Pourtant, Tobias Harris et sa famille ont un plan bien clair et défini depuis moins d’1 an. Le clan clame à qui veut l’entendre une envie, une détermination d’obtenir un contrat max lors de l’été 2019. Actuellement, l’ailier des Sixers touche ‘’seulement’’ 16 millions de dollars par an et ses dernières bonnes saisons lui font revoir ses émoluments à la hausse. C’est la raison pour laquelle l’été dernier, il a refusé une extension de contrat prématurée chez les Clippers de 80 millions sur 4 ans. Il estime mériter mieux. Ce refus d’extension avec la meilleure équipe de Los Angeles aura été un choix décisif. Mal vu également, ce qui peut expliquer le transfert qu’il a subi quelques mois plus tard lorsque les Clippers ont fait le choix de l’envoyer sur la côte Est. Mais à Philadelphie, la concurrence est tout autre et le contexte financier l’est également.
Les Sixers ont 67 millions de salaires assurés pour la saison 2019/2020, ce qui leur laisse une belle flexibilité et environ 40 millions en banque à dépenser comme bon leur semble. Problème, ils ne possèdent que 5 joueurs de signés dans ce cap. Tobias Harris et Jimmy Butler vont demander beaucoup d’argent, et dans la ville de l’amour fraternel, les role players voudront également leur part du gâteau à l’heure de signer un nouveau contrat. Une situation qui concerne JJ Redick, T.J McConnell, James Ennis, Greg Monroe, Mike Scott, Amir Johnson ou encore Boban Marjanovic. Tout de suite, les 40 millions évoqués semblent être un budget plus serré que prévu. Si l’on tente de se projeter, on peut légitimement penser que Butler sera la priorité numéro 1 des Sixers. De plus, les Sixers pourront lui offrir un contrat plus juteux en ayant récupéré ses droits bird à Minnesota (eux-mêmes récupérés à Chicago), soit 190 millions sur 5 ans et 27 millions dès la première année. Cette possibilité ne laisserait alors que 13 millions de salary cap à Philadelphie. Heureusement, ils disposent des droits bird sur Butler, ainsi que sur Harris, ce qui pourrait leur permettre de dépasser ce cap aisément tout en tentant de prolonger dans le Process un joueur capital comme JJ Redick.
La question qui se pose pour Tobias Harris est donc rapportée au mérité. Les Sixers auront-ils envie d’exploser leur salary cap dans quelques mois et frôler la taxe de luxe pour ce joueur ? A-t-il l’impact nécessaire pour imposer cette contrainte ? Sur la saison régulière, il ne pouvait que donner raison à sa stratégie de l’été 2018. Avec 18 points, 8 rebonds et 3 passes par match, son apport était fidèle aux attentes que son arrivée avait suscitées. Cependant, les playoffs sont bien plus scrutées et décisives dans l’obtention d’un futur contrat (demandez à Bismack Biyombo…). Lors du premier tour face aux Nets, Tobias Harris est resté dans ces mêmes standards. Mais depuis le début de la série si indécise face aux Raptors, son niveau de jeu n’est plus le même.
Sur ses 4 premiers matchs, il tombe à 13 points par match et ses pourcentages inquiètent. Il ne tire qu’à 34% de moyenne (31% à 3 points). Avec des matchs à 14, 9, 13 et 16 points, son apport est donc correct mais insuffisant. On peut aussi lui reprocher son manque d’agressivité puisqu’il n’a tiré que 4 lancers-francs sur la série. En revanche, sa présence dans la raquette est très bonne dans la protection du rebond (10 par match). C’est cependant trop peu, et il est logiquement pointé du doigt lorsque Philadelphie est en échec. Le Game 4 perdu hier soir en est la preuve. Harris a connu un match assez catastrophique en tirant à 7/23, et surtout à 2/13 sur la ligne extérieure. Tristement, il a établi un nouveau record pour sa franchise puisque jamais un joueur de Philadelphie n’avait raté 11 tirs à 3 points lors d’un match de playoffs. Un match compliqué qui rime avec une défaite, tout un symbole. Les Sixers vont avoir besoin que chaque membre de leur impressionnant 5 majeur donne le meilleur de lui-même pour venir à bout de la féroce défense canadienne.
Dans un scénario catastrophe où les Sixers seraient éliminés en demi-finale de conférence avec un Tobias Harris toujours aussi moyen, quelles conséquences un tel échec pourrait-il avoir sur son été ? Pas sûr que Philly lui offre un contrat max s’il ne se montre pas davantage décisif mais plutôt un contrat revu à la baisse aux alentours des 20 millions par an, soit autant que ce que lui avaient offert les Clippers il y a 12 mois. Dans ce cas, Tobias Harris qui sera un agent libre non restreint pourrait être attentif aux offres des autres équipes. Selon The Athletic, quatre équipes seraient particulièrement intéressées par son profil. Il s’agirait des Mavericks, des Nets, des Grizzlies et du Jazz. Tout d’abord, l’option Memphis est la moins probable. La franchise du Tennessee n’a pas le cap nécessaire pour offrir un contrat max à qui que ce soit sans dégraisser au préalable. C’est pourtant là-bas que Harris a évolué en NCAA. En revanche, Dallas, Brooklyn et Utah auront la flexibilité salariale demandée. Les Nets pourrait se tourner vers lui s’ils ne parviennent pas à attirer un agent libre de premier choix. Il en va de même pour les Mavs, où son association à Luka Doncic et Kristaps Porzingis pourrait être intrigante. Enfin, le Jazz reste un outsider malgré le fait que les ailes où ils possèdent Joe Ingles et Jae Crowder ne sera pas le poste prioritaire dans une équipe dépourvue de meneur élite. Affaire à suivre donc tant la fin de ses playoffs pourraient grandement influencer les différents acteurs de ce dossier dans l’intersaison à venir.