Joakim Noah, la dernière chance ?

C’était un peu l’éternel espoir du basket français, celui dont on a souvent dit que l’étincelle viendrait bientôt, que l’avenir lui serait doré, mais les années passent et les saisons galères prennent la place des débuts prometteurs, et on se demande alors si toute sa carrière ne va pas se terminer en queue de poisson, un peu à l’image d’un Abou Diaby ou d’un Yoann Gourcuff en football, où la malchance et les blessures ont brisé un potentiel énorme.

Mais à l’inverse de ces deux adeptes du ballon rond, dont l’un a disparu des radars après un énième échec à Marseille et l’autre est allé tenter de retrouver le plaisir des terrains dans le petit club de Dijon, Joakim Noah s’est vu offrir une probable dernière possibilité de briller sur les parquets NBA, à bientôt 34 ans (!) et après trois terribles saisons.

 

 

Pourtant tout avait bien débuté pour le fils de Yannick, avec une progression régulière dans son club des Chicago Bulls, jusqu’à être nommé « Meilleur joueur défensif de l’année en 2014 » par ses pairs. Ce que l’on ne pensait à l’époque qu’être une étape de plus dans sa quête des hauteurs sera en fait le sommet de sa gloire, car sa chute sera vertigineuse à partir de ce moment. Et tout aura commencé lors de la saison 2015-2016, avec sa relégation sur le banc et une grave blessure qui lui fera manquer toute la fin de saison. Son aventure avec les Bulls se termine donc tristement.

 

 

Pourtant, avec son transfert aux New York Knicks, dans la ville et le club de son cœur, tout semblait en ordre pour que Joakim retrouve une place de titulaire et aide le club new-yorkais à progresser. Mais ce contrat, appelé par de nombreux journalistes comme le « pire contrat de l’histoire des Knicks », se révélera être un fiasco total, pour des raisons aussi bien sportives qu’extra-sportives. Car outre des performances en match peu reluisantes, dus à de nombreuses blessures récurrentes, l’histoire va rapidement tourner au cauchemar suite à son contrôle anti-dopage positif qui le suspend pour 20 matchs.

 

 

Ajoutez à cela une vie dissolue dans la folie de New-York, une grosse altercation avec son entraîneur et un renvoi dans une équipe de G-League, et vous obtiendrez la rupture de contrat par les Knicks en octobre dernier, après plus de 8 mois sans jouer. Si financièrement, l’affaire est juteuse pour Noah, son image est sérieusement écornée, et c’est un petit miracle qu’une des 29 franchises NBA ait pu lui faire confiance et lui offrir 3 ans de contrat, les Grizzlies de Memphis.

 

Le club, qui devra batailler dur pour accrocher une place en Play-Offs dans la très relevée conférence Ouest, a peut-être eu le nez creux en relançant Noah qui, malgré des débuts statistiques normaux, a réussi à convaincre les fans des Grizzlies par une attitude de battant et une énergie débordante. Memphis se remet donc à croire à une belle fin de saison, ils retrouvent un peu d’ambition ainsi qu'une plus grande confiance de la part des bookmakers qui leur redonnent un peu de crédit dans leurs cotes NBA.

 

À l’image de son histoire plus que compliquée avec l’équipe de France, qui ne sera qu’une succession de rendez-vous ratés, Noah a tout fait mal à New York, où la vie citadine et l’argent à profusion ont fini par lui faire un peu péter les plombs et oublier les fondamentaux de la vie d’un joueur de basket. Dans la capitale du Tennessee, c’est une ambiance bien différente qui attend le Français, avec un côté rural et calme qui pourrait l’aider à freiner ses ardeurs fêtardes, ainsi qu’une vie plus rude qui correspond en fait parfaitement à son style de jeu et qui commence donc déjà à ravir les fans.

 

À 33 ans, nul doute que Joakim, qui ne gagnera probablement jamais de titre NBA, se voit là offrir une dernière chance de marquer positivement le monde du basket, avant une retraite méritée où plus personne ne pourra lui dicter son comportement.