Lors du Media Day de Minnesota, les deux joueurs ont justement insisté sur leur relation, leur plaisir de jouer ensemble et la volonté de construire rapidement une véritable alchimie. Pour Anthony Edwards, cette arrivée représente aussi une évolution importante de son rôle sur le terrain.
Edwards n'a pas caché son enthousiasme au moment d'évoquer son nouveau partenaire de backcourt. Le changement est particulièrement important pour lui puisque le staff des Timberwolves l'avait davantage utilisé comme créateur principal la saison dernière.
Une responsabilité qu'Edwards n'a jamais véritablement considérée comme naturelle.
« Je n'ai jamais pensé que je pouvais développer des qualités de meneur », a-t-il expliqué lors du Media Day, tout en ajoutant avec le sourire que les rappels constants de Chris Finch sur ses responsabilités de passeur appartiennent désormais davantage au passé. Avec LaMelo Ball, Minnesota dispose enfin d'un meneur naturel capable de prendre en charge une partie de cette création.
Edwards pourra ainsi davantage retrouver son rôle de scoreur et d'arrière, tout en utilisant ses qualités athlétiques et défensives sur les extérieurs. Il a notamment expliqué qu'il pouvait désormais passer plusieurs possessions dans le corner avant de s'occuper du meilleur joueur adverse.
De son côté, LaMelo Ball a également insisté sur la connexion déjà présente avec Anthony Edwards. Les deux joueurs se connaissent depuis plusieurs années et affichent des personnalités particulièrement extraverties, un point qui semble faciliter leur intégration sur et en dehors du terrain.
Ball a notamment qualifié Edwards de « frère » en évoquant leur relation lors du Media Day.
Cette proximité pourrait avoir une importance particulière dans une équipe qui doit rapidement apprendre à jouer ensemble. Minnesota a changé plusieurs éléments majeurs de son effectif et ne peut donc pas compter uniquement sur les automatismes accumulés lors des dernières saisons.
Chris Finch a lui aussi souligné la connexion rapide entre les deux joueurs. Selon le coach, leurs personnalités se sont naturellement rapprochées et leurs profils basket devraient être complémentaires. Ball apporte la création et le rythme, tandis qu'Edwards peut davantage se concentrer sur le scoring et le jeu sans ballon.
L'un des principaux enjeux de cette nouvelle saison sera donc la manière dont Edwards évoluera avec un véritable meneur à ses côtés.
La saison passée, les Timberwolves avaient demandé davantage de responsabilités à leur superstar dans la création offensive. Chris Finch a depuis reconnu que cette décision avait eu des conséquences négatives sur l'équilibre de l'équipe.
Avec Ball, Minnesota peut désormais envisager une répartition beaucoup plus classique : LaMelo organise, Edwards attaque, et les deux joueurs peuvent alterner selon les situations.
Pour Edwards, cette évolution pourrait également lui permettre de conserver davantage d'énergie pour la défense. L'arrière souhaite depuis plusieurs saisons devenir une menace des deux côtés du terrain, et le fait de ne plus devoir constamment remonter la balle devrait lui offrir davantage de possibilités pour défendre sur le meilleur extérieur adverse.
L'arrivée de LaMelo Ball n'est pas le seul changement majeur de l'intersaison.
Minnesota a également recruté Jonathan Kuminga, Isaiah Evans, Trey Lyles et Cody Williams. La franchise a surtout accepté de se séparer de plusieurs éléments importants de la rotation, notamment Naz Reid et Julius Randle dans l'échange ayant permis de récupérer Ball.
Le départ de Reid représente forcément un changement émotionnel pour Edwards. Les deux hommes étaient coéquipiers depuis l'arrivée du premier en NBA et avaient traversé plusieurs étapes importantes de la progression des Timberwolves.
« Je vais forcément regretter Naz, c'est mon frère », a reconnu Edwards. Mais le joueur a immédiatement expliqué être très satisfait des changements opérés dans le vestiaire et des nouvelles personnalités désormais présentes dans le groupe.
Au-delà des noms, Minnesota veut également modifier son fonctionnement collectif.
