Après une saison 2024/2025 pleine de surprise où les Pacers avaient atteint les finales et touché du doigt le graal, la saison suivante a été beaucoup moins réjouissante. Pour rappel, Indiana élimine tour à tour Milwaukee, Cleveland et New-York pour se retrouver en finale face à Oklahoma City Thunder. Joute particulièrement indécise qui trouvera son dénouement au match sept. Malheureusement, Tyrese Haliburton se blesse gravement au début de son récital. Coup fatal pour Indiana et son leader qui ne pourront que regarder la victoire leur échapper. La saison 2025/2026 sera dans le même ton : "un seul être vous manque et tout est dépeuplé" comme disait Lamartine. Loin de son reluisant bilan (50-32, quatrième de l'Est) de l'année d'avant, les Pacers sont désormais avant dernier de leur conférence (19-63, quatorzième de l'Est). L'attaque est particulièrement pauvre (vingt-neuvième sur trente à l'offensive rating) et la défense l'est presque tout autant (vingt-troisième au defensive rating). Pascal Siakam, All-Star, a tenté de maintenir l'équipe à bout de bras mais en vain. Malgré quelques fulgurances, les blessures et l'absence de vraie stabilité auront raison de la saison de la franchise.
Arrivées : Kelly Oubre Jr., Larry Nance Jr. Draft : Braden Smith (38ème pick, two-way contract) Départs : Kam Jones, Micah Potter, Taelon Peter, Ethan Thompson
L’été côté Pacers a été plutôt calme. Les gros changements ont surtout eu lieu à la deadline avec l’arrivée d’Ivica Zubac en provenance des Clippers contre Bennedict Mathurin, Isaiah Jackson et plusieurs choix de Draft. Indiana a préféré miser sur le retour de ses cadres et sur l'alchimie qu'ils ont créée jusque-là.
Meneurs : Tyrese Haliburton, T.J. McConnell, Quenton Jackson, Braden Smith
Arrières : Andrew Nembhard, Ben Sheppard
Ailiers : Aaron Nesmith, Kelly Oubre Jr., Johnny Furphy, Jarace Walker, Jalen Slawson, Kobe Brown
Ailiers-forts : Pascal Siakam, Obi Toppin, Larry Nance Jr.
Pivots : Ivica Zubac, Jay Huff
PG : Tyrese Haliburton - SG : Andrew Nembhard - SF : Aaron Nesmith - PF : Pascal Siakam - C : Ivica Zubac
On retrouve peu ou prou le même cinq majeur qui a marqué les finales 2025. Tyrese Haliburton fait son grand retour sur les parquets après en avoir été écarté pendant plus d'un an. Le retour devrait se faire progressivement mais nul doute que le meneur saura retrouver ses marques rapidement. Andrew Nembhard a vu sa saison émaillée de quelques blessures qui lui ont fait manquer vingt-cinq matchs. Il avait pourtant élevé son niveau de jeu et avait pris des responsabilités. Jeune encore prometteur, il pourra encore cette saison soulager son meneur, porter le ballon et défendre solidement ses adversaires. Aaron Nesmith signera sa cinquième saison sous le maillot des Pacers. Parfait glue guy de cette équipe, il apportera de nouveau du tir, de l'énergie et une agressivité certaine. Pascal Siakam a tout tenté pour sauver les meubles l'an passé mais tout le monde savait que le costume était trop grand pour lui. Il pourra retourner à son rôle d'arme offensive. Défenseur plus que correct, il est toujours un des meilleurs two-way player de la ligue. Enfin, Ivica Zubac viendra remplacer Myles Turner dans la raquette. Il se spécialisera dans le rebond, les écrans et une présence physique plus rugueuse qu'auparavant.
Kelly Oubre Jr. devrait être le sixième homme de luxe de cette équipe. Son scoring pourra parfois sortir Indiana d’un mauvais quart-temps et son profil d’ailier athlétique est complémentaire à celui de Nesmith. Défenseur correct, il permettra de maintenir la pression défensive quand les titulaires seront sur le banc. T.J. McConnell devrait rester le véritable patron de cette second unit. Même à 34 ans, son activité, son intelligence et son agressivité continuent de faire basculer des séquences. Il faudra simplement gérer ses minutes pour l’avoir en pleine forme dans les moments cruciaux. Obi Toppin sera toujours précieux en transition et sur les finitions près du cercle, particulièrement aux côtés de McConnell ou Haliburton. Larry Nance Jr. est un ajout moins clinquant mais sans doute très utile. Capable de jouer 4 ou 5, de défendre et de faire circuler le ballon, il devrait rendre de fiers services à Rick Carlisle. Enfin, la franchise a récupéré Braden Smith, meneur de Purdue et meilleur passeur de l’histoire NCAA. Son two-way contract devrait le conduire en G-League dans un premier temps avant de peut-être gratter du temps de jeu en sortie de banc. Jay Huff apportera de la taille et de la protection de cercle. Enfin, Jarace Walker devrait se frayer une place dans cette rotation. Son tir extérieur et sa polyvalence peuvent en faire un véritable couteau suisse. Il devra confirmer que sa bonne dernière saison n'était pas seulement due à un effectif réduit.
Le retour du roi ? Comme la saison précédente nous l'a montré, cette équipe dépend énormément de son franchise player. Et encore une fois, toute la saison des Pacers dépendra de son niveau. Avant celle-ci il était un meneur rayonnant, capable d’enflammer une salle avec une passe improbable ou un tir décisif. Son leadership, sa hargne et sa détermination étaient parmi les plus impressionnantes de la ligue. Son retour ne devra pas forcément se concentrer sur le scoring mais plutôt sur le tempo, sa vision et sa capacité à bonifier le collectif. Certains joueurs sont très bien revenus de ce genre de blessure, d'autres n'ont plus jamais été les mêmes. À voir dans quelle catégorie se classe Haliburton.
La continuité : Haliburton, Nembhard, Nesmith, Siakam, McConnell et Toppin se connaissent parfaitement. Ce groupe a déjà prouvé qu’il savait gagner et est prêt à le refaire.
Un cinq majeur complet : Indiana possède du talent à chaque poste, du playmaking, du tir, de la défense sur les ailes et enfin un véritable pivot de métier avec Zubac.
Rick Carlisle : L’un des meilleurs entraîneurs de la ligue reste à la barre. Il sait faire jouer ses équipes vite, faire grandir ses jeunes et adapter ses rotations selon l’adversaire.
L’inconnue Haliburton : un tendon d’Achille n’est pas une blessure anodine et un an sans jouer, c'est très long. Retrouver son explosivité, son rythme et ses automatismes prendra du temps.
La profondeur : Indiana possède un cinq majeur fort, un banc solide mais pas si profond que ça. Une blessure à Nesmith ou Siakam par exemple laisserait vite apparaître les limites de la rotation.
Le prix payé pour Zubac : Indiana a sacrifié beaucoup d’assets pour se renforcer. Entre cet échange et le retour de leur star, la franchise veut à tout prix gagner maintenant.
L'incertitude autour du retour d'Haliburton les rend difficiles à classer. Ce qui est sûr c'est que le bilan de l'an passé n'est pas totalement représentatif du niveau de cette équipe. Le temps de retrouver ses marques, de faire quelques ajustements, les Pacers risquent de laisser filer des victoires. L’Est est plus relevé que jamais mais Indiana a les moyens de se battre pour la cinquième place. Un bilan à 46 victoires pour 36 défaites semble donc cohérent.