Il suffit parfois d'un seul joueur pour modifier complètement le visage d'une équipe. Pour Indiana, ce joueur s'appelle Tyrese Haliburton.
Le meneur avait conduit les Pacers jusqu'aux Finales NBA 2025 avant de se déchirer le tendon d'Achille lors du Game 7 face au Thunder. Cette blessure l'a privé de l'intégralité de la saison suivante et Indiana a brutalement chuté, terminant avec un bilan de 19 victoires pour 63 défaites.
Seize mois après sa blessure, Haliburton doit donc effectuer son grand retour. Et son importance dépasse largement ses statistiques individuelles. Avant sa blessure, le meneur était devenu le véritable chef d'orchestre du système de Rick Carlisle, capable d'accélérer le jeu, de trouver les bonnes passes et de rendre ses coéquipiers meilleurs.
Le contraste est particulièrement parlant dans les statistiques collectives. Sans Haliburton, les Pacers n'ont délivré que 27.7 passes décisives par match, soit le 12ème total de la NBA. Lors des deux saisons précédentes, Indiana avait terminé troisième puis premier de la Ligue dans cette catégorie, avec respectivement 29.2 et 30.8 passes décisives par rencontre.
Son retour doit donc relancer toute la mécanique offensive des Pacers.
Indiana va également découvrir une nouvelle dimension dans la raquette avec Ivica Zubac.
Le pivot croate avait été récupéré par les Pacers à la trade deadline en provenance des Clippers, dans une opération qui avait notamment coûté à Indiana le choix qui allait devenir le 5ème pick de la Draft 2026. Une décision déjà largement commentée, mais qui pourrait prendre une autre dimension si Zubac parvient à s'intégrer parfaitement au système de Carlisle.
Son profil est très différent de celui de Myles Turner, titulaire lors de l'épopée jusqu'aux Finales 2025. Turner apportait du tir extérieur et une menace permanente au contre. Zubac, lui, offre davantage de présence physique, de rebond et d'efficacité près du cercle.
ESPN considère d'ailleurs le pivot comme le principal X factor d'Indiana pour la saison à venir. À son meilleur niveau, Zubac a déjà été All-Defensive et considéré comme un candidat potentiel à une sélection All-NBA. Mais son intégration comporte également des inconnues : il doit s'adapter à une équipe qui joue beaucoup plus vite que les Clippers et revient lui-même d'une fracture des côtes.
La complémentarité avec Haliburton sera particulièrement intéressante à suivre. Le meneur pourrait profiter de la présence d'un intérieur plus massif pour multiplier les situations de pick-and-roll et retrouver les automatismes qui avaient fait la force des Pacers.
Indiana pourra également compter sur Pascal Siakam.
L'intérieur fait partie du noyau qui avait permis aux Pacers de créer la surprise en 2024-25 et de franchir les différentes étapes des playoffs jusqu'aux Finales. Aaron Nesmith, Andrew Nembhard, TJ McConnell et Obi Toppin sont eux aussi toujours présents.
C'est l'une des raisons pour lesquelles il serait prématuré de considérer Indiana comme une équipe en reconstruction. Une grande partie de l'effectif qui avait atteint le plus haut niveau reste en place.
La différence, c'est évidemment Haliburton.
Avec lui, Siakam devrait retrouver davantage de situations avantageuses, tandis que Nembhard, Nesmith et les autres joueurs de rotation devraient bénéficier de la circulation de balle caractéristique de l'équipe de Carlisle.
Indiana a également ajouté Kelly Oubre Jr et Larry Nance Jr durant l'intersaison afin de renforcer une deuxième unité qui en avait besoin.
C'est peut-être là que se situe la principale inquiétude.
Lors de leur parcours jusqu'aux Finales NBA, les Pacers avaient pu compter sur une profondeur de banc particulièrement efficace. Depuis, plusieurs éléments ont disparu et la deuxième unité semble moins armée.
Bennedict Mathurin a notamment quitté Indiana, tandis que TJ McConnell a connu une saison plus compliquée en l'absence de Haliburton. ESPN estime que les Pacers n'ont pas encore trouvé un autre remplaçant capable de prendre le relais et de produire régulièrement au même niveau.
Cette question sera d'autant plus importante que les Pacers pourraient vouloir gérer progressivement le retour de Haliburton. Même après seize mois de récupération, le meneur devra forcément retrouver ses sensations et son rythme de compétition.
Rick Carlisle devra donc une nouvelle fois faire parler son talent pour gérer les rotations.
ESPN classe actuellement les Pacers au 15ème rang de son Basketball Power Index, une position qui traduit parfaitement l'incertitude autour de cette équipe. Le potentiel existe, mais beaucoup dépendra de la capacité de Haliburton à retrouver son niveau et de l'adaptation de Zubac.
Il existe aussi une autre lecture intéressante. Haliburton est considéré par ESPN comme l'un des meilleurs joueurs issus de la Draft 2020 et même comme un candidat crédible au titre de meilleur joueur de cette cuvée devant le premier choix, Anthony Edwards, selon plusieurs métriques avancées.
Si le meneur retrouve rapidement son influence, Indiana possède donc potentiellement une base suffisamment solide pour grimper rapidement dans la hiérarchie de l'Est.
Mais la conférence sera encore plus relevée cette saison. Les Pacers ne pourront pas simplement compter sur le souvenir de leur parcours de 2025 pour retrouver les Finales.
Le défi est finalement assez simple à résumer : Indiana doit retrouver l'équipe qui avait surpris toute la NBA, sans nécessairement pouvoir compter sur exactement les mêmes ingrédients.
Haliburton est de retour, Siakam est toujours là, Carlisle dirige encore l'équipe et Zubac apporte un profil différent mais potentiellement plus complet à l'intérieur. Les Pacers disposent donc de suffisamment d'arguments pour croire à un rebond spectaculaire après une saison à seulement 19 victoires.
Mais la profondeur du banc, la santé de Haliburton et l'adaptation de Zubac seront déterminantes.
Deux ans après avoir atteint les Finales NBA, Indiana possède peut-être encore les fondations d'un prétendant à l'Est. Reste désormais à savoir si le retour de son maître à jouer suffira à rallumer la machine.