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James Harden/Chris Paul : ça peut marcher ?

James Harden/Chris Paul : ça peut marcher ?

  

Les nombreuses rumeurs autour de Chris Paul, free agent, l'envoient régulièrement du côté des Rockets, qui en auraient fait leur priorité. Les deux joueurs pourraient-ils vraiment jouer ensemble ?

Les Rockets sont déterminés à signer Chris Paul lors de la prochaine free agency. Leur masse salariale est élevée mais ils ont mis plusieurs de leurs joueurs sur le marché des transferts afin de libérer de l'argent. Ainsi, Ryan Anderson, Patrick Beverley ou Lou Williams sont susceptibles de partir contre une bouchée de pain. Dans cette hypothèse, le meneur de jeu des Clippers pourrait signer avec la franchise texane, qui souhaite constituer le meilleur backourt de la NBA. Son entente est-elle susceptible de fonctionner aux côtés de James Harden

 

  • Un scoreur et un meneur

 

Les deux joueurs sont efficaces sur des zones similaires du terrain. Ils tournent tout deux à plus de 55% de réussite près du cercle même si James Harden termine bien plus souvent près du panier que Chris Paul (34.7% contre 11.8% des tirs pris). Cette différence dans la sélection des tirs est intéressante pour une éventuelle association.

 

Alors que James Harden a tendance à tirer à trois-points ou termine en pénétration avec des lay-ups (plus ou moins compliqués), la sélection de tirs de Chris Paul est différente. Il shoote bien plus souvent à mi-distance qu'Harden (25% contre 5% des tirs pris) avec une belle efficacité dans cette zone de tir. De manière générale, Chris Paul est plus adroit que James Harden (47.6% contre 44.0% aux tirs). Cela s'explique par le fait que Chris Paul est avant tout un joueur collectif qui fait tourner la balle. Il possède un côté altruiste que n'a pas James Harden, scoreur dans l'âme. Ce dernier prend plus de tirs en première intention derrière la ligne à trois-points pour une réussite assez mitigée. Il va plus souvent sur la ligne des lancers-francs afin d'obtenir des points faciles. Leur volume de shoot n'est pas le même (19 tirs contre 13 pour le meneur de Los Angeles). C'est avant tout une question de profil, mais également de responsabilités. 

 

Pèse sur les épaules du barbu l'entière responsabilité de la création offensive de son équipe : les Houston Rockets. Tous les ballons passent par lui depuis que Mike D'Antoni en a fait son meneur de jeu attitré. Même s'il est le meilleur passeur de la NBA (11.2 passes décisives par match), son ratio passe décisive/ballons perdus est particulièrement faible (1.96). Même s'il délivre beaucoup de passes, notamment sur du jeu en transition ou pour des tirs à trois-points, il balance de nombreux ballons dans les tribunes (une explication de sa prétendue décontraction sur le terrain). Cela s'explique par les défenses resserrées autour de lui car il est clairement identifié par ses adversaires comme le seul joueur capable de créer au sein de son équipe. James Harden est surtout l'un des plus gros talents offensifs de la NBA comme l'atteste ses 29.1 points par match. Il possède un arsenal supérieur à celui de Chris Paul. C'est avant tout une question de mentalité. En défense, le meneur de jeu des Clippers lui est bien supérieur même si James Harden assure plus régulièrement les minimas.  

 

Chris Paul était secondé par Blake Griffin lorsque ce dernier n'était pas blessé. L'ailier-fort possède un jeu de passe très intéressant et leur duo fonctionnait bien avec un relatif partage du ballon. La capacité à scorer de Griffin inquiète les défenses et laisse des espaces à ses coéquipiers. Il a la charge d'une grande partie de la création. Le système de jeu mis en place par Doc Rivers (même s'il est loin d'être parfait) lui offre des garanties pour trouver le partenaire démarqué. Chris Paul est un meneur de jeu naturel dont la nature est de passer plutôt que de scorer. Comme chaque année, il possède un ratio passe décisive/ballons perdus impressionnant (3.83). L'association entre les deux semblerait pouvoir fonctionner car ils présentent un profil différent. James Harden peut créer son propre tir mais également pour les autres tandis que Chris Paul crée pour les autres plutôt que pour lui. Pour autant, il existe quelques limites. 

