Mamba Out, 60 points et une victoire. Goodbye Kobe

Kobe Bryant - NBA
Crédit photo : ESPN
"What can I say... Mamba Out"

Pour la dernière fois cette nuit, le Staples Center de Los Angeles a pu admirer Kobe Bryant taper la balle orange sur son parquet, une image qui appartient désormais à l’Histoire.

Los Angeles ne vivait que pour ça ces derniers jours. Son joyau, son champion, sa star se retire des parquets NBA après 20 ans d’intenses exploits. Que pourrions-nous dire pour rendre hommage au Black Mamba ? Rien d’assez grand pour honorer à sa juste mesure un tel joueur. Il n’est pas question ici d’aimer ou non l’enfant de Philadelphie, il est question de reconnaissance. Trashtalker, shooteur excessif, compétiteur, tueur au sang froid, Kobe Bryant a revêtit bien des casquettes durant sa carrière mais il en est qui le symbolise par dessus tout, celle de travailleur. Michael Jordan est peut-être le plus talentueux basketteur de l’Histoire mais Bryant est sans conteste le plus gros travailleur. Capable de faire pleurer ses coéquipiers par des séances toujours plus intenses, capable de voler, à force des les répéter, tous les moves de son idole, Sa Majesté. Le numéro 24, ou numéro 8, des Lakers aura inspiré toute une génération de gamins qui foulent actuellement les planchers américains.
Le Black Mamba a mordu de très nombreuses fois. À 81 reprises des dinosaures un soir de janvier, une fois, lors d’un Game 7 de Finals, tout le TD Garden pour remporter sa cinquième bague de champion.

Kobe, c’est aussi un palmarès. Cinq titres de champion, une fois MVP, deux fois MVP des Finales, 18 présences au All-Star dont quatre conclues par le titre de MVP, deux d’or médailles olympiques et des plus nomination à la pelle des les cinq des meilleurs joueurs de saison. Monstrueux.

 

Ce soir au Staples Center, l’enjeu sportif était absent. Utah ne pouvait plus se qualifier après la démonstration de force de Houston face à Sacramento. Mais qu’importe, tout l’enjeu se concentre autour de Kobe. Après une flopée d’hommages et d’images poignants arrachant déjà quelques larmes, le Black Mamba et ses coéquipiers pourpre et or ne marquent rien durant les cinq premières minutes. La salle se lève quand Kobe enchaine contre et fadeaway en contre attaque après sept minutes de jeu. La légende est réglée, il marque douze points de suite. In the zone. Moins de six minutes passées sur le banc qu’il refoule le parquet bardé de ses deux numéros historiques. Le show continue malgré la domination silencieuse du Jazz. Une seule chose compte ce soir, Kobe. Il tire à vingt reprises une première mi-temps pour 22 points, les spectateurs bondissent à chacune de ses accélérations en faisant abstraction des 17 points d’écart à la pause.

Les Angelinos réduisent l’écart, avec la promesse d’une fin de match sur mesure pour le Mamba. Ce dernier fait grimper le thermomètre en passant la barre des 30 points tout en réduisant l’écart à huit unités. Le Staples exulte encore. À la fin du troisième quart, Kobe compte 37 points pour neuf points d’écart qui nous promettent une ambiance de feu et une véritable fin de match. Nouvelle explosion dans la cité des Anges lorsqu’il passe les 40 points sur un trois point en contre attaque. Le showtime made in LA renaît l’espace de quelques secondes lorsque les Lakers enchainent les grosses séquences défensives et les contre attaques éclaires. La différence n’est plus que cinq unités avec 7 minutes 30 encore à jouer. Les espoirs de victoire semblent s’envoler pour Kobe lorsque l’écart titille les dix points à 3 minutes du terme. Le seul enjeu désormais tourne autour des 50 points du Monsieur de la soirée. C’est le cas sur une énième pénétration, teintée d’agressivité et de grâce. Il casse le building quand il ramène toute la Laker Nation à une petite unité d’Utah sur un triple dont il a le secret. La légende s’écrit alors. Les Lakers passent devant sur un tir de son enfant. 58 points pour lui et la victoire en ligne de mire. Aucun ne saurait décrire la suite. Deux lancers de Kobe pour passer les 60 points, 60 points ! Deux stops défensifs, un dunk de Jordan Clarkson et une victoire inespérée que les meilleurs scénaristes ne pouvaient inventer. La sortie du Black Mamba met les larmes aux yeux, on ne pouvait espérer pareille fin pour un tel champion, un tel homme. 33 646 points inscrits en 20 ans de carrière.

Le souffle court, les yeux humides et le sourire jusqu’aux oreilles, Kobe conclut son discours d'adieu par un Mamba out déchirant. Il est officiellement retraité.

Congratulations Champ’. 

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