Milwaukee Bucks 2026-2027 : c'est (enfin) l'heure de la reconstruction !

Milwaukee Bucks 2026-2027 : c'est (enfin) l'heure de la reconstruction !

Aurélien Annecca 3/10/2026 à 12h00
Milwaukee Bucks - Giannis Antetokounmpo - Tyler Herro - Myles Turner - Kel'El Ware - Kyle Kuzma
Crédit photo : NBA.com

L'ère Giannis Antetokounmpo est parti, les Bucks peuvent repartir sur un nouveau cycle. Des jeunes, des vétérans, des picks à récupérer, le travail s'annonce long du côté de Milwaukee.

  • La saison 2025-2026

 

Il y avait deux scénarios possibles pour les Bucks en 2025/26 : soit Giannis Antetokounmpo domine tout et les role players autour de lui sont au niveau pour créer la surprise, soit la saison de Milwaukee vire au cauchemar. C’est donc la deuxième option qui s’est produite. Seulement 32 victoires, un net rating calamiteux et une ambiance malsaine en interne. Toute la régulière a tourné autour de l’avenir du franchise player. Partira ? Partira pas ? Toutes les semaines, une rumeur sortait dans la presse. De plus, sur le terrain, les Bucks étaient catastrophiques. Sans Giannis, le groupe était très mauvais. Et puisque le Grec n’a joué que 36 matchs, le classement et le niveau des Bucks ne sont pas surprenant. Rares sont les bonnes nouvelles. Parmi elles, l’émergence de Ryan Rollins, la très belle surprise de la saison à la mène. Candidat MIP, le joueur s’est révélé comme un créateur séduisant, un défenseur fiable et un bon shooteur. AJ Green fut de nouveau un 3&D d’excellent niveau et Ousmane Dieng a été récupéré à la trade deadline. Le Français a profité de cette mauvaise équipe pour se montrer et prouver qu’il n’a pas été drafté par le Thunder par accident. A l’inverse, Cam Thomas fut un échec complet : le joueur joua à peine avant de disparaître de la rotation puis de se faire couper. Les vétérans étaient assez médiocres et Myles Turner a fait du Myles Turner : du shoot à 3 points, un peu de protection de cercle mais rien de transcendant. Au final, les Bucks étaient une des pires équipes de NBA et Giannis sauvait les meubles quand il était présent. Malheureusement, la fin du film était évidente…

 

  • Les mouvements de l'intersaison 

 

Draft : Brayden Burries/Nate Ament
Arrivées : Tyler Herro/Jaime Jaquez/Caris LeVert/Kel’El Ware/Kasparas Jakuciunis
Départs : Giannis Antetokounmpo/Gary Harris/Taurean Prince/Bobby Portis

 

Giannis Antetokounmpo n’avait plus qu’un an de contrat et Milwaukee ne pouvait plus dominer… Le départ était inévitable et le Grec file à Miami ! Les Bucks ont réussi à se séparer de Bobby Portis dans le lot et un superbe package de joueurs est arrivé en retour. Tyler Herro, Jaime Jaquez, Kel’El Ware, Kasparas Jakucionis… Un joueur de calibre All Star, des jeunes à développer, des picks de Draft, la franchise du Wisconsin s’en tire plutôt bien. Avec leur pick et celui du Heat, Braydon Burries et Nate Ament sont arrivés. Le premier est considéré comme un jeune fascinant qui aurait déjà pu produire dans une équipe compétitive tandis que le second est le pari complet. Il a des outils intéressants selon les scouts, mais il faut qu’il se développe. Est-ce que Milwaukee est le bon endroit pour cela ? C’est à déterminer. Hormis cela, ce fut des échanges de vétérans avec Caris LeVert qui arrive à la place de Taurean Prince et Gary Harris. Le profil est sympathique mais cela ne changera pas le destin de cette équipe. 

 

  • L'effectif 

 

Point Guard : Ryan Rollins/Jaime Jaquez/Kevin Porter Jr
Shooting Guard : Tyler Herro/Gary Trent Jr/Kasparas Jakuciunis/Brayden Burries
Small Forward : AJ Green/Ousmane Dieng/Caris LeVert
Power Forward : Kyle Kuzma/Nate Ament/Pete Nance/Bogoljub Markovic
Center : Myles Turner/Kel’El Ware/Jericho Sims

 

L’effectif n’est pas génial… mais l’équipe intrigue. La profondeur est assez intéressante, avec quelques joueurs qui sont des projets de développement et des joueurs confirmés. Il y a des porteurs de balle, des excellents shooteurs, des role players qui peuvent intéresser du monde à la trade deadline. Car c’est inévitable, du ménage doit être fait : beaucoup de joueurs se marchent dessus sur les postes extérieurs. 

