Accusé la bande des Nets levez-vous
Monsieur le Président, madame et monsieur les assesseurs, mesdames et messieurs les jurés passionnés.
Nous avons devant nous de brillants escrocs. Des escrocs sur le papier, des escrocs dans leur combines, des maîtres-corbeaux-sur-un-arbre-perché-chanteurs, des indignes de la passion. De quoi accuse-t-on la célèbre bande des Nets, plus connue sous le nom des "autres New-Yorkais" ou encore les novices pleins de vices d'après Jean Roucas ? Enlèvement et séquestration de Nets innocents dans les fonds du classement, tortures financièro-sportives, complicité de meurtre contre le leprechaun celtique et crime contre le professionnalisme.
Le cerveau de cette bande n'est autre que Михаил Дмитриевич Прохоров, que l'on traduit par Mikhaïl Prokhorov. Ce redoutable homme d'affaire, magnat de la métallurgie et de la finance, est arrivé sur le continent NBA avec une jolie mallette de plus de 365 millions de dollars et un projet de salle à Brooklyn. L'idée est belle, l'idée est osée, mais l'idée est ridicule. Depuis 2010, année où le Russe est devenu propriétaire des Nets, la franchise anciennement basée dans le New-Jersey tient un excellent bilan de 24-58, 22-44, 49-33, et bien sûr une disqualification dès le premier tour. Et dire que David Stern, dont la langue de bois encore pleine de copeaux, disait de l'arrivé
"Nous savons que sa passion pour le jeu et son sens des affaires seront d’une valeur considérable, non seulement pour les Nets, mais pour toute la NBA."
Good job David !
Ah la passion du jeu. Oui Mikhaïl Prokhorov est un drogué du jeu, mais c'est avec une franchise NBA qu'il s'amuse à la roulette russe et bizarrement il y a une balle dans le chaque trou du barillet. Et puis son sens des affaires n'importe quoi est en train de pourrir l'histoire des Nets.
Les Nets se sont retrouvés dans une sordide situation, sans pouvoir se débattre, sans pouvoir crier au secours. Ils se sont retrouvés au fond de la cave de bâtiment Est et ont été trimbalés de projet en projet, de joueur clé en joueur clé. Une véritable tournante sportive dont ils ont été victimes et dont ils ont honte. Voilà ce qu'a commandité Mikhaïl Prokhorov, et je vais vous prouver mesdames et messieurs les jurés passionnés à travers différentes pièces à conviction, les crimes dont la Bande des Nets se gargarisent.
Ne vous trompez pas, ces hommes n'y connaissent rien, sinon Deron Williams ne serait pas venu. Franchement qui aimerait avoir dans ses rangs, un joueur capricieux, râleur, qui aime avoir le dernier mot ou encore avoir le revolver du résultat sur votre tempe quand vous avez stylo sur le contrat ? Alors qui ? Les Nets n'ont-ils pas voulu Dwight Howard, grande diva et pivot superstar ? Les Nets voulait même Carmelo Anthony. Il est certain que ces joueurs sont très loin du stéréotype du joueur-enfant-roi. Ne voyez-vous pas l'ignominie de cette volonté à se faire mal avec des joueurs tels que ? Cette perversité notoire de la Bande des Nets est en train de couler une franchise, de ridiculiser la NBA. Ils aiment se s'aborder, ils aiment ça et c'est abominable.
Mikhaïl Prokhorov nous a ensuite fait une girouette en dégageant Avery Johnson, coach du mois de novembre 2012, mais victime par la suite de très mauvais résultat. Il parait que cette année il faut laisser du temps aux Nets pour se mettre en place, pour coexister, pour mieux vivre ensemble et bla bla bla bla. A un moment donné, faudrait savoir ce qu'on veut, réflexion qui d'ailleurs n'arrête pas de hanter les pensées ma partenaire de vie.
