Klay Thompson a changé de décor. Après deux saisons compliquées aux Dallas Mavericks, l'ancien arrière des Golden State Warriors a rejoint le Miami Heat, où il évoluera désormais aux côtés de Giannis Antetokounmpo et Bam Adebayo.
Forcément, le nom de Thompson continue de faire rêver. Cinq fois All-Star, quadruple champion NBA et quatrième meilleur marqueur à trois points de l'histoire de la Ligue, il reste l'un des shooteurs les plus dangereux de sa génération. Mais pour Draymond Green, l'engouement autour de son ancien partenaire va déjà trop loin.
Sur son podcast The Draymond Green Show, le joueur des Warriors a directement demandé aux médias de calmer le jeu.
« Arrêtons de faire comme si le Klay de 2017 allait à Miami. »
Le message de Green est assez clair : ne transformons pas ce transfert en opération de renaissance.
Pour Green, le problème n'est pas de se réjouir de l'arrivée de Thompson à Miami. Au contraire. Ce qui le dérange, c'est la manière dont certains présentent déjà le joueur comme s'il allait retrouver son niveau de l'époque des Warriors.
« Je n'aime pas que tout le monde essaie de faire comme si c'était Klay Thompson, Klay au Heat, comme si c'était le Klay de 2018 », a expliqué Green.
Selon lui, cette présentation pourrait surtout piéger Thompson : des attentes énormes aujourd'hui, puis des critiques massives si le joueur ne retrouve évidemment pas son niveau d'avant ses graves blessures.
Et les chiffres récents permettent de comprendre son raisonnement.
À 36 ans, Thompson sort d'une saison 2025-26 à Dallas durant laquelle il a tourné à 11.7 points, 2.1 rebonds et 1.4 passe en 21.7 minutes, avec 38.3% de réussite à trois points. Il n'a débuté que huit de ses 69 rencontres.
Cela ne signifie absolument pas que Klay n'est plus capable d'avoir un impact. Son tir reste une arme d'élite : il a encore inscrit 202 paniers à trois points la saison dernière et affiche 40,9 % de réussite derrière l'arc sur l'ensemble de sa carrière.
Mais son rôle a changé.
C'est précisément pour cette raison que Draymond Green préfère comparer l'arrivée de Thompson à Miami à celle de Ray Allen.
Lorsque Allen a rejoint le Heat en 2012, il n'était plus le joueur capable de porter une équipe comme durant ses meilleures années. Mais cela ne l'avait pas empêché de devenir une pièce essentielle du champion 2013, notamment grâce à son adresse extérieure et à sa capacité à punir les défenses.
Pour Green, Thompson peut suivre une trajectoire comparable.
L'idée n'est donc pas de demander au Californien de redevenir le Klay Thompson de 2017. Il s'agit plutôt de lui permettre de devenir une arme de luxe dans une équipe ambitieuse, avec un rôle adapté à son âge et à son évolution physique.
La comparaison est d'ailleurs loin d'être absurde. À Miami, Thompson disposera de deux joueurs capables de concentrer énormément l'attention défensive avec Giannis Antetokounmpo et Bam Adebayo. Son travail pourrait donc être relativement simple : se démarquer, sanctionner les aides défensives et transformer les espaces créés par les stars du Heat en tirs ouverts.
« Il va apporter du tir »
C'est finalement le coeur du message de Draymond Green.
Même s'il n'est plus le défenseur et le scoreur qu'il était au sommet de sa carrière, Thompson possède toujours une qualité qui vieillit particulièrement bien en NBA : le shoot.
Et c'est précisément ce dont Miami avait besoin après avoir construit un effectif autour de Giannis.
Thompson lui-même a présenté cette nouvelle aventure comme une opportunité de rédemption, expliquant à son arrivée qu'il voulait montrer qu'il pouvait encore avoir un impact sur la victoire.
Le Heat, de son côté, ne lui demande probablement pas de devenir la première option offensive. L'équipe a déjà son franchise player avec Antetokounmpo. Le contexte pourrait donc être beaucoup plus favorable à Thompson que celui qu'il a connu à Dallas.
Son contrat est d'ailleurs révélateur du rôle attendu : deux ans et environ 11.5 millions de dollars, avec une deuxième saison sous option joueur selon les informations rapportées.
Autrement dit, Miami ne mise pas tout son projet sur un retour du Klay des grandes années. Le Heat ajoute une pièce expérimentée, capable d'étirer le terrain et de faire payer les défenses qui se concentreront sur Giannis.
Les propos de Draymond pourraient facilement être interprétés comme une manière de dire que Klay Thompson est fini. C'est pourtant précisément l'inverse de son message.
Green cherche surtout à recalibrer les attentes.
Il ne veut pas que Thompson soit présenté comme une superstar revenue de nulle part avant d'être ensuite massacré médiatiquement parce qu'il n'aura pas inscrit 20 points par match.
Après les blessures au genou et au tendon d'Achille qui ont profondément modifié sa carrière, Thompson n'est plus le même joueur. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'est plus un joueur utile.
Et dans une équipe ambitieuse comme Miami, son profil pourrait même être particulièrement intéressant.
Le véritable défi sera donc moins de savoir si « Klay est de retour » que de déterminer si Erik Spoelstra parviendra à exploiter au mieux ce qu'il reste du talent exceptionnel du Splash Brother.
Une chose est certaine : si Klay Thompson retrouve suffisamment de régularité derrière l'arc, le Heat n'aura pas besoin du Klay de 2017 pour devenir beaucoup plus dangereux.
Et c'est exactement ce que Draymond Green aimerait que tout le monde comprenne avant de commencer à juger son ancien « frère ».