Le Thunder n’avait pas le droit à l’erreur et les joueurs en avaient bien conscience. De retour sur leur parquet du Paycom Center pour le match 2, les champions en titre ont immédiatement montré de meilleures intentions portés par un public en fusion, tout en bleu et blanc.
A la fin du premier quart-temps, les deux équipes étaient encore au coude-à-coude (31-31) et se rendaient coup pour coup avec déjà 14 changements de leader (contre 10 lors du match 1). Malgré cela, on sentait les Spurs davantage en difficulté, avec un pauvre 10/22 au tir à l’issue de cette première période. Contrairement au match 1, Victor Wembanyama était bien tenu, défendu par Isaiah Hartenstein (voir par ailleurs).
Le Thunder s’est détaché au cours du deuxième quart-temps pour rentrer au vestiaire avec 11 points d’avance (62-51). Alex Caruso, homme du match côté Thunder lors du match 1, a grandement contribué à creuser cet écart grâce à son adresse une nouvelle fois redoutable (17 points à ¾ à 3 points au final), bien épaulé par Cason Wallace (3/4 à la mi-temps, 4/6 au final). Les Spurs se retrouvaient en difficulté à cause de leurs pertes de balle, déjà 13 à la mi-temps, et le peu de ballons pour Wembanyama qui n’affichait que 7 points à la pause. Seul Stephon Castle sortait du lot avec 16 points mais toujours ce problème de pertes de balle.
Malgré ce retard de 10 points, l’espoir était toujours présent pour San Antonio en faisant davantage attention au ballon et espérant une montée en puissance de son DPOY autant qu’un retour d’une adresse aux abonnés absents (17/40 au tir dont 5/16 à 3 points). D’autant plus que Jalen Williams avait dû quitter ses partenaires dès le premier quart-temps, victime visiblement d’une rechute de la blessure qui l’avait privé de la série face aux Lakers.
Au retour des vestiaires, la physionomie du match a sensiblement changé : Victor Wembanyama a réalisé un énorme run, permis par la sortie d’Isaiah Hartenstein, auteur de sa quatrième faute. Tir à trois points, claquettes sur ses propres tirs, fadeway, Wemby a étalé toute sa palette et rappelé un flash de sa performance stratosphérique de lundi (41 points et 24 rebonds). Cette séquence a permis aux Spurs de revenir à hauteur d’OKC (66-66).
Ce retour a néanmoins été de courte durée puisque le Thunder a immédiatement réappuyé sur l’accélérateur, bien aidé par le retour au vestiaire de Dylan Harper, touché à la jambe droite, et la mise au repos temporaire de Victor Wembanyama. Durant cette période, les joueurs de Mark Daigneault ont donc repris 10 points d’avance (87-77), sous l’impulsion de Chet Holmgren et Alex Caruso. Symbole des difficultés des Spurs, Mitch Johnson a été contraint de lancer Jordan McLaughlin, meneur de jeu qui n’avait pratiquement pas joué depuis le début des play-offs hormis les garbage time. Ce coaching peut s’expliquer par l’absence de De’Aaron Fox, toujours touché à la cheville, et la sortie de Dylan Harper donc. Malgré cela, les Spurs se sont accrochés grâce à l’adresse extérieure (6/9 dans ce quart-temps) pour démarrer le dernier quart-temps avec 8 points de retard.
Auteurs d’un nouveau gros run avec notamment l’adresse d’Harrison Barnes, très peu utilisé au match 1, les Spurs revenaient à une possession (99-97). Mais, là encore, l’expérience des champions prenait le dessus et les joueurs habillés en bleu accéléraient pour empêcher les Texans de reprendre l’avantage. L’activité d’Isaiah Hartenstein au rebond (13 dont 9 offensifs ponctués de 10 points) donnait des secondes chances aux extérieurs qui finissaient par sanctionner (110-97). Devin Vassell ne lâchait pourtant pas la faire, dégainant de toute part derrière l’arc (6/12 à 3 points) mais c’en était trop pour cette jeune équipe des Spurs qui rendait finalement les armes (122-113).
