Detroit doit appuyer sur le champignon

Detroit doit appuyer sur le champignon

Sunkidd 23/1/2014 à 17h40

Joe Dumars a connu les années fastes de Detroit et tente désespéremment de relancer sa franchise depuis 2008. Pour refaire des Pistons une grosse cylindrée, le GM a souhaité ajouter cet été les meilleures pièces disponibles à l'effectif dirigé par Mo Cheeks cette saison. Mais à presque mi-chemin, le bolide bleu-blanc-rouge des Pistons est loin de carburer à plein régime et a plutôt des allures de 2 CV. Pire Cheeks conduit comme un pied. Si les Playoffs restent en vue, sur le tableau de bord, un voyant orange s'allume.

  • Quand Detroit faisait des queues de poissons à son altesse Jordan...

 

Arrivés de Fort Wayne en 1947, les Detroit Pistons ont brillé au siècle dernier grâce à d'excellents choix lors des différentes drafts. Ainsi, atterrissent à Motor City : Isaiah Thomas en 1981, Bill Laimbeer en 1982, Joe Dumars en 1985 et Dennis Rodman en 1986. À l’orée de la saison 1988-89, les Pistons investissent  le Palace d’Auburn Hills qui deviendra rapidement la salle la plus redoutée de toute la NBA. D’emblée des prouesses y sont réalisées, récoltant d’abord le meilleur bilan de la franchise avec 63 victoires, puis en devenant champion NBA en juin. En 1990, rebelotte, mais cette fois en y ajoutant le scalp des Bulls de Michael Jordan. Alors au sommet de son art, His Airness s'est fait botter les fesses !
 

Au début des années 2000 les Pistons continuent de briller. La franchise redevient championne en 2004, puis finaliste malheureuse en 2005. Depuis 1980, Detroit est la formation la plus compétitive de toute la NBA aux côtés des Los Angelès Lakers et ce, notamment grâce à 6 finales de conférence de suite entre 2002 et 2008. Ces Pistons là sont un peu comme la Dodge Charger de Sheriff Fait Moi Peur  avec Daisy Duke et son petit short à l'arrière : un bolide sexy et rapide qu'on n'arrête pas. Mais depuis la saison 2008/2009, c’est le trou noir. Le black-out total. C'est la Cadillac de SOS Fantôme, un break blanc, rouillée et qui fume. Detroit patine, Detroit est une mauvaise bagnole qui perd de l’huile. Pourtant, en draftant Greg Monroe en 2011, Andre Drummond en 2012 et Kentavious Caldwell-Pope en 2013, conjugué aux arrivées de Josh Smith et de Brandon Jennings, beaucoup voyaient la franchise à nouveau en première ligne. Mais pour le moment, l’équipe est quasiment aux stands comme la Ford Gran Torino de Starsky et Hutch est au musée.

  • Greg Monroe : vendu à l'argus ?

 

En signant Josh Smith, Joe Dumars a pris un risque : déséquilibrer son équipe. Et, à bientôt la mi-saison, l'ailier n’a toujours pas le rendement escompté. A défaut d'être à la corde, il erre en plein embouteillage. Jouant poste 3, alors que sa meilleure place se trouve sous les panneaux en power forward, il n’est pas le leader souhaité. Smith n’est jamais aussi fort que sur les sorties de pick-and-rolls, lorsqu’il peu être en mouvement un peu dans le style de Shawn Marion aux Suns. Ainsi, il peut tirer face à un adversaire plus lent (en jouant poste 4) ou faire la passe pour un extérieur libre. D’ailleurs, à Atlanta de 2011 à 2013, Smith a joué 77% de son temps poste 4 avec un PER de 19.3. Mais à Detroit, le joueur joue 54% de son temps poste 3 avec Greg Monroe et Andre Drummond à l'intérieur. Résultat un PER  de 14,6 soit le plus mauvais de sa carrière depuis 2006. Le Big 3 Smith-Drummond-Monroe ne fonctionne donc pas ! Ces trois là ne sont pas complémentaires. Pire, le Big three de Detroit Smith - Monroe - Drummond a des faux airs de General Motors, Ford et Chrysler trois groupes en faillite. Pour sauver la ville de Detroit, on a également demandé il y a peu au musée des Beaux-Arts, l’un des musées les plus importants des États-Unis, de vendre les joyaux de sa couronne. Christie’s est en train d’évaluer la collection qui renferme des chefs-d’œuvre de van Gogh, Matisse, Brueghel et Rembrandt. Joe Dumars doit il vendre un de ses joyaux pour sauver les Pistons d'un nouvel échec ? 


