Des Rockets vraiment moins forts ?

En parvenant à se débarrasser du contrat toxique de Ryan Anderson, les Houston Rockets ont atteint un des objectifs qu'ils s'étaient fixés au début de cette intersaison.

Hormis les franchises de Los Angeles, l'équipe coachée par Mike D'Antoni attisait tous les regards à l'aune de la free agency. Entre prolongation des contrats de Chris Paul, Clint Capela ou Trevor Ariza, trois joueurs majeurs lors de l'année passée, et se débarrasser de certains contrats, l'objectif affiché était de sortir de l'intersaison renforcé pour parvenir à concurrencer les Warriors et atteindre les Finales NBA.

 

 

Première annoncé de l'été : les Rockets resignent pour un contrat de 160 millions de dollars sur quatre ans, leur meneur All Star, Chris Paul. Les critiques fusent sur l'ampleur du contrat pour un joueur de 33 ans, régulièrement blessé ces dernières saisons, bien que faisant partie des meilleurs joueurs à son poste au sein de la NBA. Dénoncé notamment car cela empêche les Rockets d'avoir de la flexibilité pour signer leurs autres joueurs libres, les conséquences apparaissent très rapidement.

 

En effet, Trevor Ariza se détourne de la franchise texane car les Phoenix Suns lui proposent un contrat d'environ 15 millions de dollars sur un an. Une offre inégalable pour Daryl Morey. On parle d'un joueur important dans le système mis en place par Mike D'Antoni mais relativement âgé. Son profil est (potentiellement) remplaçable.

 

Dix jours plus tard, un autre ailier important quitte le navire direction son ancienne équipe : Luc Mbah a Moute rejoint les Clippers. Le joueur signe un contrat de 4,3 millions de dollars sur un an.

 

Les deux ailiers, essentiels dans leur apport sur le plan défensif, laissent un trou béant à ce poste pour les Rockets.

 

Entre-temps avait été officialisée l'arrivée de Michael Carter-Williams, l'ancien ROY, pour un an. Meneur de jeu peu adroit à trois-points, en perte de confiance constante depuis son arrivée en NBA, le joueur est censé apporter quelques minutes à la mène pour faire souffler les deux golgoths que sont Chris Paul et James Harden...

 

Deux jours après l'officialisation du départ de Luc Mbah a Moute, alors que les Rockets sont critiqués pour leur intersaison compliquée (Clint Capela est toujours en négociation avec ses employeurs sur le montant de son futur contrat...), ils annoncent l'arrivée d'un ailier de devoir, au profil comparable à Mbah a Moute : James Ennis. Son profil 3 and D colle parfaitement aux besoins de Houston. Pour autant, son arrivée ne compense pas l'énorme perte sportive représentée par Trevor Ariza.

 

 

Les supporters de Houston ont poussé un ouf de soulagement lorsqu'a été annoncé le prolongement pour 90 millions de dollars sur cinq ans de Clint Capela. L'intérieur suisse reste sur un dernier exercice d'excellente facture. Les négociations ont traîné en longueur mais un accord fut enfin enfin trouvé... Le début d'une deuxième partie d'été réussie ?

 

Tout se décante avec le trade de Carmelo Anthony vers les Hawks. Le joueur est décidé de rejoindre son pote Chris Paul pour reconstituer une partie du Banana Boat. Coupé par la franchise géorgienne, l'ailier, qui a beaucoup travaillé durant l'été, notamment sur le catch-and-shoot, signe pour 2.4 millions de dollars sur un an. Bonne recrue ? Difficile de se prononcer tant il reste sur une saison décevante avec OKC. Voué à être sixième homme, il est compliqué de savoir comment le joueur vivra cette situation, lui dont le dernier partenariat avec Mike D'Antoni (du côté des Knicks) s'est mal terminé. C'est un pari qu'il fallait tenter pour les Rockets. Son apport offensif dans le jeu de Houston peut êtrte conséquent mais il devra hausser ses exigences défensives par rapport à son court passage par Oklahoma City.

 

 

Echanger Ryan Anderson aux Suns pour récupérer Marquese Chriss et Brandon Knight. Le contrat de ce dernier n'est pas le meilleur, notamment au vue des antécédents en terme de blessure du bonhomme mais s'il retrouve ses sensations, il peut être un joueur intéressant en sortie de banc pour les Rockets aux côtés d'Eric Gordon. Très bon scoreur, il peut également être un défenseur intéressant sur certaines séquences.

 

Quant à Marquese Chriss, c'est également un pari. Pari qu'il fallait tenter tant le potentiel athlétique du jeune joueur est impressionnant. Intérieur long et très mobile, il pourrait exploser cette saison dans un système potentiellement bâti pour exploiter ses qualités. A lui de saisir (enfin) sa chance après deux saisons décevantes à Phoenix où son QI basket s'est avéré nul, tout comme son investissement défensive. S'il ne veut pas se voir attribuer l'étiquette de bust, il se devra d'être revanchard.

 

Des joueurs revanchards, c'est finalement le résumé des joueurs arrivés du côté de Houston. Au vue de l'effectif, même s'il y a des manques, le tableau d'affichage pourrait exploser à de très nombreuses reprises cette saison. S'ils développent un état d'esprit tourné vers un objectif commun (le titre), les Rockets pourraient réaliser une saison à l'image de leur été : un début poussif pour une fin en fanfare.