New Orleans Pelicans 2026-2027 : une nouvelle saison pour rien ?

New Orleans Pelicans 2026-2027 : une nouvelle saison pour rien ?

Aurélien Annecca 23/9/2026 à 12h00
New Orleans Pelicans - Zion Williamson - Jordan Poole - Derik Queen - Jeremiah Fears - Trey Murphy
Crédit photo : Jerome Miron-Imagn Images/Stephen Lew-Imagn Images

Les Pelicans repartent pour une saison sans que l'on sache vraiment quel est le projet. Deux époques différentes se font face dans cet effectif et il faudra faire un choix, qui finira probablement pas s'imposer de lui-même.

  • la saison 2025-2026

 

Une catastrophe quasiment de bout en bout. La saison des Pelicans ne peut pas être mieux résumée. Tout commença l’été 2025, lorsque New Orleans échangea son pick 2026 (sans protection !) pour monter à la Draft et choisir Derik Queen. Sur le coup, personne ne comprend : tout le monde sait que l’équipe est faible pour gagner. Le début de saison confirme les craintes : six défaites de suite pour commencer l’année ! Très rapidement, Willie Green est licencié, laissant les rênes de l’équipe à James Borrego. Ce dernier permet à ce groupe de devenir un tant soit peu compétent. Trey Murphy confirme que c’est un excellent joueur : c’est de loin la plus grande satisfaction chez les Pels. Et on peut mettre Zion Williamson pas si loin. Son début de saison était mauvais, mais une fois en route, Zion a montré de belles choses. Surtout, il était présent : 62 matchs au compteur. Saddiq Bey et Herb Jones n’étaient pas parfaits mais furent des role players sympas. Enfin, les rookies Jeremiah Fears et Derik Queen laissent présager un bel avenir car leur talent est réel. Mais alors, comment expliquer cette mauvaise saison, 11e de l’Ouest avec 26 wins pour l’équipe ? Eh bien l’effectif est mal construit. Zion et Queen ne peuvent pas jouer ensemble, leurs qualités s’annulent. Trey Murphy est fort mais pas un franchise player. Puis, il y a des échecs. Kevon Looney et Jordan Poole ont vécu un enfer. Ce furent les recrues de l’été dernier et aucun ne s’est fait une place dans la rotation. Pire, ils ont enchaîné les DNP. Ajoutons à cela que Dejounte Murray était absent quasiment toute la saison, et le crash était inévitable. Seul le tanking agressif de nombreuses équipes en fin de saison permet aux Pels de limiter les dégâts et de se retrouver avec un bilan flatteur. Ainsi, il semble inévitable de faire du changement pour passer un cap, non ?

 

  • les mouvements de l'intersaison

 

Draft : ///
Arrivée :  Bennedict Mathurin
Départs : Kevon Looney, Jordan Hawkins, Micah Peavy

 

Non, vous ne rêvez pas, les Pelicans n’ont quasiment rien fait de leur intersaison ! Sans choix de Draft, ils n’ont pas pu attirer de jeune prospect tandis qu’ils se sont contentés de signer Bennedict Mathurin pour pas cher et sur une courte durée. Le reste ? Libérer Kevon Looney qui disposait d’une team option puis se séparer de Jordan Hawkins et Micah Peavy pour faire de la place à l’ex des Clippers. Puisqu’il n’avait pas de temps de jeu et que des jeunes poussent à l’intérieur, il est logique qu’il s’en aille. Au rayon des prolongations, ce n’est guère mieux : seul DeAndre Jordan a pris une extension (trop chère ?) pour poursuivre l’aventure comme vétéran et mentor de cette jeune équipe. L’été est assez dramatique du côté de New Orleans…

 

  • l'effectif

 

Point Guard : Dejounte Murray / Jeremiah Fears
Shooting Guard : Herb Jones / Jordan Poole / Benedict Mathurin
Small Forward : Trey Murphy / Saddiq Bey / Bryce McGowens
Power Forward : Zion Williamson / Karlo Matkovic
Center : Derik Queen / Yves Missi / DeAndre Jordan

 