 

  • Le 5 Majeur

 

PG : Ryan Rollins 
SG : Tyler Herro 
SF : Ousmane Dieng 
PF : Kel'El Ware 
C : Myles Turner 

 

Taylor Jenkins va avoir de gros maux de tête pour constituer un 5 majeur car les postes arrière sont surchargés, les postes intérieurs sont bien fournis… mais Milwaukee manque d’ailiers. Pour démarrer les matchs, de nombreuses hypothèses sont possibles. Selon nous, Tyler Herro et Ryan Rollins sont des évidences sur les postes 1 et 2. A l’intérieur, Myles Turner sera le titulaire et probablement aligné avec Kel’El Ware, qui est possiblement le meilleur jeune à développer pour les Bucks. En plus, ces deux joueurs peuvent s’écarter et shooter de loin. Entre les petits et les grands, il y a une palanquée de joueurs qui pourraient s’insérer mais le choix se porte sur Ousmane Dieng, qui à la taille, les outils physiques et qui a montré de belles choses sur une demi-saison. Ce n’est pas parfait, mais ça joue au basket.

 

  • Le banc 

 

Candidat pour le 6th Man of the Year la saison dernière, Jaime Jaquez devrait avoir un rôle une nouvelle fois considérable comme porteur de balle. Ce serait dans l’intérêt des Bucks pour faire monter sa cote. Les rookies Nate Ament et Brayden Burries furent draftés en sortie de top 10, cela laisse présager que Milwaukee croit un minimum en eux et qu’ils devraient faire partie de la rotation. AJ Green à un profil de 3&D génial et sera utilisé très souvent, parfois même avec du gros temps de jeu. Kasparas Jakucionis aura une grosse concurrence et ce sera difficile d’avoir des minutes. Puis viennent les vétérans : Kevin Porter Jr, Kyle Kuzma et Caris LeVert. Aucun n’a d’avenir à long terme chez les Bucks et le seul objectif de la franchise est d’en tirer le maximum. Ce ne serait pas surprenant qu’en début de régulière ils soient souvent utilisés dans le seul but d’en faire des joueurs transférables et ensuite laisser la place aux plus jeunes. Mais encore une fois, cela ne sera pas simple à gérer pour Taylor Jenkins tant l’effectif n’est pas optimal.

 

  • Le joueur à suivre : Tyler Herro 

 

Beaucoup de joueurs nous donnent envie de suivre cette équipe mais le choix se porte sur Tyler Herro. L’arrière arrive à un tournant de sa carrière. Pour la première fois, il n’est plus à Miami et sera la star de l’équipe : c'est le seul qui fut All Star. En fin de contrat à la fin de la saison, il joue gros. Car son avenir ne devrait pas s’écrire du côté des Bucks. Milwaukee part en reconstruction, lui approche de son prime et avec un contrat finissant : c’est le moment idoine pour capitaliser sur sa valeur et en tirer le maximum. Bon shooteur, propre avec la balle et avec du passing, il fera du bien à bon nombre d’équipes comme deuxième créateur à côté d’un franchise player. 

 

  • Les Plus 

 

Giannis Antetokounmpo est parti : Aussi bizarre que cela soit, le départ de Giannis va faire du bien à cette franchise. C’est la légende absolue et il sera honoré comme il se doit. Sauf que Milwaukee ne pouvait plus gagner car il n’y avait plus de flexibilité et les derniers mois furent compliqués avec toutes les rumeurs et l’ambiance toxique qui régnait chez les Bucks. Avant cette dernière saison, les Bucks ont connu neuf années de Playoffs, et souvent dans la peau d’un favori au titre. Ce qui est énorme. Les dirigeants n’étaient plus en position de force mais ils s’en tirent assez bien : un gros package de joueurs est arrivé, plusieurs picks ont été récupérés et le contrat de Bobby Portis a été bazardé. Désormais, les Bucks peuvent se concentrer sur leur nouveau cycle. 

