Charlotte Hornets 2026-2027 : peuvent-ils de nouveau créer la surprise ?

Charlotte Hornets 2026-2027 : peuvent-ils de nouveau créer la surprise ?

Aurélien Annecca 25/9/2026 à 12h00
Charlotte Hornets - Kon Knueppel - LaMelo Ball - Brandon Miller - Naz Reid - Moussa Diabate
Crédit photo : Brian Westerholt-Imagn Images

Après une magnifique régulière, portée par une deuxième partie de saison incroyable, les Hornets ont fait un choix osé : reculer, en transférant LaMelo Ball, pour mieux avancer. Un énorme pari, mais qui fait sens.

  • la saison 2025-2026

 

Quelle saison des Hornets ! Charlotte a gagné le coeur de nombreux fans grâce à une attaque assez incroyable et une dynamique totalement folle à l’approche des Playoffs. Et pourtant, rien ne présageait cela. Rappelez-vous, le début d’année fut difficile : LaMelo Ball s’est rapidement blessé, des rumeurs d’envie de départ ont émergé et l’équipe était en 7-18, bien partie pour une nouvelle saison de tanking. Puis tout a changé : la franchise a terminé en 44-38, signe d’une progression phénoménale ! L’attaque a fini top 5 de NBA, la défense était proche du top 10, pour un net rating positif de 5 points, le huitième meilleur de la ligue. C’est de loin la meilleure équipe qui n’a pas participé aux Playoffs. C’est le gros point noir de la saison : l’équipe a fait une régulière géniale en 2026 mais n’a pas réussi à passer ce cap, s’écroulant face au Magic en play-in. Comment expliquer cette attaque de feu ? Premièrement, un excellent choix à la Draft avec Kon Knueppel : 18 points de moyenne, une réussite à 3 points démentielle et une course au ROY extrêmement serré. Le shooteur a été fortement mis en valeur par LaMelo, le coeur de cette attaque malgré son inefficacité : c’est de lui que tout partait. Brandon Miller confirme que c’était un excellent choix. Très bon shooteur, capable en défense et avec un passing qui progresse. A l’intérieur, Moussa Diabaté s’est imposé et démontre que c’est un titulaire NBA. Une intensité folle, un défenseur utile en switch, un des meilleurs rebondeurs offensifs de la ligue et capable de jouer en short roll. Sion James et Ryan Kalkbrenner, des seconds tours de Draft ont également pu se montrer et gagner une place dans la rotation, Grant Williams est un vétéran solide… Au final, c’est un groupe solide et profond qu’avait Charles Lee, qui a su parfaitement manier cet effectif. Tout n’était pas parfait, mais la progression est géniale. La théorie voudrait qu’on reprenne cette base pour avancer… N’est-ce pas ?

 

  • les mouvements de l'intersaison

 

Draft : Christian Anderson, Hannes Steinbach
Arrivées : Grayson Allen, Royce O’Neale, Dennis Schroder, Naz Reid, Buddy Hield
Départs : LaMelo Ball, Miles Bridges, Josh Green

 

Les Hornets ont animé l’intersaison NBA et personne ne s'attendait à cela : LaMelo Ball a été transféré ! Ce fut l’un des transferts surprises, que personne n’avait vu venir. En échange, Charlotte a récupéré Naz Reid, des picks de Draft et a refourgué Josh Green dans le deal. Le Front Office a choisi de capitaliser sur sa belle saison pour se débarrasser de son gros contrat et améliorer leur flexibilité. C’était d’ailleurs l’objectif de l’été : Miles Bridges est parti quelques semaines plus tard, en échange de Grayson Allen et Royce O’Neale, ainsi qu’un choix de Draft. Ainsi, Charlotte semble opté pour un choix clair : développer les jeunes et conserver une identité claire. Christian Anderson et Hannes Steinbach (meneur et intérieur) ont été draftés, des joueurs faits pour ce système de jeu sont arrivés, et quitte à ne pas gagner le titre, autant faire le ménage dans les finances et l’effectif. Le choix est discutable mais compréhensible.

