
Pas simple de tirer un bilan de la saison du Jazz : on retrouve du positif mais qui est à nuancer. Car le début de saison fut très rapidement gâché par la blessure de Walker Kessler. Le pivot aura joué une poignée de rencontres avant d’être forfait pour la totalité de la régulière. Par conséquent, le tanking était inévitable. Malgré tout, le Jazz fut fun à regarder ! Les résultats n’ont pas été là car ce fut la pire équipe de l’Ouest en termes de bilan mais l’attaque était loin d’être minable. Utah faisait partie des meilleures équipes pour aller chercher des rebonds offensifs et provoquer des lancers francs. En plus d’un jeu rapide, ça a offert du spectacle. Le symbole de cette saison de tanking séduisante à Utah ? L’éclosion de Keyonte George. Le meneur de jeu était dans sa troisième saison NBA et l’explosion est arrivée : quasiment 24/6 de moyenne avec un gros volume, peu de pertes de balle, du passing, une superbe efficacité, notamment à 3 points. Avec un Jazz un peu plus compétitif, il aurait pu être All Star. A ses côtés, Lauri Markkanen à un petit peu retrouvé son basket. Aucune création mais un shoot à 3 points moins catastrophique que la saison précédente et tout de suite ça aide l’équipe en attaque. Jusuf Nurkic, qui a atterri à Utah l’été dernier, s'est également éclaté dans le rôle de hub offensif : ses qualités techniques et au rebond étaient nécessaires aux yeux de Will Hardy. Quant à Ace Bailey et Isaiah Collier, beaucoup de positifs sont à retenir, les deux joueurs ayant montré de belles qualités. Le premier est plutôt fiable des deux côtés du terrain et avec une meilleure sélection de tirs, un rôle grandissant l’attendra tandis que le meneur de jeu est un passeur assez génial. Mais le plus grand moment de la saison fut à la trade deadline lorsque les dirigeants ont appuyé sur la détente : Jaren Jackson Jr a été acquis ! L’intérieur apporte sa défense, sa qualité de drive et sa capacité à mettre des tirs de loin ! Une superbe prise pour le Jazz. Malheureusement, il n’aura quasiment pas joué : seulement trois matchs en une demie-saison… D’ailleurs, peu de joueurs ont été présents tout au long de la régulière. Markkanen et Nurkic n’ont joué que 40 matchs environ quand George s’est arrêté à 54. L’objectif était d’avoir un pick haut placé. Et mission réussie : le Jazz a choisi en 2 ! Les jeunes ont progressé, un All Star est arrivé, des vétérans ont retrouvé leur basket et un talent génial arrive via la Draft, tous les voyants sont au vert pour Utah.
Draft : Darryn Peterson
Arrivées : Josh Okogie, Jaxson Hayes, Mo Bamba, Josh Green
Départs : Walker Kessler, Kevin Love, Cody Williams
C’est la plus grosse attraction de l’été et ce qui enthousiasme de nombreux observateurs : l’arrivée de Darryn Peterson. Prospect d’excellent niveau, il était attendu en haut de la Draft malgré une saison NCAA compliquée à cause des blessures. Attaquant extrêmement bien coté, sa venue à Utah, là où Will Hardy est un coach offensif talentueux, fait rêver pas mal de monde. Autour, le Jazz a été plutôt calme. Walker Kessler est parti, mais après une saison quasi-blanche, c'est dans la continuité de la précédente. Cela a surtout permis à la franchise de faire le plein de picks. Quelques role players ont signé mais rien de bien incroyable. L’équipe de Salt Lake City mise sur son jeune groupe et avec les intégrations de Jaren Jackson Jr et Darryn Peterson.
Point Guard : Keyonte George/Isaiah Collier/Josh Green
Shooting Guard : Darryn Peterson/Brice Sensabaugh/Josh Okogie
Small Forward : Lauri Markkanen/Ace Bailey/
Power Forward : Jaren Jackson Jr/Kyle Filipowski
Center : Jusuf Nurkic/Jaxson Hayes/Mo Bamba
Finalement, le groupe du Jazz n’est pas si mauvais que cela. Les lignes arrière sont bien garnies en talent et dans le frontcourt, il y a du monde également. Encore une fois, le côté offensif a pris l’ascendant mais qu’importe. Utah devrait être compétitif pour la première fois depuis longtemps. Une fois l’identité de jeu développée, les dirigeants pourront faire les ajustements nécessaires à l’avenir. De très beaux assets sont sous la main avec cet effectif relativement jeune. Ce sera au coach de bien faire tourner la machine dans une conférence Ouest plutôt ouverte.
