Les Knicks de Jalen Brunson peuvent-ils réaliser le back-to-back ?

Les Knicks de Jalen Brunson peuvent-ils réaliser le back-to-back ?

La rédaction 10/9/2026 à 09h00
Jalen Brunson - Karl-Anthony Towns - New York Knicks - OG Anunoby - Josh Hart

Et si le plus dur ne faisait que commencer ? Après avoir mis fin à 53 ans de disette et ramené le trophée Larry O'Brien à New York, les Knicks ne sont plus les outsiders affamés que personne n'attendait. Ils sont désormais l'équipe à battre. Celle que tout le monde voudra faire tomber. Celle qui devra répondre présente quand chaque adversaire jouera son meilleur basket.

Portés par un Jalen Brunson devenu MVP des Finales, les Knicks ont traversé les playoffs 2026 comme une véritable équipe championne, avec seulement trois défaites en 19 rencontres. Une performance qui a transformé le statut de la franchise. Mais une question brûle désormais toutes les lèvres : New York a-t-il réellement les armes pour conserver sa couronne en 2027 ?

 

La recette du titre est toujours là

 

La première raison d'y croire porte évidemment un nom : Jalen Brunson.

 

À 30 ans, le meneur a définitivement changé de dimension. Lui qui avait rejoint New York avec l'ambition de devenir le patron d'une franchise est désormais champion NBA et MVP des Finales. Dans les moments les plus importants, Brunson a assumé son statut de leader offensif, jusqu'à inscrire 45 points lors du Game 5 des Finales face aux Spurs.

 

Mais réduire les Knicks à leur meneur serait une erreur.

 

Autour de Brunson, New York dispose toujours d'un cinq majeur particulièrement complémentaire avec Mikal Bridges, OG Anunoby, Josh Hart et Karl-Anthony Towns.

 

C'est probablement la plus grande force des Knicks : ils n'ont pas besoin d'un exploit individuel permanent de Brunson pour gagner.

 

Anunoby apporte sa polyvalence et son impact défensif. Bridges peut prendre feu offensivement tout en défendant sur plusieurs postes. Hart est le couteau suisse indispensable, capable de défendre, prendre des rebonds et faire vivre le ballon. Quant à Towns, son profil de pivot capable de sanctionner à trois points oblige les défenses adverses à sortir de leur zone de confort.

 

Le champion n'a donc pas été démantelé pendant l'été.

 

Et dans une NBA où la stabilité devient presque un luxe, cette continuité pourrait peser lourd.

 

Une équipe qui sait désormais comment gagner

 

Il y a quelque chose que les Knicks possèdent aujourd'hui et qu'ils n'avaient pas avant leur sacre : l'expérience du très haut niveau.

 

Ils savent ce que représente un Game 7. Ils savent ce que signifie jouer sous pression. Ils savent comment gérer une série lorsque le tir ne rentre pas et comment gagner un match lorsque le talent individuel ne suffit plus.

 

Cette expérience ne garantit évidemment rien.

 

Mais elle peut faire la différence dans les moments où une possession, une rotation défensive ou un rebond offensif peuvent décider d'une saison entière.

 

Les Knicks ont également appris à jouer ensemble dans les situations les plus difficiles. Leur titre n'est pas le résultat d'une domination écrasante pendant toute la saison. C'est celui d'une équipe qui a su trouver les solutions au fil des séries.

 

Et une équipe championne qui conserve son ossature est forcément dangereuse.

 

Mitchell Robinson, la grosse interrogation

 

Mais le back-to-back ne sera pas une simple formalité.

 

Le principal point d'interrogation concerne le secteur intérieur et le départ de Mitchell Robinson.

 

Le pivot avait joué un rôle important dans la conquête du titre grâce à sa protection du cercle, son activité au rebond et sa capacité à apporter de la dureté dans la raquette.

 

Pour compenser son départ, les Knicks ont misé sur Andre Drummond, arrivé avec un contrat d'un an.

 

L'ancien pivot des Sixers possède une qualité évidente : le rebond. Mais son profil n'est pas exactement celui de Robinson.

 

Et c'est là que le bât peut blesser.

 

Sur une saison régulière de 82 matchs, New York devrait pouvoir trouver des solutions. En playoffs, en revanche, les adversaires chercheront inévitablement à tester la défense intérieure des Knicks.

 

Karl-Anthony Towns devra donc continuer à assumer une grande partie du travail au poste 5, tout en conservant son influence offensive.

