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C.J. McCollum, le messie de Portland !

C.J. McCollum, le messie de Portland !

  
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Crédit photo : Marilyn Indahl-USA TODAY Sports

Le coup de griffe des Grizzlies a été fatal pour les Blazers vaincus 4-1 dans une série sans véritable suspense. Néanmoins, une satisfaction demeure...

C.J. McCollum. Retenez bien ce nom. Portland s'est fait sortir de façon assez brutale par les Memphis Grizzlies (4-1) au premier tour des playoffs dans une série qui ne laissait rien présager de bon pour les coéquipiers de Lamarcus Aldridge. Privé de Wesley Matthews – sans doute l'un des postes 2 les plus sous-évalués de la ligue – Portland a perdu un élément clé de son dispositif. L'arrivée d'Arron Afflalo n'a, sans surprise, pas changé la donne. Néamoins, derrière cette gifle reçu au premier tour se cache une satisfaction : C.J. McCollum.

 

  • I need to play !

 

CJ. McCollum a dû prendre son mal en patience lors de sa première saison au sein de la grande ligue puisque c'est seulement après 35 matchs que le sophomore des Blazers a effectué son retour sur les parquets après s'être fracturé le pied gauche lors des training camp. Des débuts avortés alors qu'il avait réalisé une superbe summer league. Ce contre-temps l'a clairement handicapé pour ses débuts en témoigne une première saison anecdotique où le rookie n'avait pas pu démontrer ses réelles potentialités. Epargné par les blessures lors de l'intersaison 2014, McCollum gagne progressivement du temps de jeu alors que les Blazers sont sur un nuage en début de saison... Mais rebelote, le voilà éloigné des terrains pendant un mois en raison d'une fracture du doigt occasionnée face à NOLA.

Mais c'est bien connu, le malheur des uns fais le bonheur des autres et malheureusement pour Terry Stotts, c'est Wes Matthews qui doit mettre un terme à sa saison face aux Mavs, le 5 mars... Alors que McCollum venait de cumuler cinq matchs où il n'avait joué au total qu'une seule minute ! Cette mésaventure de Matthews profite à McCollum qui intègre la rotation de façon plus significative avant d'enchaîner quelques performances bien senties lors d'un mois d'avril prometteur - 8 matchs à 15,6 ppg en 27,1 minutes, 53,2 % aux shoots, 40,7 % à 3 points. Mais c'est face à Memphis, au premier tour des playoffs, que l'intéressé a frappé fort ! Scotché au banc en postseason l'année dernière, McCollum a profité de la déroute des siens pour s'illustrer en signant notamment son record en carrière avec 33 unités.




 

McCollum a besoin de temps de jeu et cette fin de saison lui donne raison. L'incertitude règne au sein du roster des Blazers concernant l'intersaison à venir et pourrait bien profiter à McCollum.

  • McCollum et Lillard peuvent-ils cohabiter ?

Une question qui vaut la peine d'être posée et d'être « retournée » ! Damian Lillard est le gestionnaire de cette équipe. C'est lui qui est dépositaire de l'organisation offensive des Blazers et jusqu'ici, il n'avait pas de joueurs à ses côtés du profil de C.J. McCollum. Wesley Matthews a inscrit 337 shoots la saison passée et plus de 66 % (225) de ses shoots ont été « assistés ». Autrement dit, Wesley Matthews c'est la définition même du catch and shoot. Ceci n'a rien d'étonnant puisque plus de 59 % de ses tentatives au shoot se font derrière la ligne à 3 points. La présence d'un Matthews n'interfère donc pas avec la propension qu'à Damian Lillard à tenir le ballon. Ceci étant, la présence d'un autre manieur de balle à ses côtés dans le starting five pourrait-elle aboutir à un conflit d'intérêts entre les deux joueurs à l'instar de ce qui avait pu opposer Andre Miller et Brandon Roy à une époque pas si lointaine (… We miss you Brandon) ?

Si l'on rattache ces catégories statistiques au profil de McCollum, nous obtenons des résultats bien différents. En effet, sur les 159 paniers inscrits par McCollum en saison régulière, plus de 51 % sont « non-assistés ». Autrement dit, McCollum est capable de créer son propre shoot et ne se contente pas de catch and shoot, bien au contraire. Le combo-guard des Blazers, de par sa capacité à entreprendre balle en main, est capable d'être à l'origine d'un mouvement, de créer des décalages pour ses partenaires et d'impulser un rythme au collectif. Le sophomore devrait voir ses responsabilités croître tout comme ses prises d'initiative en attaque dont la série face à Memphis n'est qu'un petit aperçu. D'autant plus que durant les 5 matchs de playoffs, l'intéressé entreprend dans près de 50 % des situations où il shoote de dribbler entre 3 à 7 fois. Une statistique qui vient renforcer l'idée que le partage de la gonfle ne sera pas le même en la présence de McCollum.