Voilà les deux équipes à égalité à l’issue des deux premières rencontres et la série va désormais basculer dans le Texas pour les deux prochaines, l’occasion pour les Spurs de prendre une option pour accéder aux Finals. Ils espéreront les retours de De’Aaron Fox et Dylan Harper sur les bases arrière pour prétendre reprendre l’avantage.
Il se devait de réagir après un match 1 manqué : alors qu’il avait récupéré son deuxième titre de MVP consécutif lors de l’avant-match, il n’avait pas fait honneur à ce statut avec 24 points et 12 passes décisives mais à seulement 7/23 au tir. En souffrance face aux prises à deux ou aux pressions de tous les instants de Castle, Harper ou encore Vassell lors de ce premier opus, il a bien mieux géré ces trappes. On a senti dès le début du match qu’il était dans un meilleur soir puisqu’il affichait 15 points à la mi-temps contre seulement 4 lors du match 1. Il achève le match à 30 points et 9 passes et surtout 50% au tir.
Après un match 1 qui avait impressionné toute la planète basket, Wembanyama a été bien plus en difficulté au match 2. Auteur de 41 points (dont 15 au cours des deux prolongations et un trois points ultra clutch pour arracher la deuxième) ainsi que 24 points et 3 contres, il affiche une feuille de statistiques bien plus modeste : 21 points (8/16 dont 3/7 à 3 points), 17 rebonds et 6 passes décisives.
Surtout, tout a paru plus difficile pour le récent 3e au vote du MVP, constamment contesté dans ses déplacements, souvent à la limite voire au-delà de ce qui est normalement permis. Cela s’explique par le changement de stratégie défensive adoptée par le coach du Thunder qui a décidé de placer Hartenstein en confrontation directe avec Wemby et non plus des joueurs plus petits que lui comme Caruso ou Williams. Ce choix avait été sanctionné par des alley-oops à répétition.
Hartenstein, bien plus grand, couvrait cette option et gênait le pivot des Spurs par sa dimension physique. Alors qu’il n’avait passé que 12 minutes sur les planches, Mark Daigneault l’a laissé 27 minutes sur le parquet. Il faut néanmoins reconnaître que le pivot allemand a, à de nombreuses reprises, abusé de ses mains pour le contenir. Le bon passage de Wembanyama lors du troisième quart-temps correspond d’ailleurs au moment où Hartenstein était sur le banc, déjà auteur de 4 fautes.
Comme le nombre de pertes de balle de Stephon Castle. Après ses 11 turnovers du match 1, le meneur des Spurs n’a pas corrigé ses erreurs et a encore égaré 9 ballons. Soit 20 en 2 matchs, le premier joueur à perdre autant de ballons sur les deux premiers matchs d’une finale de conférence. Une statistique rédhibitoire au plus haut niveau, d’autant que les Spurs ont perdu 21 ballons contre seulement 9 pour OKC.
Si le numéro 5 parvient à gommer ce péché mignon de son jeu, il peut devenir une arme de destruction massive, dominant autant en défense qu’en attaque : toujours au charbon sur Shai Gilgeous-Alexander mais également actif pour fluidifier le jeu. En effet, après ses 17 points, 6 rebonds et 11 passes décisives du match 1, il a fini meilleur marqueur de son équipe avec 25 points à 10/17 au tir (seulement 1/6 à trois points) accompagnés de 5 rebonds et 8 passes décisives. Ce sera l’un des enjeux de la suite de cette série, parvenir à prendre soin du ballon face à la pression des extérieurs d’OKC.
Autre chiffre marquant : 57 points inscrits par le banc du Thunder contre 25 pour les remplaçants des Spurs. Cela peut s’expliquer par la blessure précoce de Jalen Williams qui a donc laissé du temps de jeu aux remplaçants mais également à la profondeur de l’effectif du champion en titre (17 points pour Caruso, 12 pour McCain et Wallace, 10 pour Mitchell).