi, il semble inévitable de faire du changement pour passer un cap, non ?
Draft : ///
Arrivée : Bennedict Mathurin
Départs : Kevon Looney, Jordan Hawkins, Micah Peavy
Non, vous ne rêvez pas, les Pelicans n’ont quasiment rien fait de leur intersaison ! Sans choix de Draft, ils n’ont pas pu attirer de jeune prospect tandis qu’ils se sont contentés de signer Bennedict Mathurin pour pas cher et sur une courte durée. Le reste ? Libérer Kevon Looney qui disposait d’une team option puis se séparer de Jordan Hawkins et Micah Peavy pour faire de la place à l’ex des Clippers. Puisqu’il n’avait pas de temps de jeu et que des jeunes poussent à l’intérieur, il est logique qu’il s’en aille. Au rayon des prolongations, ce n’est guère mieux : seul DeAndre Jordan a pris une extension (trop chère ?) pour poursuivre l’aventure comme vétéran et mentor de cette jeune équipe. L’été est assez dramatique du côté de New Orleans…
Point Guard : Dejounte Murray / Jeremiah Fears
Shooting Guard : Herb Jones / Jordan Poole / Benedict Mathurin
Small Forward : Trey Murphy / Saddiq Bey / Bryce McGowens
Power Forward : Zion Williamson / Karlo Matkovic
Center : Derik Queen / Yves Missi / DeAndre Jordan
A quelques exceptions près, c’est exactement le même groupe que la saison dernière. Avec Dejounte Murray de retour et la venue de Bennedict Mathurin, la rotation extérieure est un petit peu meilleure mais ça n’élève pas le plafond de cette équipe de manière considérable. Les ailes sont plutôt bien fournies avec des joueurs de talent, du shoot, de la défense, de l’intelligence de jeu… C’est peut-être le meilleur secteur des Pels. Quand bien même les postes intérieurs sont peut-être les plus séduisants en termes de qualité basket. Le problème est le manque de complémentarité. Zion Williamson et Derik Queen sont potentiellement les deux meilleurs joueurs mais ils se marchent dessus. Qu’il s’agisse de Karlo Matkovic ou Yves Missi, il y a peut-être un coup à jouer pour devenir titulaire et pourquoi pas gratter de belles minutes.
PG : Dejounte Murray
SG : Herb Jones
SF : Trey Murphy
PF : Saddiq Bey
C : Zion Williamson
C’est probablement le 5 majeur le plus optimisé pour gagner des matchs mais ça ne fera pas des merveilles. Avec Trey Murphy et Saddiq Bey, il y a un bel apport de spacing, ce qui peut permettre à Zion d’avoir de la place dans la raquette afin de driver et jouer sous le panier, là où il est le meilleur. Dejounte Murray semble le titulaire à la mène car il apporte un peu de création (sans être génial) mais surtout, ses qualités athlétiques, sa longueur, son apport défensif et sa capacité à prendre des rebonds. Parmi les alternatives envisageables, celle de mettre Saddiq Bey sur le banc pour laisser la place à un pivot de métier n’est pas à exclure. Reste à savoir quels seront les plans de Jamahl Mosley, le nouveau coach de cette équipe.
Derik Queen et Jeremiah Fears seront les principaux éléments en sortie de banc, car selon toute vraissemblance, ce sont ces deux joueurs qui représentent le futur de NOLA. Bennedict Mathurin aura également son mot à dire : s'il sort du banc, il peut avoir des ballons de création et se mettre en valeur. Avec Yves Missi et Karlo Matkovic, il y a également un belle rotation en 4/5 avec des joueurs aux profils différents. Enfin, Jordan Poole essayera de se faire une place, mais le joueur ne sera pas un élément prioritaire, surtout s'il n'est pas au niveau.
Arrivé l’été dernier, Jordan Poole n’était plus que l’ombre de lui-même. A peine 40 matchs, moins de 10 comme titulaire et surtout, une sortie totale de la rotation alors que cette équipe manque cruellement de talent. Toujours aussi mauvais défensivement, l’ex des Warriors n’a rien rentré en attaque. Finalement, il a tourné à 13 points de moyenne avec une efficacité quasiment 10% inférieure à la moyenne NBA. Une catastrophe. Le contexte New Orleans n’aide pas mais le joueur semble incapable d’avancer. Depuis la droite de Draymond Green, l’arrière enchaîne les mauvaises saisons, et sa belle année aux Wizards ne fut le fruit que d’une surchauffe à 3 points. Avec un nouveau coach et un effectif toujours aussi faible, il doit se reprendre. Il entre dans la dernière année de son énorme contrat et s’il est incapable de prouver qu’il est au niveau, Jordan Poole pourrait tout simplement disparaître du paysage NBA…
Si les Pelicans vont entamer leur régulière avec l’envie de gagner les matchs, la réalité va rapidement les rattraper. Car il manque du talent et la construction de l’effectif n’est pas cohérente, avec, de plus, une double timeline entre le projet Zion Williamson/Trey Murphy et la reconstruction autour de Derik Queen/Jeremiah Fears. Ainsi New Orleans va remporter entre 20 et 25 matchs mais il ne faut pas se faire la moindre illusion : cette équipe, sauf chute d’une franchise au-dessus, n’ira pas au-delà de la 13e place de l’Ouest.