Bilan des frenchies : Killian Hayes, l'avenir lui appartient

Bilan des frenchies : Killian Hayes, l'avenir lui appartient

FFBB - Killian Hayes - Detroit Pistons - Sekou Doumbouya - Jeux Olympiques -
Crédit photo : NBA.com

La saison régulière 2020/2021 touche à son terme. Cet exercice, plus court, nous a de nouveau offert une place de choix à certains de nos compatriotes basketteurs. En cette année Olympique, les performances de nos frenchies étaient plus scrutées que jamais. Qui a brillé ? Qui a déçu ? C’est l’heure du bilan. Notre quatrième épisode est consacré à Killian Hayes.

 

  • LE CONTEXTE : UNE ARRIVéE EN GRANDES POMPES

 

Peu de français dans l’histoire NBA ont connu une arrivée aussi spectaculaire que Kilian Hayes dans la grande ligue. Lors de la Draft 2020, il a eu le bonheur d’être sélectionné à la septième place par les Pistons, devenant le français drafté le plus haut de l’histoire (devant Frank Ntilikina, 8ème en 2017). Aussi, il a très vite dû assumer sur ses épaules différents statuts. Celui de premier européen de sa Draft déjà, ou encore celui de troisième extérieur derrière les très médiatisés Anthony Edwards et LaMelo Ball. Mais dès son arrivée à Detroit, il a très vite dû comprendre qu’il arrivait sur un champ de ruines où il était attendu comme le batisseur du futur, le leader d’une jeune génération tout juste débarquée avec Saddiq Bey et Isaiah Stewart, autre draftés des Pistons. Si la ville de Detroit concentre toute la désolation d’une Amérique bien profonde plongée dans le chômage de masse, Hayes a pu se consoler de sa destination en retrouvant dans cette franchise son compatriote Sékou Doumbouya, ami de longue date. Mais c’est bien sur le terrain qu’il était attendu au tournant, comme le futur chef d’orchestre de Motor City.

 

  • L’ANNéE DU FRANÇAIS : UNE BLESSURE QUI TOMBE TRES MAL

 

Il est honnêtement très difficile de juger la saison de Killian Hayes sans parler de ce qui a malheureusement résumé une grande partie de cet exercice pour lui, une grosse blessure. C’était le 5 Janvier dernier à Milwaukee, où après seulement 6 matchs NBA dans les jambes il a subi une blessure à la hanche. Alors qu’elle semblait anodine dans un premier temps, les examens médicaux ont révélé une déchirure du labrum, muscle très spécifique qui fait le lien entre le fémur et la hanche, et donc qui déclenchait d’intenses douleurs chez le français. Conséquence, Killian Hayes a dû quitter les siens pendant 4 mois pour se débarrasser de cette blessure, soit presque l’intégralité d’une saison 2020/2021 écourtée.

 

Il est finalement revenu sur les parquets le 4 Avril, le temps de jouer un peu moins de 20 matchs dans une équipe de Détroit en mode tanking activé. Sur cette vingtaine de matchs, Killian Hayes a finalement prouvé toutes les qualités qu’on lui donnait avant la Draft, celles d’un meneur intelligent qui, s’il apprend encore les exigences de ce poste récent chez lui, a le potentiel pour devenir un organisateur fabuleux, en plus d’un scoreur spectaculaire. Pour rappel, Hayes a toujours joué comme un combo-guard en Europe, voir plus souvent sur le poste 2 que dans le rôle de meneur. Ainsi, cela peut expliquer son irrégularité dans la gestion d’une attaque, tantôt génial à la passe, tantôt maladroit. C’est ce qui dresse des statistiques atypiques cette saison, avec 6.8 points par match, mais surtout 5.3 passes décisives et 3.3 ballons perdus par match ! Hayes va devoir gagner en régularité, et affiner sa sélection de passes, c’est une certitude.

