Victor Wembanyama leader de la course au MVP
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Victor Wembanyama leader de la course au MVP

Jules Behaghel 29/3/2026 à 16h55
Victor Wembanyama - San Antonio Spurs - Shai Gilgeous-Alexander - Nikola Jokic - Luka Doncic

Le Kia MVP Ladder hebdomadaire dévoilé vendredi par la NBA réservait une surprise majeure : Victor Wembanyama est désormais premier ce qui fait de lui le favori dans cette course. Il dépasse Shai Gilgeous-Alexander qui se retrouve deuxième.

Et si Victor Wembanyama devenait le plus jeune MVP de l’histoire, dépassant Derrick Rose en 2011 ? Cette hypothèse semble de plus en plus plausible puisque selon le classement réalisé par des journalistes, il est désormais le favori devant Shai Gilgeous-Alexander, Nikola Jokic et Luka Doncic.

 

  • Une auto-promotion payante

 

Il semblerait que la propagande qu’il a lancée cette semaine a eu un effet immédiat sur les spécialistes : il est passé de la troisième à la première du Kia MVP Ladder en une semaine. Il faut dire qu’il a su présenter des arguments pertinents pour défendre sa cause. Selon lui, et à juste titre, l’importance de la défense est trop sous-estimée dans la réflexion des votants alors qu’elle représente « 50% du jeu ». Sur l’aspect défensif, l’alién français est à des années lumières de ses concurrents, peu réputés pour leur qualité défensive, ce qu’il souligne : « elle est sous-estimée jusqu’à présent dans la course au MVP, car je pense être le joueur le plus influent défensivement de la ligue ».

 

Il a également ajouté deux autres arguments : « Deuxièmement, nous avons quasiment balayé OKC cette saison et nous les avons dominés à trois reprises avec leur équipe type… Et troisièmement, l’impact offensif ne se résume pas aux points marqués. »

 

Le joueur des San Antonio Spurs a reçu un soutien surprenant puisque Draymond Green a défendu les propos du français : « J’ai détesté… et j’ai absolument adoré. Wemby a dit que la défense représente 50 % du jeu. Comme si personne ne le savait ? Personne n’a réalisé que 50% du jeu auquel on joue se passe de ce côté du terrain ? J’ai détesté qu’il ait dû faire ça pour que ce soit dit. Et tout d’un coup, t’allumes la télé et tout le monde est là à dire ‘en fait peut-être que Wemby est le MVP. »

 

L’ancien meilleur défenseur de l’année avec les Warriors a ajouté, toujours sur l'aspect défensif, que « Ça en dit long sur le basket. Tout le monde critique Luka Doncic quand il ne défend pas assez. Mais on a un gars qui défend des équipes entières, et personne ne le prend en compte jusque’à ce qu’il dise que la défense c’est 50% de ce sport. » Il critique finalement le fait que « si tu ne parles pas, les gens ne voient pas » comme le montre l’exemple d’Evan Mobley l’année dernière : « Jusqu’à ce qu’Evan Mobley ne finisse par dire quelque chose l’année dernière, personne n’allait lui donner le Defensive Player of the Year. »

 

  • Des statistiques de MVP

 

Cette saison, les Spurs sont la deuxième meilleure défense de la NBA avec un defensive rating de 109,5 en sa présence contre 117,9 (21ème) lorsqu’il n’est pas sur le terrain. Il est également large leader de la ligue au nombre de contres, sans compter les tirs dissuadés, c’est-à-dire que ses adversaires n’osent pas prendre par peur du contre justement. Il devrait selon toute vraisemblance être élu DPOY à la fin de la saison au vu de ses statistiques et des résultats collectifs.

 

Sur l’aspect offensif, il est en retrait de ses concurrents notamment à la moyenne de points : il marque en moyenne 24,2 points contre 33,6 pour Doncic ; 31,5 pour SGA et 27,8 pour Jokic (avec également 11 passes décisives de moyenne). Cela peut s’expliquer par son temps de jeu inférieur (moins de 30 minutes de moyenne) mais aussi son usage rate, le pourcentage d’action d’une équipe qui finit par un tir ou une perte de balle du joueur étudié, inférieur à celui des autres. Sur un temps de jeu ramené à 36 minutes (environ la moyenne des trois autres), il aurait une moyenne de 29,8 points par match. Mais, si l’on suit son raisonnement, la défense vient donc compenser ce léger point faible et l’attaque ne se résume pas aux points marqués.

 

  • Un enjeu de plus dans la fin de saison

 

Reste alors le bilan collectif. Les quatre joueurs évoluent dans la conférence Ouest ce qui facilite les comparaisons. SGA et OKC affichent le meilleur bilan de la ligue (58-16) avec deux victoires d’avance sur les Spurs (56-18). Les Nuggets et Lakers sont plus loin avec des bilans respectifs de 47-28 et 48-26. La course à la première place sera d’ailleurs l’un des enjeux de cette dernière ligne droite de la saison régulière.

 

Attention néanmoins, les places ne sont pas figées et du tout et tous semblent encore en mesure de renverser la hiérarchie sur les trois semaines restantes. Il faudra donc continuer à performer pour le géant français afin de s’assurer un titre qui serait historique. Attention également, ses concurrents pourraient eux aussi être tentés de défendre leurs intérêts et cela pourrait bien inverser la tendance…

 

Même s’il ne remportait pas ce titre, sa saison est déjà une réussite puisqu’il devrait donc devenir DPOY et que les Spurs sont qualifiés directement pour les play-offs. Une progression énorme pour cette jeune équipe qui n’avait fini que 13ème l’année passée. Nul doute d’ailleurs qu’il échangerait un possible titre de MVP contre le titre suprême en fin de saison. Néanmoins, vu l’état d’esprit du prodige, il a pour ambition de faire coup double : « Pour l’instant, il est encore raisonnable qu’il y ait débat. Mais comme je l’ai dit, mon objectif est de faire en sorte qu’il n’y ait plus aucun débat à la fin de la saison. »