Cette année devait être l'année des Nets de Brooklyn et on voulait y croire. Oui, on veut y croire aux papys faisant de la résistance aux jeunes Stephen Curry, Paul George et autre James Harden, ces Jean Moulin sacrifiés et sans lumière au nom de l'histoire en cours de la NBA. On nous exhibe ses dollars qui rendraient hystérique un Madoff en manque, et qui nous promettent la belle aventure aux Nets et à la NBA. Oui on veut y croire à cette composition d'équipe de All-stars et au-delà de cette excitation qui anime la sphère orange, nous sommes en droit de nous attendre à du vrai spectacle, et non à un numéro de cirque ubuesque, auquel cas il ne nous est plus nécessaire de réveiller son coéquipier de vie pour suivre un match à 3 heures du mat. Autant regardez NRJ12 en pleine journée : l'effet, le vide et le temps perdus sont identiques, mais au moins vous économisez votre nuit de sommeil.
Alors pourquoi ça ne marche pas ? Cette prouesse on le doit à Billy King, qui n'a de King que le nom. Plus proche de Burger que Martin Luther (objection !), ce General Manager réformé est un homme est dangereux, pour notre passion du basket et pour la crédibilité des Nets. Mettre Jason Kidd aux commandes de cette armée de vrais gradés, c'est comme mettre Jean-Marc Morandini au JT de 20h, c'est incompatible ou suicidaire.
Faire de Deron Williams un franchise player ? Depuis quand D-Will est un bon joueur ? Depuis quand a-t-il été décisif ? J'entends déjà gronder les statisticiens qui rappellent les chiffres de Williams à la passe et aux points. Je répondrai simplement que le jeu ce n'est pas lui qui le fait aux Nets, c'est les autres qui lui offrent des opportunités de se distinguer. Aucune crédibilité sur le terrain, aucun leadership qui lui échappe depuis son transfert-punition, Williams n'a que ses chiffres pour augmenter celui de son contrat. King est faussement tombé dans le panneau et voyez le résultat. Du vide.
Vient ensuite une affaire ô combien douloureuse : le meurtre du leprechaun. Les Nets se sont acharnés à vouloir récupérer Paul Pierce et Kevin Garnett, emballé avec du Doc Rivers. Si ce dernier et parti apprendre le basket à Blake Griffin et le sens de la défense à Chris Paul, l'éternel capitaine des Verts et KG ont accepté l'inimaginable. Non ne vous fiez pas à mon costume vert, à mon trèfle vert, à mon père vert (Jean Roucas veuillez quitter la cour)… Ils ont accepté ce deal sous la malice du serpent Danny Ainge. Ce meurtre aussi ignoble soit-il, est un meurtre avec préméditation dont Ainge est le complice. En plus, Jason Terry se retrouve bien bête avec son leprechaun tatoué. Cela me rappelle ce dauphin tatoué en bas de mon bassin, triste résultat d'un.... Reprenons !
Les Verts étaient à terre et l'aire du Big Three venait à manquer. Un seul espoir, avoir de jeunes joueurs pour construire un nouvel avenir au Bostoniens. Et voilà ce que l'on offre à la franchise la plus titrés de la NBA : Gerald Wallace, MarShon Brooks, Kris Humphries, Kris Joseph, Keith Bogans et trois choix de draft au premier tour en 2014, 2016 et 2018. Elle est où la jeunesse qui doit exploser. Outre Wallace, qui assure le scoring ? Et la défense, qui en sera le patron ? Boston n'a récupéré que les miettes d'un management foireux, qui n'a pas évalué les risques de ces transferts, préférant la lumière à l'efficacité. "Le sens des affaires" qu'il disait.
Aussi je condamne Mikhaïl Prokhorov à revoir ses gammes en termes de management NBA, si possible en compagnie de Michael Jordan pour faire d'une pierre de coup. Je condamne Billy King à des travaux d'intérêt général à vie. Peu importe le contenu de cette tâche, que ce soit ramasser les feuilles mortes, repeindre les enseignes scolaires, décoller le chewing-gum des semelles de mes chaussures, du moment qu'il soit loin des bureaux du Barclay Center, cette sanction sera bénéfique pour tout le monde. Enfin je condamne Danny Ainge à être tondu et que l'on arbore le logo infâme de la bande des Nets sur son front, à coup de ballon de basket. Il faut rester logique et puis cela peut faire un bien fou à moi et mon maillot vert.
Ces sanctions sont dures, mais elles doivent être justes pour vous mesdames et messieurs les jurés passionnés. Je vous laisse seuls juges de la décision finale.
Je vous remercie de votre attention.