 

Enfin, ses performances au scoring peuvent être considérées dans la même tendance. Killian Hayes a là aussi le potentiel pour devenir un scoreur très difficile à arrêter, mais il va devoir pour ça trouver de la régularité, et régler la mire au shoot. En tant que meneur d’1m98, Hayes se sert très bien de son corps pour faire la différence dans le jeu mid-range, une fois qu’il a passé l’épaule sur son défenseur. Il développe ainsi un floater diablement efficace, qui pourrait devenir son arme fatale avec un peu plus de régularité. Le footwork du français, allié à sa bonne vitesse balle en main, font de manière générale de lui un attaquant très dur à marquer pour n’importe quel défenseur. Toutes ces qualités ne demandent qu’à être exploitées par une adresse retrouvée. Pour l’instant, Hayes n’a pas réglé la mire, mais on ne peut pas vraiment lui jeter la pierre après seulement 24 matchs NBA entrecoupés d’une blessure qui l’a empêché de jouer pendant 4 mois.

 

  • LA PERFORMANCE DE LA SAISON : LE VENT SE LèVE

 

C’était en début de semaine, à Chicago, que Killian Hayes a réalisé sa meilleure performance de la saison. Comme si le vent de la renaissance avait soufflé sur le français à Windy City. Sur cette rencontre, Killian Hayes nous a finalement offert le parfait résumé de sa saison, avec toutes les promesses qu’on a pu entrevoir lors du dernier mois de compétition. Il termine la rencontre avec 21 points, 8 passes décisives et 7 rebonds, pas si loin du premier triple double de sa carrière. Ce match peut lui servir de modèle à suivre, avec une adresse en bonne sante d’abord (9/17) et surtout une performance globale très complète où le français a pesé dans tous les secteurs du jeu. Cette performance est aussi le rappel que Hayes aura besoin de voir les Pistons étoffer l’effectif autour de lui, car tout bon distributeur du jeu nécessite des coéquipiers capables de sanctionner. Néanmoins, les 7 ballons perdus sur ce même match sont l’autre face d’une même pièce pour ce Killian Hayes version 2020/2021, qui va devoir apprendre à gommer ces erreurs évitables.

 

 

  • QUEL FUTUR POUR LE FRANÇAIS : TOUT POUR RéuSSIR

 

On l’a dit et répété, malgré le faible échantillon que nous a offert sa saison 2020/2021, la faute à une blessure bien gênante, on a tout pour penser que Killian Hayes a le profil parfait pour connaitre une longue carrière NBA remplie de succès. Combo-Guard athlétique, mobile et très intelligent avec une vision de jeu élite, il possède des qualités on ne peut plus adaptées au virage que devrait prendre la grande ligue dans les années à venir. Pour faire simple, il doit ‘’simplement’’ trouver de la régularité au tir et dans l’organisation du jeu, et l’avenir lui appartient. Plus facile à dire à faire me direz-vous, et vous avez raison ! Nombreux de nos compatriotes n’ont jamais trouvé cet élémént déterminant qu’est la régularité dans une NBA exigeante, mais on a toutes les raisons du monde de penser que Hayes sera l’un des meilleurs joueurs de sa cuvée. Pour cela, il faudra aussi que la malchance et les blessures restent loin de sa destinée, autrement dit qu’il n’ait plus à répéter ces séjours de 4 mois à l’infirmerie, terribles pour un espoir de 19 ans en plein développement.

 

  • JEUX OLYMPIQUES : LE TRAIN EST PASSé

 

Autant être clairs, Killian Hayes ne sera sans doute pas de la partie aux Jeux Olympiques 2021. Le français a très clairement raté le wagon lors de sa blessure. Les meilleurs extérieurs français se sont tous montrés très performants en Europe, et possèdent de l’expérience en Equipe de France, ce que Hayes n’a pas du tout. Du côté des joueurs NBA, Théo Maledon et Frank Ntilikina semblent tenir la corde pour être du voyage à Tokyo, grâce à une saison plus réussie pour le premier, et ici encore de l’expérience en sélection pour les deux d’entre eux. Néanmoins pas d’inquiétudes, en NBA comme en équipe de France, l’avenir appartient à Killian Hayes. Entre nous, on l’imagine d’ailleurs beaucoup mieux être le meneur titulaire des bleus pour la décennie à venir, davantage qu’un Ntilikina ou Maledon, qui semblent plus limités en termes de potentiel. Oui oui, on y croit à mort ici.