De ses débuts avec le Thunder à ses dernières années en NBA, « Russ » a construit l'une des carrières les plus spectaculaires de l'histoire récente. 209 triple-doubles, neuf sélections au All-Star Game, deux titres de meilleur scoreur et surtout un trophée de MVP en 2017 : les chiffres racontent une partie de l'histoire. Ses highlights racontent le reste.
Difficile de parler de Russell Westbrook sans évoquer ses qualités athlétiques. Pendant des années, le meneur a transformé chaque contre-attaque en véritable sprint et chaque espace laissé par la défense en occasion de dunk. Sa puissance sur ses premières foulées et sa détente lui permettaient de finir au cercle malgré des défenseurs placés sur sa trajectoire.
C'est cette capacité à attaquer le panier avec une agressivité permanente qui a rapidement fait de lui l'un des joueurs les plus spectaculaires de la NBA.
Westbrook n'était pas le plus grand meneur de la ligue, mais il possédait une explosivité comparable à celle de certains intérieurs. Ses dunks en transition sont devenus une véritable signature.
Lorsqu'il s'envolait, il ne cherchait pas simplement à marquer deux points : il voulait imposer son énergie au match. C'est aussi ce qui explique pourquoi ses highlights restent aussi reconnaissables, même des années après.
Le spectacle Westbrook ne se limitait évidemment pas aux dunks. Son jeu en transition lui permettait également de distribuer des passes spectaculaires à pleine vitesse.
Son association avec Kevin Durant à Oklahoma City a notamment produit certaines des séquences les plus électriques du Thunder des années 2010. Westbrook pouvait récupérer un rebond défensif, traverser le terrain et créer une occasion de panier en quelques secondes.
La saison 2016-2017 reste probablement le sommet absolu de la carrière de Westbrook.
Le 9 avril 2017, face aux Denver Nuggets, il signe une performance devenue légendaire : 50 points, 16 rebonds et 10 passes, avec un tir à trois points victorieux au buzzer. Ce triple-double était surtout son 42ème de la saison, ce qui lui permettait de dépasser le record d'Oscar Robertson, jusque-là fixé à 41.
Une action qui résume parfaitement cette saison : du volume statistique, de l'audace et une capacité à prendre ses responsabilités dans les moments décisifs.
Toujours durant cette campagne 2016-2017, Westbrook a livré une autre démonstration complètement folle face au Orlando Magic.
Il termine la rencontre avec 57 points, 13 rebonds et 11 passes, tout en envoyant un tir à trois points qui permet au Thunder d'arracher la prolongation. Cette performance fait partie des moments emblématiques d'une saison durant laquelle Westbrook semblait repousser chaque semaine les limites du possible.
L'un des grands plaisirs avec Westbrook était de le voir passer instantanément de la défense à l'attaque.
Interception, accélération, deux ou trois dribbles et explosion au cercle : son moteur semblait impossible à arrêter lorsqu'il avait de l'espace. Cette capacité à créer lui-même son momentum faisait de lui un cauchemar en transition.
Westbrook possédait également un arsenal de changements de direction particulièrement efficace.
Son crossover n'avait pas forcément besoin d'être sophistiqué : l'objectif était de faire perdre un demi-pas au défenseur, puis d'utiliser immédiatement son accélération. La NBA a d'ailleurs consacré de nombreuses compilations à ses meilleures actions, preuve de l'importance de cet aspect dans son identité offensive.
Un autre élément essentiel de son jeu était sa capacité à contrôler le rebond depuis le poste de meneur.
Westbrook a régulièrement capté des rebonds défensifs pour immédiatement partir balle en main. Cette caractéristique a largement contribué à ses triple-doubles et à son style ultra-rapide.
En 2020-2021, il réalise notamment une performance exceptionnelle avec 14 points, 21 rebonds et 24 passes. Une ligne statistique qui illustre à elle seule son profil unique.
Les souvenirs les plus forts ne se limitent pas à la saison régulière.
En 2012, Westbrook atteint les Finales NBA avec le Thunder aux côtés de Kevin Durant et James Harden. Cette équipe reste l'une des grandes formations à ne jamais avoir remporté le titre.
Des années plus tard, Westbrook continuera de produire des performances individuelles spectaculaires en playoffs, notamment lors de son triple-double contre Houston en 2017 : 32 points, 12 rebonds et 11 passes dans la seule victoire d'Oklahoma City sur la série.
Au-delà d'une action précise, le véritable dernier highlight de Westbrook est peut-être l'ensemble de son oeuvre.
Pendant 18 saisons, il a joué avec une intensité rarement égalée. Il termine son parcours avec 209 triple-doubles, le record NBA, tout en se classant parmi les meilleurs passeurs et scoreurs de l'histoire de la ligue. Il a également été sélectionné dans la NBA 75th Anniversary Team.
Son sommet restera évidemment la saison 2016-2017, lorsqu'il devient MVP après avoir tourné à 31,6 points, 10,7 rebonds et 10,4 passes de moyenne. Il devient alors le premier joueur depuis Oscar Robertson à réaliser une saison en triple-double de moyenne, avant de reproduire cet exploit à trois autres reprises.
Russell Westbrook n'a jamais laissé indifférent. Son style a été admiré autant qu'il a été discuté, mais une chose reste difficile à contester : il a profondément marqué la NBA moderne.
Son énergie, ses dunks, ses accélérations, ses triple-doubles et ses performances complètement démesurées ont construit une identité unique.
Après 18 saisons, « Brodie » quitte donc les parquets avec un record qui semble taillé pour durer : 209 triple-doubles en carrière.
La NBA lui rend aujourd'hui hommage avec un Top 10. Mais pour les fans qui l'ont suivi depuis Oklahoma City, il faudrait probablement bien plus qu'une seule compilation pour raconter tout ce que Russell Westbrook a représenté.