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Jeremy Lin - L'épopée de la Linsanity

Jeremy Lin - L'épopée de la Linsanity

  
Jeremy Lin - Brooklyn Nets - NBA
Crédit photo : Getty Images

Aujourd'hui, Inside Basket vrous dresse le portrait de Jeremy Lin. De Harvard à Brooklyn, nous allons revenir sur les plus grands moments de la Linsanity.

Son nom vous est forcément familier. Une ascension comme on les aime d'un homme qui a brillé dans tous les domaines. Si je vous dis Harvard, si je vous dis NBA, ça y est, quelqu'un vous vient à l'esprit. Joueur au combien populaire à travers la planète, connaissez-vous vraiment Jeremy Lin ? Portrait d'un non drafté qui a su s'imposer sur le terrain et dans le cœur des fans NBA.

 

  • Le saviez-vous ?

 

Jeremy Lin n'a pas tout de suite voulu intégrer l'université la plus connue au monde. Il avait demandé Stanford ou UCLA, deux grosses écuries NCAA. Exemple récent le plus parlant, Russell Westbrook a joué pour UCLA. Niveau basket insuffisant, Lin rejoint donc la mythique université d'Harvard, où il étudie entre 2006 et 2010 et boucle même son cursus avec un diplôme d'économie. Études amplement réussies pour un amoureux de la balle orange qui, n'a pas été performant que sur les bancs d'Harvard mais aussi sur les parquets avec les Crimson. Crimson, c'est la couleur de l'université, en français ça sonne moins bien, c'est le cramoisi. Pas de NCAA pour les basketteurs d'Harvard mais un championnat inférieur, l'Ivy League.

 

Sur l'ensemble de ses quatre années, le meneur tourne à 12.9 points, 4.3 rebonds, 3.5 passes et 2 interceptions de moyenne avec sa meilleure saison en 2008-2009 : 17.8 points, 5.5 rebonds, 4.3 passes et 2.4 interceptions. En 2010, fraîchement diplômé, Jeremy Lin tente sa chance à la Draft mais n'est pas sélectionné.

 

Pure tradition américaine, quand on réussit, on remercie la structure dans laquelle on s'est construit. L'actuel meneur des Nets a respecté la tradition et a tout récemment versé un million de dollars à Harvard, pour rénover sa salle de basket.

 

 

  • Les débuts discrets en NBA

 

Non drafté, Lin participe à la Summer League avec Dallas et signe un contrat avec les Warriors, son équipe de cœur. 29 matchs pour 9.8 minutes, 2.6 points et 1.4 passes de moyenne et déjà, une distinction, premier joueur issu d'Harvard a foulé les parquets NBA, la grande classe.

 

9 Décembre 2011, les Warriors claquent la porte à Jeremy Lin qui passera les fêtes de Noël tout seul. Au final, le père Noël avait juste un peu de retard, il signe le 27 décembre chez les Knicks de New York qui, grâce à un petit coup de pouce du destin, ont de gros problèmes de blessures au poste de meneur. Des premiers mois mitigés, troisième meneur de l'équipe, il joue peu voire très peu et est envoyé en D-League aux Erie BayHawks, un triple-double lui redonnera sa chance dans la Big Apple.

 

  • Février 2012, le monde découvre Jeremy Lin

 

Février 2012, à 23 ans, Lin se dévoile au grand monde, plus personne ne l’appellera Jeremy Lin, voici Linsanity. Joueur totalement inconnu du grand public, il fait gagner les Knicks face aux New Jersey Nets avec 25 points, 5 rebonds et 7 passes. Lin est fortement soutenu par Carmelo Anthony, influant auprès de Mike D'Antoni. Le coach des Knicks à l'époque décide de réellement lui donner sa chance en le faisant grimper au poste de meneur titulaire, sacré promotion ! Quelques jours à peine après ce début d’éclosion, Linsanity fracasse les portes de la NBA. La cour des grands ; il y met les pieds définitivement avec 38 points face aux Lakers de Kobe Bryant. Il enchaîne face à Toronto avec un game winner, face aux Kings avec 13 passes décisives, face à Dallas avec 28 points, 14 passes, 5 rebonds et 5 interceptions. 109 points lors de ses 4 premières titularisations en NBA, c‘est mieux qu‘Iverson (101), O‘Neal (100) et Jordan (99). Depuis 1977, aucun joueur n'avait enchaîné ses cinq premières titularisations par plus de 20 points et 7 passes de moyenne.

 

La folie autour du meneur prend une ampleur incroyable, on en parle aux quatre coins du globe, il fait la une des journaux papiers et télévisés. Son histoire est adulée, son ascension est fulgurante et est un exemple pour tous.

