Anthony Davis : the beast is coming !

Anthony Davis : the beast is coming !

ginobili_20 7/2/2014 à 13h00

Impossible de contenter tout le monde lors des sélections pour le All-Star Game. Il y aura toujours des heureux et des malheureux du côté des joueurs et des fans. Surtout du côté des joueurs... Comme ce fut le cas pour Lance Stephenson. Anthony Davis est resté discret vis-à-vis de sa non-sélection. C'est peut-être dans son caractère, mais de toute manière, si ce n'est pas aujourd'hui qu'il est sélectionné, ça le sera demain ! Ça ne fait aucun doute vu sa progression exponentielle depuis le début de la saison. 

 

Commençons par l'aspect statistiques avec un superbe tableau :

 

Saisons Points Rebonds Contres Minutes
2012/2013 13,5 8,2 1,8 28,8
2013/2014 20,5 10,5 3,5 36
Différentiel + 7 + 2,3 + 1,7 + 7,2

 

C'est pas mal pour commencer non ? Son année sophomore est tout simplement impressionnante. Mais sa non-sélection s'explique sans doute par le "mauvais" bilan des Pelicans. Nous avons mis des " " car avec un bilan similaire (21-27), les coéquipiers de Davis seraient pratiquement qualifiés en playoffs dans la conférence EST. Davis est le seul joueur de 20 ans (depuis Shaq), à compiler plus de 20 points, 10 rebonds et 3 contres de moyenne... On cherche des raisons pour expliquer cette non-sélection mais on ne parvient pas à en trouver de concrètes ! Passons donc à autre chose, allez non, une petite dernière ! Son Player Efficiency Rating (PER) est de 26,72 pour cette seconde année, au même âge, C-Webb était à 21,7 PER, Howard à 19,3 PER et Garnett à 18,2 PER. Bien évidemment, ces comparaisons peuvent apparaître quelque peu simplistes mais tout de même ! La valeur du joueur est bien réelle et ce PER très élevé est le fruit d'une activité accrue des deux côtés du terrain.

  • Un As du Pick-&-Roll

Nous constatons à travers le tableau précédent que l'impact offensif de Davis a considérablement augmenté cette saison. Cela s'explique, outre son temps de jeu décuplé, par de son implication de plus en plus importante dans les systèmes offensifs de Monty Williams. En effet, il est passé de 10,6 tentatives aux shoots à 15 par match, tout en préservant un pourcentage d'adresse très solide (de 51,6 % à 51,8 %). Son efficacité offensive est excellente et pour illustrer ce constat, il s'avère que Davis inscrit 118 points sur 100 possessions, autant que Lebron James la saison de son premier titre avec Miami.


Sa zone de prédilection ne dépasse pas trois mètres -80 % de ses tentatives se font dans cette aire de jeu-, où il affiche une réussite de 60%. Ceci ne veut pourtant pas dire qu'il reste planté sous le cercle. Bien au contraire ! Davis demeure très agressif sur les pick-and-roll et dispose d'une superbe mobilité pour un joueur de sa taille. Il peut donc aisément déborder son adversaire lorsqu'il se retrouve en situation d'isolation ou encore profiter d'une remise suite à un pick-and-roll pour se projeter férocement vers le cercle.

 

Anthony Davis se consacre à ce qu'il sait faire et il le fait bien, il tente moins de shoots en périphérie que la saison dernière -24 % de ses tentatives l'an passé contre 18 % cette saison-, et c'est donc sans surprise que son nombre de lancers-francs tentés par match ait pratiquement doublé par rapport à la saison passée (3,5 contre 6,5 cette saison à 77%). Davis use régulièrement du pick-&-roll mais demeure en parallèle un solide rebondeur offensif avec pas moins de 3,7 rebonds de moyenne soit le 6ème meilleur total de la ligue. Ceci vient donc renforcer la statistique des 80% en deçà de la zone des 3 mètres.

  • Un défenseur mature

Nous expliquions un peu plus haut que l'aura du jeune Davis ne s'arrêtait pas au simple secteur offensif. La situation défensive où Davis excelle est la situation d'isolation où l'intéressé ne concède que 0,8 points par possession. Autrement dit, il ne vaut mieux pas tenter un shoot au nez et à la "barbe" de l'ailier tentaculaire car il s'agit bien de ça ! Son envergure lui permet de gêner considérablement un shooteur extérieur par exemple, en témoigne cette vidéo.



Non plus sérieusement !



Sa faculté à contrer est assez hallucinante, voir exceptionnelle ! Afin d'illustrer ce propos, voici un petit comparatif des meilleurs contreurs de ces dernières années lors de leur année sophomore.

Joueurs Moyennes de contres Total de contres
Serge Ibaka 2,4 198
Dwight Howard 1,4 115
Roy Hibbert 1,6 131
Andrew Bogut 0,5 35
JaVale McGee 1,7 101
Anthony Davis 3,3 132 

 

Davis n'a joué que 40 matchs cette saison et a déjà effectué plus de blocks sur une demi-saison que la quasi-totalité des joueurs préalablement cités. Est-il nécessaire d'en rajouter ? L'ancien de Kentucky a le potentiel pour terminer parmi les meilleurs contreurs de l'histoire de cette ligue, le potentiel hein ! Les incertitudes sont nombreuses dans la carrière d'un joueur mais c'est tout ce qu'on lui souhaite car il en a les capacité et l'envergure (2,22 mètre, Hasheem Thabeet mesure 2,21 m...). Cette saison, il a déjà réalisé neuf matchs à au moins 6 contres, il frôla le triple double à deux reprises ainsi que le five by five au mois de novembre :

 

- 13 points, 9 rebonds, 9 contres face aux Sixers

- 29 points, 9 rebonds, 8 contres face au Jazz

- 25 points, 8 rebonds, 6 contres, 6 interceptions, 4 passes face aux Bobcats

 

Assistons-nous à l'éclosion du futur meilleur intérieur de toute la NBA ?