Fraîchement élu MVP, le meneur de jeu des Warriors est revenu cette nuit d'une blessure qui n'augurait rien de bon. Souvenons-nous, en cette fin du mois d'avril, alors qu'aucun suspense ne présageait de la série opposant les Warriors aux Rockets, Stephen Curry se tord une première fois la cheville droite. Le meneur sort mais le staff médical précise que ce n'est rien de grave et qu'il reviendra pour le match 4 contre ces mêmes Rockets... Résultat, les observateurs sont inquiets, le certain futur-MVP se tord le genou sur une glissade. Il sort, il est en pleur dans les vestiaires alors que ses équipiers font le travail sur le terrain... Pourtant, tout le monde se demande quelle est l'ampleur de sa blessure et quelle sera son influence sur la suite de ces playoffs ? Il sera absent, c'est une certitude. Mais pour combien de temps ? Le verdict tombe : entorse du genou, au minimum, deux semaines d'arrêt, si ce n'est plus. Cela signifie qu'il sera absent quelques matchs contre l'équipe de Portland. Ses équipiers vont devoir se débrouiller sans lui. Heureusement, on ne bat pas des records d'équipe aussi facilement et ils se mettent au diapason pour compense l'absence du maître à jouer. Pourtant, cette équipe des Warriors est fébrile. Elle est bousculée par des adversaires coriaces, prêts à laisser leur peau sur le terrain. Stephen Curry regarde ça depuis les tribunes. S'enflammant quand il faut s'enflammer, baissant les yeux quand il faut les baisser. Le joueur attend. Son équipe aussi. Il fait des tests en espérant à chacun d'entre eux que les médecins lui laissent le feu vers pour revenir. La bonne nouvelle tarde à arriver. Enfin, il peut s'entraîner. Il revient sur les parquets, fébrile, ne dispute que des entraînements aménagés, avec des deux contre deux et quelques séances de shoots. Tout le monde le redoute. Les playoffs vont être compliqués pour le joueur à son retour. Comment peut-on jouer de la même manière suite à une blessure comme celle-ci ? C'est quasiment impossible... Il retrouve ses marques mais rien ne vaut la réalité du terrain. Steve Kerr annonce son forfait pour le Game 3... Il verra les siens être défaits. Son envie est décuplée. Les médecins le laissent s'entraîner. Cette décision n'a été prise qu'hier. Il joue enfin normalement. Prêt pour faire plier ces inusables adversaires que sont les Portland Trail Blazers. C'est confirmé avant la rencontre, Stephen Curry est de retour. Il débutera le match sur le banc des remplaçants... Décision logique.
Enfin, moment que l'on attendait tous, la star revient. Avec un titre de MVP (son deuxième) en poche ! Normal pour un joueur qui a mené les siens vers la plus meilleure saison de l'histoire, effaçant le record des Bulls de Michael Jordan... Sur le banc, il montre son désarroi durant le premier quart-temps où les siens se font surprendre par le départ canon de Portland. Fébrile, son équipe n'est pas dans le match. Au bout de six minutes, Steve Kerr décide de le faire rentrer. Au début, on le sent pataud, un peu maladroit. Dans le même temps, ses équipiers sont rassurés. Le joueur est là, de retour. Il va au mastic chercher des rebonds, fait circuler la balle. Laisse passer quelques shoots qu'il aurait tenté en temps normal. C'est normal. Après tout, c'est juste un homme qui revient de blessure. Une blessure à la jambe, qui plus est... Qui pouvait s'attendre à ce qu'il enchaîne les tirs comme avant ? Probablement personne... A part lui... Ses équipes aussi, peut-être. Il aura fallu trois quart-temps pour qu'il reprenne du rythme. Trois quart-temps ou il a pris des décisions surprenantes (du moins pour lui !). Ce sont ses équipiers qui ont commencé à lui redonner confiance, en lui posant de bons écrans afin qu'il puisse pénétrer ou tirer. On sentait une équipe retrouvée, du moins dans son âme. Draymond Green a un coeur énorme mais l'âme de cette équipe, c'est bien Stephen Curry. Les observateurs furent surpris de le voir rester autant de temps sur le parquet mais Steve Kerr a toute confiance en son staff médical. A raison. La prolongation est arrachée sur un tir à 3-points de Harrison Barnes, bien servi par le petit magicien, auteur d'une performance correcte jusque là. Pour autant, sa prestation est sans véritable relief.
C'est là que Stephen Curry a repris vie. Au moment où son équipe eut besoin de lui. Moment charnière de la série entre la peur de perdre et l'irrésistible ascension d'une équipe vers le titre. Le joueur a enfilé son costume. Il est redevenu lui-même... On le voit haranguer ses équipiers en défense. Il réclame tous les ballons en attaque. Quel coeur, il a le petit homme au milieu de basketteurs bodybuildés ! Il ne recule pas. Au contraire, il avance. Sa détermination effraie les Trail Blazers. Même ses équipiers n'en reviennent pas. Ils regardent admiratifs, le dernier chef d'oeuvre du petit Mozart.... Que fallait-il faire ? Seulement contempler un génie dans ses oeuvres. Stephen Curry est Dieu, à moins que ce ne soit l'inverse, Dieu est Stephen Curry. Le joueur est grand, son ombre écrase cette belle équipe de Portland, tout comme ses tirs à 3-points assassins. C'est son retour, le vrai. Stephen Curry est toujours le même. Ce gamin au visage de poupon capable de mettre à terre n'importe lequel de ses adversaires. Les joueurs de Portland l'ont compris, la série est perdue depuis son retour. Le joueur s'est même abusé à battre d'impossibles records, celui du nombre de points inscrits dans une prolongation... 17 points dont 15 consécutifs... Impossible n'est pas Curry.
Les Warriors ont repris leur marche vers le titre, guidé par leur messie. Peut-être est-ce le messie et Michael Jordan un simple imposteur ?