 

  • l'effectif 

 

Point Guard : Coby White / Christian Anderson / Dennis Schroder
Shooting Guard : Kon Knueppel / Grayson Allen / Sion James / Buddy Hield
Small Forward : Brandon Miller / Royce O’Neale / Liam McNeeley / Pat Connaughton
Power Forward : Naz Reid / Grant Williams / Tidjane Salaun / PJ Hall
Center : Moussa Diabaté / Ryan Kalkbrenner 

 

Après les mouvements de l’été, la profondeur de cette équipe est assez impressionnante. Sans compter les rookies qui doivent faire leurs preuves, il y a au moins 10 joueurs déjà prêts à contribuer de manière régulière en NBA ! Le talent pur est peut-être moins évident avec les départs de LaMelo Ball et Miles Bridges, mais Charles Lee a tout ce qu’il faut pour faire tourner cette équipe. Avec Naz Reid, Grayson Allen ou Royce O’Neale, le coach a récupéré des joueurs capables de défendre, qui shootent à 3 points et avec réussite. L’an dernier, les Hornets prennaient un tir sur deux derrière l’arc ! A n’en pas douter, cette équipe sera encore divertissante et talentueuse.

 

  • le 5 majeur 

 

PG : Coby White
SG : Kon Knueppel
SF : Brandon Miller
PF : Naz Reid
C : Moussa Diabaté

 

Avec LaMelo Ball et Miles Bridges partis, deux joueurs devraient bénéficier d’un nouveau rôle : Coby White et Naz Reid. Le premier est arrivé à la trade deadline et a prolongé rapidement après le départ du meneur. Ainsi, il deviendra titulaire et se partagera la création avec Kon Knueppel et Brandon Miller. Quant à Naz Reid, il aura l’opportunité de faire ses preuves comme titulaire. Excellent 6th Man chez les Wolves, l’intérieur apporte une menace de spacing supplémentaire, offrant encore plus d’espaces aux petits de cette équipe pour attaquer le cercle. L’attaque fait envie. En revanche, défensivement, c'est peut-être plus friable.

 

  • le banc 

 

Si le 5 peut avoir des défauts défensivement, le banc compensera largement. Royce O’Neal, Grayson Allen, Grant Williams… De la ligne arrière jusqu’aux ailes, Charles Lee aura de quoi s’ajuster. D’autant plus que ces éléments ne vont pas nuire au spacing : c’est le jackpot pour le coach. En plus, les sophomore Sion James et Ryan Kalkbrenner auront une carte à jouer. Le premier est un défenseur du point d’attaque très intéressant. S’il continue à rentrer ses tirs, il sera dans la rotation. Le second était déjà l’un des meilleurs protecteurs de cercle de NBA (statistiquement) l’an dernier. Offensivement, il apporte une menace sur pick and roll et il prendra aussi des rebonds. Enfin, les jeunes rookies devront se battre pour avoir du temps de jeu, tandis que ce sera peut-être la dernière chance de Tidjane Salaün pour se faire une place en NBA.

 

  • le joueur à suivre : kon knueppel

 

Cette saison de Kon Knueppel va être des plus intéressantes à suivre ! LaMelo Ball est parti, cela va distribuer des tickets shoots à d'autres éléments. Surtout, cela signifie qu'il va falloir assumer plus de création pour soi et les autres. Et au vu de sa saison rookie historique, l'arrière va être responsabilisé. L'an dernier, il a eu un usage rate de 22% et une utilisation comme poseur d'écran et de finisseur. Et à ce jeu, il fut génial. Quasiment 10% plus efficace que la moyenne NBA, 18 points de moyenne et 42% à 3 points en prenant huit tirs derrière l'arc ! Désormais, il lui sera demandé de poursuivre ainsi niveau réussite mais avec plus de volume et de création. Cela va définir le futur du joueur mais aussi des Hornets : est-il le futur Klay Thompson ou le futur Stephen Curry ? Les promesses de la saison rookie sont fabuleuses et hâte de voir s'il pourra faire concurrence à Cooper Flagg pour le titre de meilleur joueur de sa cuvée de Draft. 

