Jimmy Butler est-il cuit ? Le pari de plus en plus risqué des Warriors

Jimmy Butler est-il cuit ? Le pari de plus en plus risqué des Warriors

La rédaction 3/10/2026 à 09h00
Jimmy Butler - Golden State Warriors

À 37 ans, Jimmy Butler sort d'une rupture du ligament croisé antérieur et s'apprête à entamer une nouvelle saison sans véritable certitude sur sa capacité à retrouver son niveau. Alors, le ''Playoff Jimmy'' est-il encore quelque part en lui, ou les Warriors doivent-ils désormais accepter que leur pari sur l'ancien All-Star comporte une part de risque considérable ?

Il y a quelques années encore, poser la question aurait presque semblé provocateur. Jimmy Butler était justement le joueur que l'on voulait avoir lorsque la saison régulière cessait d'avoir de l'importance. Celui qui pouvait ralentir un match, provoquer des fautes, défendre sur plusieurs postes, prendre le contrôle d'une fin de rencontre et transformer une équipe moyenne en prétendante crédible. Mais le calendrier finit toujours par présenter la facture. Et aujourd'hui, Butler a 37 ans. Surtout, il revient d'une blessure qui n'a rien d'anodin : une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit, survenue en janvier dernier contre Miami. L'opération a été réalisée en février et a évidemment mis un terme à sa saison.

 

Les chiffres ne racontaient pourtant pas l'histoire d'un joueur fini

 

Le plus intéressant, c'est que les statistiques de Butler avant sa blessure ne correspondaient absolument pas à celles d'un vétéran en bout de course. En 38 matchs avec Golden State, il tournait à 20 points, 5.6 rebonds, 4.9 passes et 1.5 interception, en 31.1 minutes. Et surtout, son efficacité restait intéressante. Quelques jours avant sa blessure, Butler avait encore inscrit 32 points contre les Knicks, avant de compiler 17 points en seulement 21 minutes face à Miami lors du match où son genou a lâché. Autrement dit, il n'était pas en train de traverser une saison statistiquement catastrophique. Le problème est ailleurs.

 

Le corps peut-il encore suivre le cerveau ?

 

C'est probablement la vraie question. Le jeu de Butler n'a jamais reposé uniquement sur son explosivité. Son intelligence, son utilisation du corps, son sens du timing et sa capacité à provoquer des fautes ont toujours constitué une partie essentielle de sa valeur. Mais il existe une différence entre perdre un peu d'explosivité à 30 ans et revenir d'un LCA à 37 ans. La marge d'erreur est beaucoup plus faible.

 

Un joueur de cet âge peut encore être extrêmement performant, mais il ne peut plus forcément compenser une baisse physique par une progression athlétique ou par plusieurs saisons devant lui pour retrouver ses sensations. Et Butler doit désormais reconstruire une confiance totale dans son genou.

 

Les Warriors refusent pourtant de tirer des conclusions trop vite

 

Golden State n'a évidemment aucun intérêt à enterrer son joueur. Les dernières nouvelles concernant sa rééducation sont plutôt encourageantes. En septembre, des informations faisaient état d'une bonne progression et d'un renforcement du genou, même si Butler reste encore éloigné d'un retour à la compétition. La prudence reste donc de mise. Et c'est logique.

 

Après une rupture du LCA, le véritable test ne sera pas de savoir si Butler peut courir. Il faudra savoir s'il peut changer de direction, absorber les contacts, défendre sur un ailier plus jeune, attaquer le cercle, finir avec un défenseur sur le dos et surtout enchaîner ces actions pendant 30 minutes, plusieurs fois par semaine. C'est là que commencera réellement la réponse à la question.

 

Le précédent de Derrick Rose rappelle qu'un joueur peut changer

 

L'histoire de la NBA regorge de joueurs revenus de blessures graves sans retrouver exactement leur version précédente. Mais cela ne signifie pas nécessairement qu'ils deviennent inutiles. Le véritable enjeu pour Butler pourrait être de réussir sa transformation.

 

Peut-être que le Butler de demain ne sera plus celui qui attaque systématiquement le cercle et cherche le contact sur chaque possession. Peut-être devra-t-il davantage jouer sur son playmaking, son placement, son expérience et sa capacité à créer des avantages plutôt que sur sa puissance physique. Et, dans ce domaine, il possède encore un arsenal considérable.

 

Le problème pour Golden State : le calendrier de Stephen Curry

 

C'est probablement ici que la situation devient particulièrement délicate pour les Warriors. Golden State a fait venir Butler précisément pour accompagner Stephen Curry dans la dernière partie de sa carrière. Lorsque Butler était disponible, l'association avait du sens : Curry pour le tir et la gravité offensive, Butler pour la création, les fautes provoquées, la défense et les possessions difficiles. Mais la blessure a changé l'équation.

 

Golden State a terminé la saison 2025-26 avec un bilan de 37-45 et a dû passer par le play-in, alors que Butler était absent pour la fin de l'exercice. Le temps, lui, continue de tourner. C'est ce qui rend le retour de Butler si important : les Warriors ne peuvent pas simplement attendre deux ou trois ans pour voir s'il retrouve son meilleur niveau.

 

Alors, Jimmy Butler est-il « cuit » ?

 

Il est beaucoup trop tôt pour l'affirmer. Ses dernières performances avant la blessure montrent même l'inverse : Butler produisait encore à un niveau statistique élevé lorsqu'il s'est blessé. Mais dire qu'il sera automatiquement le même joueur après son retour serait tout aussi hasardeux.

 

À 37 ans, après un LCA, la question n'est plus vraiment de savoir si Jimmy Butler possède encore du basket dans les jambes. Il en possède. La question est de savoir combien de son ancien physique il pourra récupérer, et surtout comment il adaptera son jeu à ce nouveau corps. C'est là que se jouera la suite.

 

Le scénario optimiste est celui d'un Butler moins explosif mais toujours capable de contrôler une rencontre par son intelligence, sa défense, sa capacité à provoquer des lancers francs et son playmaking. Le scénario inverse est évidemment celui d'un joueur qui ne retrouve jamais totalement sa mobilité et dont l'impact défensif et la capacité à attaquer le cercle diminuent fortement. Entre les deux, une multitude de scénarios existent.

 

Et c'est précisément ce qui rend le dossier Jimmy Butler aussi fascinant. Non, Jimmy Butler n'est pas encore « cuit ». Mais pour la première fois de sa carrière, il existe une vraie question autour de la capacité de son corps à continuer de supporter le joueur qu'il veut être. Et pour les Warriors, cette réponse pourrait conditionner toute la fin de l'ère Stephen Curry.