 

Du talent individuel : L’un des avantages des Bucks pour la saison à venir, c’est qu’il dispose d’un effectif de qualité si l’on prend les individualités. Nous avons parlé de Tyler Herro, qui dispose d’une chance en or pour se montrer et il aura un nombre de ballons considérable entre les mains. Mais ce n’est pas le seul. Au poste 5, un autre joueur doit faire remonter sa cote et il en a les moyens : Myles Turner. Milwaukee a tenté de se séparer de lui au cours de l’été, sans succès. Pivot atypique avec un bon shoot à 3 points et des qualités pour protéger le cercle, l’intérieur était titulaire chez le finaliste 2025. Avec des bonnes performances, ce simple duo peut permettre à l’équipe de gratter des victoires. Et cela sans compter les role players comme AJ Green, Gary Trent ou Caris LeVert, très imparfait, mais qui ont les qualités pour intégrer la rotation d’équipes compétentes. 

 

Des jeunes à développer : C’est l’objectif de toutes les équipes qui reconstruisent : avoir un maximum de jeunes. Le but n’étant pas de les empiler mais de trouver la future superstar dans le lot. Avec Ryan Rollins, Ousmane Dieng, Kasparas Jakucionis, Kel’El Ware et les deux rookies draftés, les Bucks ont déjà de quoi tester du monde et permettre à ces jeunes de se développer sans pression. Et heureusement : à cause des échanges effectués par le passé, les Bucks ne bénéficieront pas de leurs choix de Draft sur les prochaines années. Par conséquent, avoir du talent dans l’immédiat est une chance, et l’échange avec Miami a au moins apporté cela. Cependant, il faudra encore faire des échanges pour tenter d’obtenir des assets et augmenter les chances de trouver le projet leader d’un projet.

 

  • Les moins 


Un effectif incohérent : C’est le gros point noir chez les Bucks : l’effectif n’a ni queue ni tête. De nombreux guards vont se marcher dessus, il y a plusieurs pivots qui méritent d’être titulaires, de nombreux vétérans et plusieurs jeunes à développer… Bref, c’est confu. Taylor Jenkins va devoir jongler entre des profils incompatibles et respecter les consignes de son management, qui à tout moment peut appuyer sur le bouton pour monter des échanges. Au vu des aléas d’une saison, des possibles changements dans l’effectif et des nombreuses possibilités entre les mains du coach, ce ne serait pas étonnant que Milwaukee n’ait aucune continuité du début à la fin de la régulière.


Pas de pick : C’est le grand drame des Bucks : ils n’ont pas leur pick en 2027. A cause d’un précédent échange, leur choix ira soit chez les Hawks, soit chez les Pels. Par conséquent, les Bucks vont tanker pour rien. Ou peut-être pas d’ailleurs : si les résultats ne sont pas trop mauvais, peut-être que les dirigeants attendront l’été prochain pour liquider le roster. Mais quand bien même l’équipe souhaite gagner des matchs, elle peut, au mieux, viser le play-in et les chances de participer aux Playoffs sont infimes. Pour la franchise du Wisconsin, l’objectif sera de limiter la casse et faire en sorte que le pick qui parte soit le moins bon possible. 


Peu de flexibilité : Autre problème de gestion des Bucks, ils n’ont quasiment pas de flexibilité. Damian Lillard a été coupé et il occupe près de 20 millions de dollars, soit quasiment 13% du salary cap. Pour donner une idée, ce sera le troisième joueur le mieux payé de l’équipe ! Le meneur de jeu touchera une telle somme jusqu’à 2029-30. Pour un petit marché comme Milwaukee c’est une catastrophe car c’est de l’argent qu’on ne peut pas mettre sur des jeunes en fin de contrat ou des vétérans. Et comme Milwaukee, comme d’autres villes des USA, doit surpayer les joueurs pour les attirer, c’est un gros point noir. Ajoutons à cela que les Bucks ne contrôlent pas leurs picks jusqu’à la fin de la décennie et cela donne un début de reconstruction extrêmement difficile à négocier…

 

  • Bilan prévisionnel

 

Avant le début de saison, il y a assez d’optimisme pour les Bucks car le talent est présent et un coach compétent est à la tête de l’effectif. Tyler Herro, Myles Turner, Ryan Rollins, etc… Ces joueurs peuvent faire gagner des matchs et jusqu’à février Milwaukee, sans être incroyable, ne sera pas ridicule. Mais comme la franchise est en reconstruction et qu’il faut se séparer des vétérans, la trade deadline va marquer un tournant et l’équipe chutera petit à petit dans les bas-fonds de l’Est pour finir entre 15 et 13.