
Quelle régulière des Pistons ! Avec 60 victoires, la franchise a réalisé le troisième meilleur bilan de son histoire, c’est dire la performance de cette équipe. Cade Cunningham a été fabuleux : 24 points et 10 passes de moyenne, créateur quasi unique, une défense de beau niveau, All Star, All NBA 1st Team, top 5 MVP, le franchise player a montré l’exemple et il semble avoir trouvé un lieutenant qui plus est. En effet, Jalen Duren a passé un cap en régulière : quasiment 20 points et 10 rebonds de moyenne, le pivot est devenu All Star pour la première fois de sa carrière et a progressé dans tous les domaines du jeu. Avec Isaiah Stewart, un des meilleurs défenseurs en sortie de banc, les Pistons avaient une des meilleures rotations de NBA au poste 5. Dans les ailes, Ausar Thompson a ébloui par sa défense, Duncan Robinson a sauvé le spacing de l’équipe avec 41% de réussite sur 7 shoots lointains par match, tandis que Tobias Harris est resté sérieux. La surprise de la saison est venue de Daniss Jenkins. Le sophomore est rentré dans la rotation et de quelle manière : il s’est imposé comme le créateur secondaire derrière Cade. C’est l’une des excellentes réussites de JB Bickerstaff, qui nous a fait une magnifique saison de coaching. Le technicien était même dans la course au Coach of the Year jusqu’au bout. Pour autant, il y a quelques déceptions : Jaden Ivey et les Playoffs. L’arrière est revenu de blessure mais n’a pas réussi à se faire une place, finissant même par se faire transférer ! Quant à la postseason, Detroit a déçu. Face au Magic, la franchise n’est pas passée loin de la catastrophe et de subir un upset monumental. Au final, l’équipe a remonté un 3-1 lead pour gagner une série pour la première fois depuis 2008. Face aux Cavs, ils peuvent avoir des regrets car ils ont été jusqu’au Game 7 et sont passés à côté de la rencontre décisive. La faute, entre autres, à Jalen Duren qui a drastiquement baissé de niveau en Playoffs. Quelque chose que tout le monde a observé, et notamment ses dirigeants, alors qu’il est éligible à une grosse prolongation…
Draft : Ebuka Okorie Arrivées : John Collins, Isaiah Joe, Taurean Prince Départs : Isaiah Stewart, Caris LeVert, Tobias Harris, Marcus Sasser
Pour une équipe qui vient de réaliser 60 wins, avec un groupe relativement jeune, les Pistons ont été actifs. Isaiah Stewart et Tobias Harris, des cadres du vestiaire, sont partis. Des départs plutôt inattendus, car on s’attendait à ce que les deux joueurs continuent l’aventure. En contrepartie, John Collins a été signé pour apporter de la densité dans les ailes. Detroit s’est aussi séparé de Caris LeVert pour recruter un 3&D : Taurean Prince. Et puisque le Thunder faisait le ménage dans son effectif, Isaiah Joe a également rejoint l’équipe. Marcus Sasser fut bazardé dans un transfert à plusieurs équipes ; pour le remplacer, les Pistons ont drafté Ebuka Okorie, qui, s’il n’est pas le même joueur, le remplace numériquement. Avec les départs de Sasser et Stewart, les dirigeants ont obtenu deux trade exceptions, une à 5 millions et une autre à 15. Cela signifie que la franchise peut encaisser un contrat de ces montants sans envoyer de joueurs en retour. Et comme les finances sont bien gérées, le Front Office peut utiliser cette cartouche à tout moment pour recruter le role player qui fera la différence. À titre d’exemple, des joueurs comme Herb Jones ou AJ Green sont des cibles potentielles.
Point Guard : Cade Cunningham / Daniss Jenkins / Ebuka Okorie
Shooting Guard : Ausar Thompson / Kevin Huerter
Small Forward : Duncan Robinson / Isaiah Joe / Javonte Green
Power Forward : John Collins / Ron Holland / Taurean Prince
Center : Jalen Duren / Paul Reed
Avec tous ces mouvements, on remarque plusieurs différences avec l’effectif de la saison dernière. D’une part, le secteur intérieur semble moins être un point fort que ce qu’il fut avec Isaiah Stewart qui était en sortie de banc. D’autre part, JB Bickerstaff dispose d’un nombre de shooteurs compétents à 3 points assez génial, ce qui devrait lui permettre d’aligner un spacing à minima correct pendant de longues minutes. Et puisqu’il y a encore de bons défenseurs, ils ne devraient pas poser trop de problèmes de ce côté du terrain.
