Mais avant de se concentrer sur les finales qui débuteront cette nuit, il faut revenir en arrière pour comprendre le mal qui hante Stephen Curry. Tout commence en 2015, lors de la première finale NBA du Chef et de ses Warriors. C’est peut-être lors de cette édition que Curry peut ressentir le plus de regrets. Les Warriors sont champions, et c’est Andre Iguodala qui remporte le trophée de MVP. L’apport de ‘’Iggy’’ a été déterminant, sa titularisation a provoqué les 3 dernières victoires de Golden State consécutivement et sa capacité à limiter l’apport de LeBron James tout en scorant était remarquable. Mais 16 points de moyenne pour un MVP, cela laisse un goût amer. De nombreux fans, ainsi que quelques médias avaient déjà pointé du doigt ce choix étrange à l’époque à l’image du Washington Post qui titrait ‘’Andre Iguodala est le pire MVP de ces 30 dernières années’’. En face, Stephen Curry avait affiché une moyenne de 26 points, 6 passes et 5 rebonds par match à 44% au tir dont 39% à 3 points. Le meneur des Warriors méritait d’être élu MVP des finales cette année-là.
Un mérite bien plus lointain en 2016. On connaît l’histoire par cœur, les Warriors avec 73 victoires sont rattrapés par les Cavaliers de LeBron James en finale NBA après avoir mené 3-1 pour perdre le Game 7 dans les dernières secondes sur une bombe de Kyrie Irving. Cette année-là, Curry avait joué à l’envers et son tir à 3 points complètement raté derrière ‘’The Shot’’ de Irving en est le symbole. En 2017, pour la première année de Kevin Durant dans la Bay Area, le titre revient dans les bras de Curry. Il réalise cette fois de belles finales à 26.8 points de moyenne avec des pourcentages similaires à 2015, mais les 35.2 points de moyenne signés Durant ne laissent aucune chance au Chef. L’an passé, rebelotte, et le trophée retourne dans les mains de Kevin Durant. Pourtant, cette dernière édition peut encore laisser Curry avec des regrets. Son partenaire tentaculaire affiche encore des chiffres impressionnants (28.8 points, 10.8 rebonds, 7.5 passes) mais pas intouchables. En face, Curry tourne à 27.5 points avec 6 rebonds et 6 passes mais doit encore s’incliner. Les chiffres donnent tort à Curry, mais dans le détail on peut penser qu’il était le vrai leader de cette équipe. Son match 3 raté (11 points) fausse la moyenne et le niveau qu’il afficha lors des matchs 1 (29 points), 2 (33 points) et surtout 4 (37 points) qui auraient pu faire basculer la balance en sa faveur.
Mais il n’en est rien et désormais, l’histoire ne peut être réécrite. Stephen Curry doit donc profiter de la nouvelle opportunité que lui offre cette finale 2019 pour enfin réaliser cet exploit. Bien sûr, la priorité sera le résultat collectif et une éventuelle 4ème bague pour ces Warriors, mais le trophée de MVP sera probablement dans un coin de la tête de leur superstar. Questionné à ce propos, Curry évite plus ou moins le sujet et nie toute pression.
Finalement, ce trophée est secondaire par rapport au fait de gagner ou perdre. Cela vient même bien après. Bien sûr, certaines légendes l’ont gagné et d’autres ont fait des choses exceptionnelles en Finale, je ne veux pas minimiser ce trophée. C’est un trophée spécial que tout le monde aimerait avoir, y compris moi. Mais la première chose que je fais, c’est de regarder l’équipe qui a gagné. Comme je dis toujours, je joue pour être le meilleur possible et aider mon équipe, ça ne changera jamais. Je veux la victoire.
Tout en minimisant l’impact qu’a ce trophée sur son mental, il n’oublie pas de rappeler qu’il désigne une gloire immense à ses yeux et nul doute qu’il aimerait rejoindre les plus grandes légendes de notre sport à l’avoir décroché avant lui. De plus, le contexte de ces finales 2019 semble plus que jamais favorable à Stephen Curry. Tout d’abord Kevin Durant, son coéquipier mais rival depuis 2 saison dans cet objectif, manquera le premier match avant de revenir pour le second. Cela laisse donc une petite fenêtre de tir à Curry pour braquer tous les projecteurs sur lui dans le premier match, voir dans les suivants si Durant peine à retrouver la forme. Il faudra aussi surveiller tous les autres titulaires des Warriors, tant cette équipe est un alignement de stars, mais le trophée devrait se jouer entre ces deux-là une fois encore. Sinon, l’outsider sera évidemment du côté des Canadiens avec l’incroyable Kawhi Leonard. Monstrueux contre Philadelphie et Milwaukee, nul doute qu’il voudra finir cette campagne de playoffs 2019 de la meilleure des manières… Alors Stephen Curry aura-t-il les épaules assez larges cette fois ?