Le duo Monroe-Smith représente la meilleure combinaison possible. Monroe-Drummond la pire. Même si les deux intérieurs sont efficaces ensemble offensivement. Pas très rapide, Monroe n’effraie pas sous les panneaux contrairement à Drummond qui s’impose jour après jour comme un défenseur hors pair. Avec ces trois là, l’équipe parait lente et maladroite. Ainsi se multiplient les questions sur Monroe, le moins efficace des trois en défense. Monroe doit il être échangé ? Notre Trade-machine , nous a bien donné des éléments de réponses mais pour le moment rien ne permet de conclure à du mouvement. Seul Monroe serait transférable nous disent les rumeurs.

  • Crevé à l'arrière


 

D’abord, Jennings, transfuge des Bucks, force ses actions qu’il manque souvent. Contre les Clippers, il a ainsi récolté la note de D par le site  Pistons Powered proche de l’équipe. Ses stats sur ce match : 0/7 aux tirs autant dire qu’il a été invisible. Ses stats sur la saison : 16 points en 39 matches mais 36% de réussite dans le champ. Quant au rookie KCP, son adresse s'avère être aussi son talon d’achille. C’est connu, même bon défenseur, l’ancien de Georgia vivra ou mourra par le shoot dans cette ligue intraitable. Or, cette saison, il tourne à un petit 39%... avec un career high de 17 points en décembre. L'organisation se mord les doigts de ne pas avoir drafté le local Trey Burke issu de l'université de Michigan. KCP fait son chemin, mais le meneur d'Utah est bien meilleur avec des moyennes de 14 points et 6 passes et une pointe à 30 points face à Orlando.

Et comme on vous l’expliquait plus haut Smith peut apporter de la plus value à sa formation en distillant des caviars à ses arrières. Mais ces derniers empilent des briques... Le salut viendra peut être de Rodney Stuckey (photo), auteur de 3 rencontres consécutives à plus de 20 points (Utah, Washington, LA Clippers), mais en attendant, Detroit n’est pas assez adroit. Au corner, à trois points, seule la nullissime Philadelphie fait pire que la carrosserie Piston.

  • Joe Dumars : la place du mort

 

Pour toutes ces raisons, on ne voit pas Detroit en play-offs. En effet, son bilan actuel : 17 victoires pour 25 défaites la place 9ème à l’Est. Charlotte, 8ème, joue de mieux en mieux et va bénéficier de l’apport en défense de Mickael Kidd-Gilchrist. De plus, Al Jefferson a trouvé offensivement ses marques et Kemba Walker ne faiblit pas. Brooklyn lui ne peut que progresser et son effectif (7ème) semble un temps épargné par les intempéries. Chicago, Toronto, et Washington (4, 5 et 6ème) sont à 4 victoires de plus que Detroit et sont plus performants. Plus inquiétant, Cleveland (10ème) va bénéficier de la plus value Luol Deng et pourrait bien doubler Monroe and co dans la ligne droite des standings. Et puis, le Palace ressemble plus au bahut du coin en porte ouverte, qu’à une citadelle fortifiée.

Dernier indicateur : le bilan des Pistons à domicile : un horrible 7 victoires pour 14 défaites. Alors, le GM Joe Dumars peut se faire des soucis. Sa caisse semble pourri. Tout n'est pas fini mais ..... il faudrait que les Pistons fassent vite... très vite... comme le dimanche de la course, après l'hymne américain, aux 500 Miles d'Indianapolis. La tradition veut que l'on entende du responsable de la course « Gentlemen, start your engines » « Messieurs, démarrez vos moteurs »