A quelques exceptions près, c’est exactement le même groupe que la saison dernière. Avec Dejounte Murray de retour et la venue de Bennedict Mathurin, la rotation extérieure est un petit peu meilleure mais ça n’élève pas le plafond de cette équipe de manière considérable. Les ailes sont plutôt bien fournies avec des joueurs de talent, du shoot, de la défense, de l’intelligence de jeu… C’est peut-être le meilleur secteur des Pels. Quand bien même les postes intérieurs sont peut-être les plus séduisants en termes de qualité basket. Le problème est le manque de complémentarité. Zion Williamson et Derik Queen sont potentiellement les deux meilleurs joueurs mais ils se marchent dessus. Qu’il s’agisse de Karlo Matkovic ou Yves Missi, il y a peut-être un coup à jouer pour devenir titulaire et pourquoi pas gratter de belles minutes.
 

  • le 5 majeur 

 

PG : Dejounte Murray
SG : Herb Jones
SF : Trey Murphy
PF : Saddiq Bey
C : Zion Williamson

 

C’est probablement le 5 majeur le plus optimisé pour gagner des matchs mais ça ne fera pas des merveilles. Avec Trey Murphy et Saddiq Bey, il y a un bel apport de spacing, ce qui peut permettre à Zion d’avoir de la place dans la raquette afin de driver et jouer sous le panier, là où il est le meilleur. Dejounte Murray semble le titulaire à la mène car il apporte un peu de création (sans être génial) mais surtout, ses qualités athlétiques, sa longueur, son apport défensif et sa capacité à prendre des rebonds. Parmi les alternatives envisageables, celle de mettre Saddiq Bey sur le banc pour laisser la place à un pivot de métier n’est pas à exclure. Reste à savoir quels seront les plans de Jamahl Mosley, le nouveau coach de cette équipe.

 

  • le banc 

 

Derik Queen et Jeremiah Fears seront les principaux éléments en sortie de banc, car selon toute vraissemblance, ce sont ces deux joueurs qui représentent le futur de NOLA. Bennedict Mathurin aura également son mot à dire : s'il sort du banc, il peut avoir des ballons de création et se mettre en valeur. Avec Yves Missi et Karlo Matkovic, il y a également un belle rotation en 4/5 avec des joueurs aux profils différents. Enfin, Jordan Poole essayera de se faire une place, mais le joueur ne sera pas un élément prioritaire, surtout s'il n'est pas au niveau.

 

  • le joueur à suivre : jordan poole 

 

Arrivé l’été dernier, Jordan Poole n’était plus que l’ombre de lui-même. A peine 40 matchs, moins de 10 comme titulaire et surtout, une sortie totale de la rotation alors que cette équipe manque cruellement de talent. Toujours aussi mauvais défensivement, l’ex des Warriors n’a rien rentré en attaque. Finalement, il a tourné à 13 points de moyenne avec une efficacité quasiment 10% inférieure à la moyenne NBA. Une catastrophe. Le contexte New Orleans n’aide pas mais le joueur semble incapable d’avancer. Depuis la droite de Draymond Green, l’arrière enchaîne les mauvaises saisons, et sa belle année aux Wizards ne fut le fruit que d’une surchauffe à 3 points. Avec un nouveau coach et un effectif toujours aussi faible, il doit se reprendre. Il entre dans la dernière année de son énorme contrat et s’il est incapable de prouver qu’il est au niveau, Jordan Poole pourrait tout simplement disparaître du paysage NBA…

 

  • les plus 
 
Du talent sur toutes les lignes : Malgré tous les défauts et déséquilibres de cette équipe, on ne peut pas le nier, il y a du talent à New Orleans. Le problème est la construction de l’effectif et comment articuler tout cela. Le plafond des Pels est relativement bas mais le niveau plancher du groupe est loin d’être ridicule. Avec du travail et quelques sacrifices pour le bien du collectif, certains joueurs peuvent se mettre en évidence et ainsi, les dirigeants pourraient tenter de capitaliser dessus afin de partir en reconstruction pour de bon et mettre fin à ce projet qui n’a suscité que des espoirs et des déceptions.
 