 

La profondeur intérieure pourrait être le talon d'Achille du champion.

 

L'Est ne compte pas leur faciliter la tâche

 

Comme si cela ne suffisait pas, la concurrence s'est renforcée.

 

L'Est pourrait être particulièrement brutal cette saison. Philadelphia a notamment frappé fort en associant LeBron James et Jaylen Brown à Joel Embiid et Tyrese Maxey. Boston a de son côté récupéré Mitchell Robinson.

 

Et derrière ces équipes, Cleveland, Milwaukee, Orlando ou encore Indiana restent capables de poser de sérieux problèmes.

 

Les Knicks ne bénéficieront donc plus de l'effet de surprise.

 

Tout le monde connaît Jalen Brunson.

 

Tout le monde connaît leur identité.

 

Tout le monde sait que New York adore les matchs physiques, les fins de rencontre disputées et les possessions où chaque détail compte.

 

Le champion sera désormais attendu au tournant 82 fois en saison régulière, puis encore davantage en playoffs.

 

Jalen Brunson peut-il encore monter d'un cran ?

 

C'est peut-être la question centrale de cette quête du back-to-back.

 

Brunson vient de réaliser ce que l'on attend d'un franchise player : porter son équipe au titre et prendre les commandes lorsque la pression est maximale.

 

Mais conserver cette intensité sur deux campagnes consécutives est une autre affaire.

 

La saison dernière, le meneur a énormément sollicité son corps. En playoffs, son volume offensif et son temps de jeu ont considérablement augmenté.

 

New York devra donc éviter de tomber dans le piège classique du champion : demander à son meilleur joueur de sauver trop de matchs en saison régulière.

 

Les Knicks auront besoin de Brunson en avril, en mai et, surtout, en juin.

 

Cela signifie que Mikal Bridges, OG Anunoby, Karl-Anthony Towns et Josh Hart devront eux aussi prendre davantage de responsabilités.

 

Le champion n'a pas besoin que Brunson soit meilleur tous les soirs.

 

Il a besoin que son équipe lui permette d'être meilleur lorsque cela compte vraiment.

 

Le facteur X : la profondeur

 

C'est probablement ici que se jouera une partie de la saison.

 

Les Knicks ont leurs stars. Ils ont leur identité. Ils ont désormais l'expérience.

 

Mais une équipe qui vise deux titres consécutifs doit aussi survivre aux blessures, aux baisses de régime et aux longues séries de playoffs.

 

Miles McBride pourrait ainsi avoir un rôle particulièrement important. Derrière Brunson, New York doit pouvoir disposer d'un créateur capable de tenir la baraque lorsque le meneur souffle.

 

Même logique dans la raquette.

 

Si Drummond parvient à apporter des minutes solides et si Towns reste en bonne santé, New York possédera suffisamment de solutions pour traverser la saison régulière.

 

Mais en cas de pépin physique chez l'un des cadres, la marge de manœuvre pourrait rapidement se réduire.

 

Alors, les Knicks peuvent-ils réaliser le back-to-back ?

 

Oui. Et il serait même dangereux de les écarter trop rapidement.

 

New York possède probablement l'une des conditions essentielles pour réussir un back-to-back : la continuité.

 

Jalen Brunson est toujours là. Son meilleur cinq est toujours là. Tom Thibodeau connaît son groupe. Les joueurs savent désormais ce qu'il faut faire pour gagner quatre séries de playoffs.

 

Mais les Knicks ne sont plus dans la position du challenger.

 

Ils sont devenus la cible.

 

Le départ de Robinson est une perte importante, tandis que la concurrence à l'Est pourrait être encore plus féroce. Et l'usure physique d'une longue campagne de playoffs pourrait également se faire sentir.

 

Le scénario idéal est donc assez clair : New York doit avant tout arriver au printemps en pleine santé.

 

Si Brunson, Towns, Anunoby, Bridges et Hart abordent les playoffs 2027 à 100 %, les Knicks auront encore une fois les armes pour battre n'importe quelle équipe.

 

Le back-to-back est donc loin d'être une utopie.

 

Mais pour entrer définitivement dans une autre dimension, New York devra désormais répondre à une question bien plus difficile que « peut-il gagner le titre ? ».

 

Peut-il rester au sommet ?

 

Après avoir attendu 53 ans pour retrouver le trône, les Knicks ont désormais une occasion rare : transformer un titre historique en début d'ère.

 

Et à New York, le prochain chapitre de l'histoire de Jalen Brunson pourrait être encore plus grand que le premier.