 

  • les plus 

 

Une profondeur très intéressante : C'est peut-être le plus gros point fort de cette équipe. Charlee Lee dispose d'un effectif limité en termes de talent (et encore) mais par contre avec du talent à toutes les lignes et assez loin dans sa profondeur. Grayson Allen, Royce O'Neale ou Grant Williams sont des role players compétents et qui performeraient dans des équipes compétitives. Sion James et Ryan Kalkbrenner ont montré de beaux flashs lors de leur saison rookie. Ces éléments ajoutés au 5 majeur permettent d'avoir déjà 10 éléments talentueux sous contrat. Il y a encore des jeunes un peu plus loin dans la rotation, d'autres vétérans, ce qui offre une multitude d'options.

Une identité de jeu claire : Autre point positif chez les Hornets, on sait comment ils vont jouer. Cette équipe va baser son jeu sur les petits, faire pas mal d'écran, canarder à 3 points, et certainement avec réussite, mais aussi se battre au rebond offensif. De l'autre côté, ça va beaucoup switcher avec ces titulaires, parfois jouer en drop quand Kalkbrenner sera sur le terrain. Aucune surprise de ce côté : l'équipe a performé de cette façon l'an dernier, il n'y a pas de raison pour changer d'identité.

Une flexibilité folle : On en a parlé dans la profondeur, il y a un nombre de joueurs compétents assez considérable dans cette effectif. Mais ce qui est positif, c'est qu'ils ne sont pas chers et sous contrat pour quelques années pour les plus importants. Avec le départ de LaMelo Ball, il n'y a personne au max et Coby White est l'élément le plus onéreux. Ces mouvements ont offert des choix de valeur à cette franchise pour les années à venir, mais les dirigeants ont également une trade exception à plus de 40 millions de dollars. De quoi être serein pour l'avenir.

 

  • les moins 

 

Quelle attaque sans LaMelo ? C'est la grosse interrogation de la saison des Hornets. Mais c'est aussi ce qui risque de les plafonner. LaMelo Ball fut le catalyseur de cette attaque incroyable la saison dernière. Sans lui, Charlotte était beaucoup moins efficace offensivement et c'est normal. C'est un meneur-passeur génial et il créait des différences à lui-seul. Sans compter que malgré ses choix douteux sur sa sélection de tirs, il était dans la moyenne NBA en termes de réussite à 3 points. Qu'il s'agisse de Kon Knueppel, Brandon Miller ou Coby White, il va falloir passer un cap à la création pour compenser l'absence de l'ancien All Star. 

Qui pour faire les différences ? Le collectif Hornets intrigue beaucoup et peut proposer des choses collectives séduisantes, on attend de voir qui va passer un cap individuellement. Déjà que LaMelo Ball n'était pas un joueur capable de faire des différences tout seul, on se demande qui peut le faire. Kon Knueppel est un candidat naturel, tout comme Brandon Miller. Rien ne dit qu'ils en auront la compétence mais Charlotte les laissera faire et tant pis s'ils font des erreurs, cela fait partie de l'apprentissage. 

Condamnés au ventre mou ? Malgré des ratings impressionnants l'an dernier, les Hornets étaient à peine en positif, la faute à un début de saison calamiteux. Avec le départ de LaMelo Ball, il y a des incertitudes sur le niveau de cette équipe. Mais surtout, la conférence Est s'est bien renforcée et le niveau sera élevé. Même dans la division de Charlotte, il y a les Wizards avec Anthony Davis, Trae Young et les jeunes, les franchises de Floride qui doivent gagner et les Hawks qui veulent confirmer leur deuxième partie de saison. Est-ce un problème pour les Hornets d'être au mieux en play-in ? Certainement pas puisqu'on repart sur une nouvelle itération. Ce groupe doit encore progresser. 

 

  • bilan prévisionnel

 

Mis bout à bout, tous les éléments indiquent que les Hornets gagneront des matchs et qu'ils resteront un sacré casse-tête à jouer pour beaucoup d'adversaires. Il suffit d'une soirée avec les shoots qui rentrent pour que Charlotte l'emporte. Néanmoins, il manque encore quelques ingrédients pour faire de cette équipe un outsider. Sauf catastrophe au-dessus d'eux, la franchise de Caroline du Nord ne sera pas en play-in et finira entre 34 et 38 victoires. Avec plusieurs picks à disposition, des jeunes et des finances saines, l'équipe pourra surprendre mais à partir de 2027-28.