PG : Keyonte George
SG : Darryn Peterson
SF : Lauri Markkanen
PF : Jaren Jackson Jr
C : Jusuf Nurkic
Sur le papier, ce 5 est séduisant et devrait proposer des choses superbes en attaque. Sera-ce celui qui commecera ? Cela reste à voir. Il y a une petite incertitude sur le frontcourt. Jusuf Nurkic correspond au style de jeu que veut mettre en place Will Hardy. Mais Ace Bailey est un joueur qui a montré de belles choses dans le playmaking défensif. Avec lui et Jaren Jackson, la défense sera un peu plus compétente et l’équilibre de l’équipe sera meilleur. Mis à part ce petit débat, le reste du 5 est évident. Laura Markkanen est indéboulonnable, Keyonte George est la nouvelle star puis Darry Peterson a été choisi très haut et est un prospect offensif merveilleux selon les scoots. Cela annonce de belles choses !
Ace Bailey ou Jusuf Nurkic, celui qui ne sera pas titulaire aura un rôle considérable en sortie de banc et fera office de 6th Man. Ensuite, Isaiah Collier avec son profil de meneur passeur sera la rotation principale sur les postes 1 et 2. Capable de jouer avec les deux titulaires (sur le papier) il sera là pour assurer la création collective car il n’a pas les capacités pour scorer lui-même. Kyle Filipowski sur les postes intérieurs et Brice Sensabaugh sur les extérieurs auront pour mission d’apporter du spacing tandis que Jaxson Hayes et Mo Bamba apporteront de la taille au poste 5. Enfin, Josh Okogie sera un défenseur du point d’attaque et si quelques shoots ici ou là peuvent rentrer, ce ne sera pas de refus pour cette équipe. Cela donne diverses options au coach pour gagner des matchs.
La saison de l’éclosion est arrivée pour Keyonte George ! Une production numérique qui grimpe en flèche, une belle efficacit : le guard a passé un cap et est la première star à émerger chez tous les joueurs draftés par Utah ces dernières années. Désormais, il faudra confirmer car le Jazz sera ambitieux. Surtout, un prospect d’excellent niveau arrive et il faudra partager les ballons. L’an dernier, on a vu un joueur être régulièrement assisté pour ses tirs, qui a su provoquer des fautes et aller sur la ligne, il faudra continuer ainsi. Défensivement, le steal percentage s’améliore un peu. Avec ses 190 centimètres, il faudra faire les efforts pour que Utah progresse et enfin devenir une équipe respectable de ce côté du terrain. Mais c’est surtout financièrement que le joueur joue gros. La franchise a sorti le chéquier pour le prolonger sur le long terme. Les ambitions seront hautes du côté de Salt Lake City et cela passera obligatoirement par un Keyonte George d'excellent niveau. Sa mission ? Continuer sa progression et devenir All Star.
Le franchise playser est enfin là ? Darryn Peterson sera-t-il la tête de proue du projet du Jazz ? Utah l’espère. Prospect très attendu, le talent offensif du joueur ne fait pas vraiment débat et beaucoup l’attendaient comme first pick de la Draft. Possiblement pour une question de fit, les Wizards ont fait l’impasse sur lui. Une aubaine pour Salt Lake City, qui récupère ce prodige. Lui, Keyonte George et Ace Bailey sont dans la même timeline et il semble être le plus coté du trio au moment où il se fait drafter. Les dirigeants attendaient leur superstar après la fin de l’ère Donovan Mitchell/Rudy Gobert, elle est peut-être enfin arrivée…
Beaucoup plus de talent que précédemment : Utah jouera enfin une saison pour gagner ! On vient de parler de Darryn Peterson mais on peut également considérer Jaren Jackson Jr comme une recrue tant on ne l’a pas vu des tonnes pour le maillot du Jazz après son arrivée à la deadline. Parmi les tous meilleurs défenseurs de NBA, JJJ a également beaucoup progressé en attaque ces dernières années et Will Hardy devrait exploiter son talent de très bonne manière. Lauri Markkanen et Jusuf Nurkic sont toujours présents et les jeunes qui sont restés progressent. Le talent est enfin présent à Salt Lake City.
