
Au moment d'entrer sur le parquet dimanche soir lors de l'ultime manche de ces demi-finales de Conférence, ce Game 6 de folie sera probablement encore dans toutes les têtes. Dans celles des Rockets, qui joueront avec le relâchement de l'équipe qui revient de nulle part, après avoir été menée 3-1 dans la série. Dans celles des Clippers également, qui comptaient encore 19 points d'avance sur leurs adversaires dans un match qui pouvait leur assurer la qualification pour les finales de Conférence.
Cette victoire, c'est tout simplement le plus grand comeback de l'histoire des Rockets en Playoffs. Alors certes, cet invraisemblable renversement n'aurait pu se produire sans la volonté et le coeur énorme des Texans, qui n'ont jamais cessé de se battre alors que la perspective d'une élimination prenait de plus en plus d'ampleur. Mais on est également en droit de se poser des questions sur le mental de Chris Paul et de sa bande. Quand on est un candidat déclaré à la victoire finale, il faut savoir achever son adversaire lorsqu'on en a l'opportunité. Cette défaillance peut trouver un début d'explication dans l'inexpérience des Clippers qui n'ont encore jamais franchi ce stade de la compétition dans toute leur histoire. Blake Griffin préférait quant à lui retenir la thèse de l'accident.
On a levé le pied, on a arrêté de défendre. Il nous a manqué beaucoup de choses.
Effectivement, l'effondrement des Clippers en fin de rencontre a coïncidé avec un relâchement coupable au niveau de l'intensité défensive. Mais cela ne suffit pas à expliquer le 24-2 (!) encaissé en six minutes par les Angelenos. Ces derniers ont soudainement connu un déchet inexplicable offensivement, à l'image d'un Griffin auteur d'un terrible 0/5 aux tirs dans le quatrième quart-temps. Le coach de Los Angeles, Doc Rivers, regrettait l'attitude de ses joueurs en fin de match, leur reprochant d'avoir joué "petit bras":
On a voulu jouer la montre, et on a arrêté de jouer. On a abandonné ce match.
Après une telle performance, les Rockets préféraient quant à eux se focaliser sur leur propre réussite plutôt que de pointer du doigt les errements de l'adversaire. Dwight Howard, qui fut héroïque et verrouilla la raquette avec cinq rebonds et un contre dans le dernier quart-temps, soulignait les ressources mentales de ses coéquipiers, qui ont pourtant dû se passer des services de James Harden dans les derniers instants du match:
On continuait de se dire: "On n'abandonnera pas." On y a cru jusqu'au bout, personne n'a lâché l'affaire.
Quant à lui, le coach texan Kevin McHale ne cachait pas sa fierté et son estime envers ses joueurs :
Ils se sont réveillés et ils se sont battus, ils ont joué leur vie en défense. Ils se sont rendus compte qu'ils pouvaient réaliser quelque chose de grand.
Avec cette victoire cruciale, les Rockets ont récupéré la confiance en même temps que l'avantage du terrain. Cela ne pourrait cependant pas suffire, tant cette série semble avoir basculé dans l'irréel. Il serait tout de même dommage pour eux de se faire éliminer après une telle démonstration, un tel retour. Ils savent désormais ce qu'il leur reste à faire pour que leur come-back historique ne reste pas vain.