PG : Cade Cunningham
SG : Ausar Thompson
SF : Duncan Robinson
PF : John Collins
C : Jalen Duren
À l’exception de Tobias Harris, remplacé par John Collins, les Pistons vont repartir avec le même 5 majeur que la saison dernière. Cade Cunningham assurera la création, Ausar Thompson sera partout en défense, Jalen Duren sera utilisé en short roll, handoff et pick and roll. S’il est moins créateur que Tobias Harris, John Collins a le mérite d’être un bon shooteur à 3 points et de rester une menace de lob supplémentaire pour Cade. Avec ce petit changement, Detroit améliore peut-être un petit peu son équilibre et restera une des équipes fortes de la ligue l’an prochain.
C’est peut-être, en revanche, là où les Pistons vont souffrir. Isaiah Stewart étant parti, le banc perd un de ses éléments fondamentaux, mais surtout son meilleur défenseur et protecteur de cercle. Pour tourner avec Jalen Duren, c’était vraiment parfait. Ainsi, c’est Paul Reed qui semble voué à jouer plus de minutes. Ce dernier a montré de belles choses en Playoffs et avait même dépassé Stewart dans la rotation lors de la postseason. Les dirigeants ont certainement identifié quelque chose qui les a poussés à prendre cette décision. La saison à venir leur donnera raison ou tort. Sur les lignes extérieures, Daniss Jenkins devient de manière évidente le porteur de balle principal du banc. Il faudra certainement s’attendre à le voir jouer de manière plus régulière 25 à 30 minutes tous les soirs. Avec Kevin Huerter, Isaiah Joe et Taurean Prince, pas mal de shooteurs seront à disposition du coach et, si l’un d’eux est en réussite, il risque d’avoir du temps de jeu. Ron Holland sera également à surveiller : l’an dernier, il a gagné sa place dans la rotation grâce à la défense. S’il garde cet état d’esprit, et avec un peu plus de choses à proposer en attaque, il aura, à coup sûr, du temps de jeu.
Révélation de la saison dernière, il a permis aux dirigeants de sacrifier Jaden Ivey plus facilement, car il s’est imposé comme le talent secondaire pour suppléer Cade Cunningham. Avec sa qualité de création, un peu de shoot et une défense qui tient la route, Daniss Jenkins était la belle histoire du côté des Pistons. Cette saison, il sera attendu et il faudra confirmer. D’autant plus que Detroit aura besoin de lui lorsque le franchise player sera sur le banc… ou même pour jouer avec. Par moments, nous avons vu Cade jouer off ball et c’est Jenkins qui initiait l’attaque. Si son temps de jeu, comme nous l’attendons, augmente, ces séquences devraient être plus nombreuses. Avec plus de cartouches et de minutes, le jeune joueur peut encore passer un cap et pourquoi pas viser le titre de 6th Man of the Year. Pour lui et l’équipe, ce serait parfait.
L'arrivée de super shooteurs : C’était l’un des plus gros manques des Pistons la saison dernière. Detroit était horrible à 3 points : deuxième équipe qui prenait le moins de tirs derrière l’arc et 20e au classement de la réussite. À peine un tir sur trois était primé, pour une rentabilité assez mauvaise. Heureusement que Duncan Robinson était là pour remonter le niveau. Kevin Huerter, arrivé en cours de saison, n’a pas eu beaucoup de temps de jeu ni de réussite. Avec Isaiah Joe (40% de réussite sur 5 tentatives en carrière) et Taurean Prince (39% de réussite sur 4,5 tentatives), les Pistons auront plus d’espace. Cade Cunningham aura moins de pression et trouvera les bons shooteurs. S’ils sont respectés, et donc pas abandonnés, Jalen Duren pourra continuer à dominer sous le panier, comme Ausar Thompson qui se jettera aussi au rebond. L’attaque de Detroit respirera.