Une attaque qui devrait faire des merveilles : C’est pour ce côté du terrain que les gens adorent Will Hardy. Depuis qu’il a pris les rênes du Jazz, le coach fait des merveilles offensivement avec des effectifs pourtant limités. Même ces deux dernières saisons, où l'équipe a plus tanké, l’équipe n’a jamais fini dans les cinq pires attaques de la ligue. Mieux encore, elle avait des points forts : le rebond offensif et la provocation de lancers francs. Il n’y avait pas le talent pour mettre les tirs (un problème au basket) mais le technicien était salué pour ses schémas et sa créativité. Avec Keyonte George qui a passé un cap, les arrivées de Darryn Peterson ou Jaren Jackson Jr et les vétérans encore en place, Utah peut viser le top 10 des meilleures attaques de NBA l’an prochain. Si la franchise de Salt Lake City veut être ambitieuse, elle n’a pas le choix que de briller de ce côté du terrain.
Quid de la défense ? Si Will Hardy est apprécié pour sa capacité à faire tourner des attaques, l’autre côté du terrain nous laisse plus sur notre faim. Et en réalité, ce n’est pas surprenant, car depuis sa prise de fonction, il n’a jamais réellement eu les outils pour construire une équipe fiable de ce côté du terrain. Lauri Markkanen est un mauvais défenseur, Keyonte George n’est pas bon non plus (ou il manque de motivation). Walker Kessler était incroyable mais puisqu’il ne correspondait pas à la philosophie offensive, le temps de jeu était réduit. Cette saison, on attend du changement. Jaren Jackson Jr est un joueur de calibre All Defensive et DPOY, Ace Bailey a montré une belle intelligence de jeu, les jeunes guards devront être un peu plus impliqués et des joueurs comme Josh Okogie sont arrivés. Ce ne sera pas élite, mais il faudra au minimum une équipe moyenne de ce côté du terrain pour passer un cap.
Des manques à l'intérieur : C’est probablement le secteur où le Jazz est le plus faible. Entre Jusuf Nurkin, Jaxson Hayes et Mo Bamba, on ne peut pas dire que les pivots nous rassurent. Jaren Jackson est une valeur sûre, comme Lauri Markkanen s’il joue 4, mais sinon, on arrive rapidement sur des role players. Défensivement, ils n’apportent pas grand-chose et offensivement, l’ancien des Blazers s’est fait une place grâce à ses qualités techniques. Mais le niveau est tout de même limité. Si Utah doit se renforcer, se sera inévitable au poste 5. Domantas Sabonis, Alperen Sengun, Isaiah Hartenstein, etc… Les profils rêvés existent en NBA mais ils seront soient chers, soient inatteignables. Le Front Office devra être ingénieux pour passer un cap.
Quelle concurrence ? Le Jazz va progresser, cela semble évident, mais il y a quelque chose que l’équipe ne contrôle pas, c’est le niveau de la concurrence. Kings et Grizzlies seront certainement en opération tanking du début à la fin de la saison, tandis que les Pels seront compétitifs (sur le papier) mais rapidement limité par le talent. Puis vient un groupe considérable, composé de Utah, des Warriors, des Clippers, des Mavs, des Blazers et des Suns. Toutes ces équipes ont des qualités et des atouts pour filer en Playoffs via le play-in… Mais il y a aussi des incertitudes sur le niveau de talent, le projet et les ambitions réelles, ainsi que des craintes sur le niveau physique de certains joueurs. Par conséquent, très difficile de savoir si le Jazz pourra surpasser tout ce wagon car la franchise ne maîtrise pas tous les aléas d’une régulière. Si les choses vont dans le bon sens, l’équipe pourra finir dans le top 10 de l’Ouest.
Après une saison à 22 victoires en 2025-26, on peut dire sans trembler que le Jazz va beaucoup plus gagner, sauf catastrophe et des absences pour les cadres. Mais si l’on regarde cette équipe, le coach et la philosophie offensive, on peut être optimiste et se dire que l’attaque va passer un vrai cap. Selon nous, Utah sera au play-in. Plusieurs franchises vont tanker, d’autres ont des effectifs déséquilibrés et qui manquent de talent puis il y a de l’incertitude autour du physique de quelques joueurs du côté des Warriors ou des Mavs. Mis bout à bout, tous les éléments nous font dire que la franchise de Salt Lake City va bien progresser et être une des surprises de la saison.