Zion et Trey Murphy, un excellent duo : Et parmi les joueurs qui pourraient trouver preneur assez facilement, Zion Williamson et Trey Murphy figurent tout en haut de la liste. Ce dernier est le meilleur élément des Pels depuis deux saisons et les 29 autres franchises de NBA rêveraient de mettre la main dessus. Cependant, Joe Dumars semble gourmand et l’ailier prend son mal en patience du côté de New Orleans. Quant à Zion, il lui a fallu quelques semaines pour se mettre en route mais une fois en rythme, l’ailier fort a montré de belles choses, notamment qu’il pouvait scorer et provoquer des fautes à outrance pour aller sur la ligne. Si ces deux enchaînent les bonnes performances, le Front Office devrait recevoir quelques coups de fil pour connaître leur prix.
 
Un young core séduisant : Et s’en séparer serait une bonne chose car cela donnerait les clés aux jeunes. Le duo Derik Queen/Jeremiah Fears fut drafté par ces mêmes dirigeants. C’est un signe encourageant : cela veut dire que ce management a détecté quelque chose chez eux. Puisqu’ils ont besoin du ballon pour se développer, ce serait idéal de se séparer des vétérans et laisser les sophomore prendre les ballons, faire des erreurs, mais surtout progresser et voir s’ils peuvent encaisser de hauts volumes de jeu et, pourquoi pas dans les rêves les plus fous, être efficaces.
 
  • les moins
 
Quelle place pour les jeunes ? Pour le moment, difficile de reconstruire autour d’eux puisque des joueurs ont besoin du ballon pour exister. Sans la balle, Zion est inutile en attaque et n’est pas génial en défense. Dejounte Murray est un ball handler et il ne fait pas grand-chose de plus offensivement. Saddiq Bey et Jordan Poole, s’ils jouent, auront eux aussi besoin de s’exprimer, et donc utiliser des cartouches qui ne seront pas pour les jeunes. Si la complémentarité entre jeunes et vétérans sautait aux yeux, cela ne serait pas dérangeant. Or, c’est loin d’être une évidence.
 
Quel projet ? Être compétitif ou reconstruire ? Les Pelicans donnent un sentiment de double timeline et semblent incapables de faire un choix clair. Le projet Zion semble toujours être en vie, tout comme la volonté d’atteindre le play-in et pourquoi pas disputer les Playoffs. Sauf que cela entrave le développement des Queen, Fears, Missi, qui doivent se contenter des miettes dès que tout le monde est présent. Rares sont les franchises incapables de faire un choix entre le futur et le présent à avoir réussi à obtenir du succès. Encore plus quand le niveau de talent est limité.
 
Zion/Poole/Murray : quelle valeur ? Ce sont les trois plus gros contrats des Pelicans. Zion touche 42 millions et a une dernière année (non garantie), Jordan Poole est un expirant à 34 millions de dollars tandis que Dejounte Murray gagne 32 millions et dispose d’une player option à 30 millions. A la lecture de ces chiffres, vous comprenez le problème : c’est difficile de trouver des franchises prêtes à encaisser ces sommes, même avec des fins de contrat assez proches. Les équipes compétitives n’accepteront jamais ces joueurs car ils ont mieux dans leurs effectifs, mais surtout moins chers, et les mauvaises ne les prendront que si un asset de haute valeur est attaché, comme un pick de Draft. Autant dire que l’équation semble insoluble pour New Orleans et que sauf miracle, ils finiront la saison en Louisiane que les Pels auront perdu une nouvelle année dans leur projet…
 
  • bilan prévisionnel

 

Si les Pelicans vont entamer leur régulière avec l’envie de gagner les matchs, la réalité va rapidement les rattraper. Car il manque du talent et la construction de l’effectif n’est pas cohérente, avec, de plus, une double timeline entre le projet Zion Williamson/Trey Murphy et la reconstruction autour de Derik Queen/Jeremiah Fears. Ainsi New Orleans va remporter entre 20 et 25 matchs mais il ne faut pas se faire la moindre illusion : cette équipe, sauf chute d’une franchise au-dessus, n’ira pas au-delà de la 13e place de l’Ouest.