 

 

  • Qui dit superstar, dit voyages

 

Durant l'intersaison 2012, Houston et New York se bagarrent pour faire signer Lin qui vaut désormais son pesant d'or. Joueur de qualité, il est aussi un gros coup marketing pour la franchise qui le fera venir, son histoire ayant fait le tour du monde. New York ne s'alignera pas sur l'offre de Houston, Lin choisit donc les Rockets pour 3 ans et 25,1 millions. Très souvent dans l'ombre de James Harden, bien connu pour aimer garder le ballon, Linsanity n'a plus autant la côte qu'à New York. Le 10 décembre 2013, James Harden blessé, il réitère sa meilleure performance en carrière avec 38 points dans une défaite face aux Spurs.

 

Le All-Star Game a un nouveau système de vote, c'est le public qui choisit, en ligne, les titulaires du match des étoiles. Lin loupe de peu le privilège d'être All-Star puisque Kobe Bryant et Chris Paul le devancent au scrutin. Pendant ses deux ans au Texas il compile 13 points, 2.8 rebonds et 5.2 passes de moyenne.

 

Changement de franchise pour Lin, en juillet 2014 les Rockets l'envoient à Los Angeles chez les Lakers, contre du cash et des droits sur un joueur européen. Alors depuis deux saisons, le phénomène new-yorkais a beaucoup de mal à confirmer. Juste après son trade au Lakers, il réalise une comédie musicale pour ironiser sur les critiques à son égard.

 

Alors les Lakers depuis quelques temps c'est bien compliqué, Lin est recruté pour être le back-up de Steve Nash. Une équipe déséquilibrée, désorganisée, rien ne va à L.A et la deuxième meilleure franchise de l'histoire finit avant-dernier de conférence... Malgré tout, Lin profite des blessures du vétéran Nash et au bout du compte, garde une feuille de stats correcte avec 11.2 points, 2.6 rebonds et 4.6 passes de moyenne. Revenir dans sa ville natale n'aura pas été complètement négatif, le salaire de Lin sur cette saison était de quasiment 15 millions de dollars. Et petit bonus, le joueur a désormais sa statue de cire chez Madame Thussauds à San Francisco. Mais il l'a déclaré récemment à ESPN, cette saison miteuse à 21 victoires lui avait fait perdre son amour du jeu.

 

Free agent au bout de ce déclin dans la Cité des Anges, le numéro 7 rejoint les Hornets et Charlotte, l'équipe de Nicolas Batum. Il a retrouvé son sport, celui qui l'aimait.

 

Charlotte a été une bouffée d’air frais. J’ai appris tellement de Cliff (Steve Clifford, coach des Hornets, ndlr). On jouait de la bonne façon, en équipe, c’était juste beau. Ça m’a rappelé tout ce que je pensais que le basket était, et je me suis tellement amusé - explique Lin à ESPN.

 

A Charlotte, Lin est le sixième homme des Hornets, une saison à 11.7 points, 3.2 rebonds et 3 passes de moyenne qui ont été l'occasion pour lui de revenir à son meilleure niveau. En playoffs, dans un premier tour très accroché face à Miami (une défaite au match 7), l'ancien étudiant d'Harvard tourne à 12.4 points, 2.3 rebonds, 2.6 passes sur la série.

 

  • Coupe de cheveux remarquées ou remarquables ?

 

Depuis New York, beaucoup de temps s'est écoulé, changement physique avec un joueur plus costaud, Lin arbore aussi depuis son arrivée dans la Buzz City, de nombreuses coupes de cheveux atypiques, finit le temps où c'était Dwight Howard qui gérait la tondeuse. Crête iroquoise, queue de cheval ou encore tresses plaquées, le natif de Los Angeles nous surprend toujours mais c'est ce qui fait aussi sa popularité. Parfois, ça peut même faire mal, demandez à Jerryd Bayless.

 

 

Une communauté de fans qui va bien au-delà des frontières américaines, son histoire a fait rêver partout dans le monde. Son ascension est digne des films hollywoodiens. Avec près de 4 millions de fans sur Facebook, Lin est un des basketteurs les plus populaires au sein de la Ligue et beaucoup continuent de le suivre même si sa folle histoire du côté de Manhattan commence à prendre la poussière, mais la ressortir nous rappelle de bons souvenirs.

 

 

  • Brooklyn : la résurrection ?

 

Il en avait assez de changer d'équipe, dommage pour lui. Agent libre en 2016, il va devoir quitter les Hornets. Retour au bercail, Lin retrouve New York mais sous un nouvel uniforme, celui des Nets de Brooklyn. A 28 ans, le Californien découvre une sixième franchise, mais cette fois-ci on lui a promis les clés du camion. En effet, les Nets en totale reconstruction depuis déjà un moment, ont besoin de stabilité, surtout au poste de meneur. Lin sera donc le patron à son poste, voire plus. Pour son premier match, le Barclays Center l'a vu titiller le deuxième triple-double de sa carrière. Contre les Pacers, le nouveau Net compile 21 points, 9 rebonds et 9 passes, de bonne augure pour la suite. Jeremy Lin a une longue histoire mais elle n'est pas fini, il ne nous a pas encore tout montré. Un gros talent qui va peut-être avoir enfin la liberté de s'exprimer pleinement.

 

Crédit photo : Kyle Terada-US PRESSWIRE (via bustingbrackets.com), USA TODAY

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