On pouvait penser qu’Indiana avait fait le plus dur en remportant trois matchs d’affilée dont deux à l’extérieur. Mais il ne faut pas oublier que cette équipe reste une énigme depuis plusieurs mois et peut passer sévèrement à côté d’une rencontre, même à domicile. Toutefois, ce ne serait pas rendre hommage au très bon travail de Randy Wittman que de mettre de côté la très grosse prestation de ses joueurs, à commencer par Marcin Gortat. Le Polish Hammer s’est fendu de 31 points avec un exceptionnel 13/15 aux tirs. Mais là où le pivot et ses coéquipiers ont fait la différence c’est bien au rebond. Avec 16 prises (dont 7 offensives), le Polonais a guidé les siens vers une performance historique. Les Wizards ont gobé 62 rebonds contre 23 pour les Pacers, soit un écart de 39, le plus important en playoffs depuis 1985. A la mi-temps, DC pointait en tête, mais Indiana a pris l’habitude de dominer les troisièmes quarts. Pas cette fois. John Wall s’est littéralement enflammé après la pause, scorant 17 de ses 27 points. Le meneur a permis aux siens d’enfoncer le clou, jusqu’à compter 30 unités d’avance à moins de 6 minutes du terme (93-63). Brad Beal, toujours aussi énergique, a connu quelques petites difficultés à régler la mire mais sa feuille de stats est tout à fait honorable (18 pts, 8 rbs, 4 pds).
En face c’est la débandade. Paul George (15 pts à 5/15) s’est montré incapable de confirmer son monstrueux Game 4. Idem pour Roy Hibbert qui affichait pourtant de bonnes dispositions. Le numéro 55 des Pacers n’a pas pes » du tout avec seulement 4 points et 2 rebonds en 25 minutes. Seul David West parvient à maintenir à peu près son niveau de jeu, avec 17 unités, 6 rebonds et un pourcentage acceptable. Petite satisfaction avec la bonne entrée de Chris Copeland, condamné à un temps de jeu famélique toute la saison. L’ex-Knick amène 9 points, soit autant que Lance Stephenson, mais en seulement 10 minutes.
Doc Rivers ne risque pas de digérer ce Game 5 de sitôt. Ses Clippers ont eu le match en main de bout en bout. A 4 minutes de la sirène, les Angelinos avaient 13 points d’avance (101-88). Kevin Durant était en perdition. Mais de manière assez incompréhensible, les hommes de Scott Brooks ont renversé la vapeur. Durant s’est mis à rentrer une série de gros shoots. Le Thunder est revenu (104-102). Puis les arbitres s’en sont mêlés. Plusieurs décisions assez douteuses ont conduit Oklahoma City à bénéficier de trois lancers-francs. Russell Westbrook et son mental inébranlable n’ont pas flanché. OKC s’impose finalement 105 à 104. Personne ne sait comment la série va se terminer. Ce qui est sûr, c’est que cet événement va marquer au fer rouge la postseason des deux franchises. Malgré ses habituels trous d’air, le Russ’ s’offre tout de même 38 points, 5 rebonds, 6 passes et 3 interceptions. Kevin Durant a lui-aussi bien noirci sa ligne de stats (27 pts, 10 rbs, 5 pds) mais hormis les lancers-francs et ses shoots clutch, le nouveau MVP a vécu une soirée très très compliquée.
Les Clippers, au-delà, de l’arbitrage peuvent avoir aussi quelques regrets. Blake Griffin a rendu une belle copie avec 24 points et 17 rebonds, mais sa disparition des radars dans le dernier quart (1 pt à 0/4) a été préjudiciable. Chris Paul a une nouvelle fois fait parler sa maestria (17 pts, 14 pds, 4 ints) mais a commis quelques imprécisions lourdes de conséquences. Jamal Crawford, certes très maladroit (7/22 aux tirs) a eu le mérite de continuer à se battre dans le money time. DeAndre Jordan, lui, a joué les fantômes toute la soirée (0 pt, 4 rbs, 6 fautes en 20 minutes).