De la continuité : Pour un groupe jeune, cela peut parfois se révéler intéressant de grandir ensemble. Le trio Cade-Ausar-Duren va une nouvelle fois être la base de tout, avec Ron Holland qui continue de se développer. Daniss Jenkins sera encore plus responsabilisé, tout comme Paul Reed, tandis que Duncan Robinson va une nouvelle fois être le complément parfait. Cela fait déjà sept joueurs qui étaient ensemble la saison dernière et qui vont poursuivre l’aventure. Si les pertes de Tobias Harris et Isaiah Stewart sont douloureuses, leur absence peut être compensée, à commencer par John Collins. Les Pistons semblent avoir trouvé leur noyau. Il ne manque plus que les pièces complémentaires.
Une belle flexibilité : Un seul contrat max avec Cade Cunningham et que des joueurs à moins de 10% du salary cap ou moins. La gestion financière des Pistons est vraiment parfaite depuis l’arrivée du nouveau Front Office. La franchise est assez loin du seuil de la luxury tax, elle dispose de quelques options pour améliorer l’effectif sans sacrifier de joueur et les dirigeants ont les droits des joueurs qu’ils ont draftés pour les prolonger et avoir un avantage sur la concurrence. Ajoutons à cela que Detroit possède tous ses choix de Draft jusqu’à 2033 et qu’ils ont un beau paquet de seconds tours. La situation est parfaite pour cette franchise. Les dirigeants ont tous les assets nécessaires pour faire un échange qui peut secouer la NBA.
Le secteur intérieur : Cade Cunningham mis à part, c’était peut-être là où les Pistons ont le plus dominé. Entre Jalen Duren qui a passé un cap, Isaiah Stewart qui était un défenseur incroyable et Paul Reed qui apportait une énergie folle, Detroit avait une rotation géniale au poste de pivot. Leur impact était fou : troisième meilleur offensive rebound percentage, deuxième équipe qui concédait le moins de tirs au panier et deuxième équipe face à qui l’efficacité au cercle était la moins bonne. Avec Isaiah Stewart loin du Michigan, les Pistons pourront-ils continuer à dominer autant ? L’équipe sera un peu plus petite, moins puissante, probablement moins phénoménale dans le jeu des possessions. Pour JB Bickerstaff, il faudra faire quelques ajustements.
Quid de la défense ? L'identité de l’équipe va-t-elle changer ? Le départ d’Isaiah Stewart aura un impact considérable, car c’était le cœur de cette équipe et un protecteur de cercle assez exceptionnel. Tobias Harris faisait le travail et Caris LeVert, malgré ses défauts, reste un défenseur d’excellent niveau. Les arrivées, si elles apportent du spacing, ne sont pas du même niveau en défense. Isaiah Joe est un role player souvent problématique en défense, Taurean Prince est vite inutile s’il ne défend pas sur l’homme et John Collins ou Paul Reed n’auront pas l’impact qu’avait le pivot. L’attaque peut devenir meilleure, mais la défense pourrait perdre davantage que ce que les Pistons gagneront offensivement.
Le niveau de l'Est : Est-ce que le plus gros danger des Pistons ne vient pas de l’extérieur ? Les Knicks champions en titre sont toujours présents et les Sixers affichent des ambitions folles. Le Heat a enfin appuyé sur la détente et a trouvé sa superstar, avec un bout d’effectif séduisant. Les Celtics ont fait pas mal de changements, mais leur équipe va poser de nombreux problèmes. Sans parler des Cavs qui gagneront toujours en saison régulière, du Magic qui doit absolument gagner et des Raptors ou encore des Hawks qui se sont renforcés pour viser une place dans le top 4. C’est loin d’être acquis que Detroit soit aussi dominant que la saison dernière.
Malgré tous les changements et les quelques incertitudes, Detroit gagnera en régulière et sera dans le top 6. La franchise n’aura pas 60 wins comme la saison dernière, mais sera aux alentours des 50. Cade Cunningham, Ausar Thompson, Jalen Duren, des shooteurs et un coach fantastique pour installer des défenses, c’est suffisant pour être serein jusqu’en avril. On attend les Pistons en Playoffs désormais, et notamment le pivot, qui a inquiété l’an dernier. L’équipe sera moins dominante, mais cela peut pousser les dirigeants à prendre des décisions radicales pour devenir un clair favori au titre.