Les Timberwolves ont connu plusieurs périodes de tension interne la saison dernière et souhaitent désormais mettre davantage l'accent sur la cohésion du groupe. Edwards a expliqué que les joueurs avaient pris l'habitude de passer davantage de temps ensemble pendant l'intersaison, avec notamment un déplacement en France organisé autour de Rudy Gobert.
L'objectif était simple : apprendre à mieux se connaître avant même le début du training camp.
« Si nous voulons gagner, nous devons commencer tôt », a expliqué Edwards, en insistant sur l'importance de se connaître, de s'apprécier et de vouloir jouer les uns pour les autres.
Cette approche concerne particulièrement LaMelo Ball, qui découvre un environnement très différent après plusieurs saisons à Charlotte. Le meneur doit rapidement trouver ses automatismes avec Edwards, Rudy Gobert et les autres nouveaux visages du roster.
L'arrivée de Jonathan Kuminga constitue un autre élément important du projet.
L'ancien Warrior a notamment été convaincu par les discussions avec Edwards, qui lui a présenté Minnesota comme un environnement capable de mettre en valeur ses qualités. Edwards et Kuminga s'étaient déjà affrontés à plusieurs reprises et connaissent bien les caractéristiques de leur jeu respectif.
Avec Kuminga, les Timberwolves disposent d'un joueur capable d'apporter de l'explosivité, de l'agressivité vers le cercle et de la polyvalence sur les ailes. Associé à Jaden McDaniels et Rudy Gobert, il pourrait permettre à Minnesota de conserver une structure défensive ambitieuse tout en ajoutant une nouvelle menace offensive.
Sur le papier, l'association est particulièrement intéressante.
LaMelo Ball est capable de créer pour les autres, de pousser le rythme et de sanctionner les défenses lorsqu'elles lui laissent de l'espace. Anthony Edwards, lui, peut attaquer les défenses en isolation, jouer sans ballon et profiter des espaces générés par un meneur capable de distribuer rapidement.
Le président des opérations basket Tim Connelly a justement insisté sur la capacité de Ball à créer des tirs plus faciles pour ses coéquipiers et sur l'idée que sa présence pourrait libérer Edwards de certaines situations où il devait auparavant créer toute l'action offensive.
Mais cette complémentarité devra maintenant être confirmée sur le parquet. Deux joueurs aussi créatifs devront apprendre à savoir quand prendre le contrôle du jeu et quand laisser l'autre s'exprimer.
Les Timberwolves restent sur trois saisons avec des parcours significatifs en playoffs et ont désormais clairement l'ambition de transformer cette régularité en véritable course au titre. La franchise a remporté cinq séries de playoffs au cours des trois dernières années, après n'en avoir gagné que deux durant ses 34 premières saisons.
L'arrivée de Ball correspond donc à une volonté de modifier la structure de l'équipe plutôt que de simplement conserver le même groupe.
Edwards demeure évidemment le visage du projet. Mais autour de lui, Minnesota veut désormais construire une équipe capable de lui offrir davantage de solutions offensives tout en conservant ses fondations défensives avec Gobert et McDaniels.
Le premier chapitre de l'association entre Anthony Edwards et LaMelo Ball sera forcément très observé. Deux joueurs de 25 ans, deux personnalités fortes et deux styles offensifs différents vont désormais partager le même backcourt.
Edwards semble particulièrement enthousiaste à l'idée de retrouver un rôle plus naturel pour lui. Ball, de son côté, arrive avec la responsabilité de devenir le créateur principal d'une équipe qui nourrit de grandes ambitions.
Le calendrier offrira rapidement une première occasion de mesurer les progrès du duo : Minnesota commencera sa saison le 21 octobre à Miami, avant notamment de recevoir Oklahoma City le jour de Noël pour le premier match de Noël à domicile de l'histoire de la franchise.
Pour les Timberwolves, l'enjeu sera désormais de transformer cette entente naturelle entre Edwards et Ball en véritable complémentarité sur le parquet. Si les automatismes suivent, Minnesota pourrait présenter un visage très différent dès les premières semaines de la saison.