Néanmoins, et pour rassurer Matt, la connexion entre Lillard et McCollum n'est pas obsolète puisque durant les playoffs, la majorité des passes effectuées en match par McCollum (26 en moyenne) sont adressées à Lillard (10,2). Dans le sens inverse, McCollum est le 3ème joueur à réceptionner le plus de passes de Lillard (8 de moyenne) derrière Batum (21,8) et Aldridge (16,4).

  • La preuve par 3

Les playoffs sont-elles représentatives du réel niveau de McCollum ? Tout porte à croire que oui car comme nous l'expliquions un peu plus haut, McCollum a également réalisé un mois d'avril très convaincant. Ainsi, voici un récaptitulatif chiffré de l'apport de McCollum lors de la série face à Memphis.

 

Ce qui saute aux yeux immédiatement lorsqu'on prend d'analyser ce tableau est le différentiel du point de vue de l'offensive rating (ORtg). En effet, lorsque McCollum n'est pas sur le terrain, l'ORtg est de 77,9 alors que lorsqu'il se trouve sur le terrain celui-ci passe à 111,5 soit un différentiel de + 33,6. L'impact de McCollum lors de cette série face à Memphis fut significatif en corrélation avec un temps de jeu et des responsabilités accrues.

On constate parallèlement que l'Effective Field Goal Percentage (eFG%) augmente de façon significative lorsque McCollum est sur le terrain (il passe 0,398 à 0,475). L'Effective Field Goal Percentage est une statistique qui permet de mesurer le pourcentage d'efficacité au shoot en ajustant la valeur (tirs à deux ou trois points) et la difficulté des tirs. En ce sens, la présence d'un McCollum sur le terrain apparaît clairement bénéfique à l'attaque des Blazers en témoigne par exemple le pourcentage longue distance affiché par McCollum lors des cinq rencontres face à Memphis : 47,8 % (soit 11/23). McCollum est un joueur adroit et le fait d'être si efficace perturbe et offre des opportunités à ses coéquipiers. La défense se focalise sur lui, il cré edes décalages et fluidifie l'attaque des siens. D'ailleurs, lors des trois dernières rencontres face à Memphis, McCollum est le joueur du roster a avoir obtenu le meilleur +/-. C'est dire l'impact (différentiel de points) du joueur lorsqu'il se trouvait sur le terrain.

 

Cette série de playoffs perdue restera forcément placée sous le signe de la déception pour les dirigeants et le coaching staff de la franchise. Cependant, elle demeure malgré tout riche en enseignement notamment en présage d'une intersaison qui s'annonce mouvementée du côté de l'Oregon à l'heure où seuls Lillard, Batum, Leonard, Crabble et McCollum disposent d'un contrat garanti pour la saison prochaine. La franchise se trouve dans une situation très préoccupante à laquelle il faut ajouter la prolongation de Lillard à venir. En définitive, le fait de posséder un talent prêt à exploser tel que McCollum représente en soi un énorme soulagement pour le front office.

 

McCollum représente l'avenir pour les Blazers en compagnie de Lillard et LaMarcus Aldridge (en espérant sa re-signature lors de la prochaine intersaison). Ces trois hommes formeraient le prochain big 3 de Portland dans un collectif où Nicolas Batum a certes trouvé sa place mais où il n'assume pas son statut. En témoigne sa dernière saison où le Français compile par exemple ses plus faibles pourcentages d'adresse en carrière (NBA) et sa plus faible moyenne de points depuis sa saison rookie. Nicolas Batum entrera dans sa dernière année de contrat la saison prochaine et ne pourra jamais prétendre aux mêmes aspirations financières d'autant plus que Lillard négocie d'ores et déjà une prolongation de contrat qui devrait avoisiner les 100 millions de dollars. Quoiqu'il en advienne, McCollum aura une belle carte à jouer. Le gamin a du culot et on l'imagine déjà truster le titre de MIP la saison prochaine !


Highlights de la saison 2014/2015 de C.J. McCollum

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