 

  • Une peur chronique des playoffs

 

Sur le papier, posséder un backourt composé de Chris Paul et James Harden est attrayant mais ce n'est pas une garantie pour aller loin en playoffs. Mike D'Antoni serait obligé de revoir un système de jeu dans lequel le meneur de jeu est le seul dépositaire de l'ensemble du système offensif de l'équipe. L'arrière (celui qui n'a pas la charge de la création) a notamment vocation à inscrire les tirs ouverts. Compliqué quand on sait que James Harden n'est jamais meilleur que lorsqu'il a le ballon dans les mains. Dans le même temps, les deux joueurs sont adaptés pour pouvoir occuper le rôle de meneur sur jeu rapide.

 

Dans un système placé, Chris Paul, comme Steve Nash avant lui, possède une justesse et un QI basket que n'a pas James Harden. Si des systèmes sont mis en place pour démarquer l'actuel joueur des Rockets, il pourrait être une menace encore plus grande. Mais, jouer sans ballon n'est pas dans la nature de celui-ci. Il s'agit d'un de ses plus gros axes de prorès. Chris Paul est un très fort joueur lorsqu'il a le ballon dans les mains, notamment pour créer pour les autres. Lui aussi devra apprendre à partager ce poste de meneur en laissant le ballon sur de nombreuses possessions à James Harden afin de satisfaire les égos de chacun. Ce partage de la gonfle entre les deux joueurs pourrait être très compliqué. 

 

Le problème de ces deux joueurs est leur faculté à aller loin en postseason. Ni l'un, ni l'autre n'ont livré des campagnes éblouissantes de playoffs. Au contraire... James Harden voit ses démons ressurgir lors de ses matchs. Il cherche à prendre tous les tirs quitte à faire de nombreux mauvais choix. Entre tirs compliqués et passes mal ajustées, la défense des Spurs a montré tous les défauts de l'ancien d'OKC, pas un "vrai" meneur malgré toutes ses qualités.

 

Chris Paul a le défaut de se cacher et de ne pas prendre toutes ses responsabilités. Durant les quatrièmes quart-temps, il ne prend pas tous ses tirs ouverts. Son septième match contre Utah fut catastrophique. La fatigue accumulée n'est pas la seule excuse. Il semble souffrir d'une vraie peur à l'approche des joutes âpres et disputées. Il est plus facile de rentrer dans la tête de Chris Paul lors des matchs couperets.

 

Si les deux joueurs venaient à être réunis, seul leur campagne de playoffs sera analysée. C'est à ce moment que l'on juge les grands joueurs et non en saison régulière. Actuellement, l'image de très bons joueurs de saison régulière leur colle à la peau. Leur association pourrait leur permettre de s'en détacher. A eux de passer outre les nombreuses critiques à leur égard.

 

Si les Rockets venaient à recruter Chris Paul, ce ne serait pas à ce dernier de laisser ses responsabilités, notamment avec un coach comme Mike D'Antoi, mais à James Harden. Il est connu que le barbu aime à être le franchise player et qu'il possède une personnalité forte, tout comme Chris Paul. S'il est prêt à partager les responsabilités, ce serait une vraie évolution pour lui car il devra changer, en partie, son style de jeu, tout comme pour son équipe, qui serait alors un vrai contender pour aller en playoffs. Chris Paul devra également apprendre à jouer sans ballon. Vrais stars, les deux joueurs pourraient former le meilleur backourt de la NBA s'ils étaient associés. Le challenge pourrait attirer Chris Paul, free agent déclaré, à la recherche d'un titre depuis plusieurs saisons. Cela dépend en grande partie de lui.

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