Agé de 26 ans, Rudy Gay évolue actuellement aux Toronto Raptors où il joue au poste de smallforward. Originaire de Baltimore dans le Maryland, il y a passé son enfance et ses années lycée avant son arrivée à Uconn puis à Memphis. Retour sur le parcours du joueur.

Avant d’entrer à l’université, Rudy Gay s’est fait remarquer dès le lycée, notamment dans son année sénior (avec plus de 21 points, 9,2 rebonds et 3,7 contres par match de moyenne). Ses bonnes performances lui ont permis d’accumuler les récompenses : une sélection au McDonald’s All-American en 2004 ainsi qu’au Nike Hoop Summit. Pour poursuivre en NCAA, il choisit l’université de Connecticut et devient un Huskie durant deux saisons. Il complète un beau roster puisque Charlie Villanueva, AJ Price ou Hilton Amstrong sont présents. Pour sa première saison, Connecticut remporte 23 matchs (pour 8 défaites) mais échoue au deuxième tour contre North Carolina State (la saison précédente, Uconn avait remporté le titre avec Emeka Okafor et Ben Gordon). Pour Gay, la transition semble un peu difficile mais ses statistiques sont plutôt bonnes : 11,8 points et 5,4 rebonds en 28 minutes de temps de jeu. Ses pourcentages aux tirs sont par contre très bons : 46,2%, dont 46,7% à trois points. Il remporte cependant le titre de Big East Conference Freshman of the year award en compagnie de Jeff Green (à Georgetown et actuellement à Boston). Sa bonne saison lui permet d’être appelé chez Team USA des moins de 21 ans pour le championnat du Monde. Cette expérience en poche, il rempile pour une deuxième saison avec les Huskies. Ses statistiques sont en hausse : 15,2 points, 6,4 rebonds (mais un pourcentage à 3 points en baisse, 31,8%). Il réalise de très belles performances : 28 points contre l’université d’Arkansas, 22 points contre Syracuse…Uconn finit avec 30 victoires et 3 défaites mais perd en finale régionale. Il est bien sûr dans la meilleure équipe de la Big East. Après deux saisons, il choisit de se présenter à la draft NBA.

En 2006, avant la draft, les observateurs décrivent les points forts et les faiblesses de Gay. Les plus : athlétique, un arsenal offensif complet, travailleur, avec un potentiel. Les moins : n’a pas l’air d’être toujours concerné, tendance à disparaître dans les moments importants, manque de confiance ou de maturité. Malgré tout, il est considéré comme un top player. Le 28 juin à New York, on retrouve à côté de Rudy Gay, Andrea Bargnani (1er choix), LaMarcus Aldridge (2ème choix), Brandon Roy (6ème choix), ou Rajon Rondo (21ème choix). Lui est choisi en 8ème position par les Houston Rockets mais directement envoyé chez les Memphis Grizzlies.
Il débute donc sa carrière NBA durant la saison 2006-2007 avec 10,8 points et 4,5 rebonds. Il est plusieurs nommé rookie du mois et fait partie de la première équipe rookie de l’année. Il finit troisième au titre de rookie de l’année (derrière Brandon Roy et Andrea Bargnani). Aux côtés de Pau Gasol, Memphis finit avec 22 victoires et 60 défaites. Pour sa deuxième année, Gay va avoir plus de responsabilités puisque Pau Gasol est transféré aux Los Angeles Lakers ; il devient donc le leader offensif de l’équipe avec une moyenne de 20,1 points et 6,2 rebonds par match. Hélas, le bilan de Memphis est toujours aussi mauvais. Durant cette saison, il est invité à participer au slam dunk contest du All Star Game (La Nouvelle-Orléans) mais ne remporte pas le concours. La saison 2008-2009 est identique : Memphis finit avec un bilan négatif (24 victoires contre 58 défaites), Gay a de bonnes statistiques, certes un peu en baisse (18,9 points et 5,5 rebonds) et connait quelques blessures. La saison 2009-2010 montre quelques signes encourageants puisque Memphis termine la saison quasiment à l’équilibre (40 victoires pour 42 défaites) et Rudy Gay reste le scoreur numéro 1 avec 19,6 points et 5,9 rebonds.
Si ses capacités à scorer sont indéniables, les observateurs sont de plus en plus perplexes sur les possibilités de Gay à rendre les autres joueurs meilleurs. Surtout, beaucoup doutent qu’il soit un franchise player. Ces doutes, Gay en est conscient au point qu’il ne pense pas obtenir de prolongation de contrat en septembre 2010 (il avait refusé une extension de contrat en 2009). Et pourtant, à la surprise générale, Memphis lui propose un contrat de 5 ans à 82 millions de dollars. Ce contrat est certes une bonne nouvelle mais il met une sacrée pression sur Gay. Il va devoir justifier ce gros contrat et montrer qu’il peut porter son équipe. Pour cette saison 2010-2011, l’effectif de Memphis est plutôt complet (Mike Conley, Zach Randolph, Marc Gasol, OJ Mayo). Après 46 victoires et 36 défaites, les Grizzlies se qualifient pour les playoffs. Avec 19,8 points et 6,4 rebonds, Gay répond toujours présent. Hélas, en février, il se blesse à l’épaule contre les Sixers. Il va devoir se faire opérer. Surtout, il va suivre du banc le parcours incroyable de Memphis durant les playoffs (ils éliminent les Spurs et forcent un match 7 contre le Thunder). Cette belle saison relance un peu plus le débat sur Rudy Gay. En effet, les Grizzlies ont montré une belle cohésion, un beau jeu en équipe avec des joueurs qui ont pris leurs responsabilités (Randolph, Gasol et Conley notamment). On se demande aussi si la présence de Rudy Gay aurait permis aux Grizzlies d’aller plus loin. Cette question pousse Memphis à lui laisser une chance (et à ne pas regretter le contrat donné l’année précédente).
La saison 2011-2012 est très bonne pour Memphis (4ème place) et Gay continue dans les mêmes statistiques. Mais en playoffs, les Grizzlies sont sortis dès le premier tour par les Clippers (et ce malgré une série en 7 matchs). Cette défaite relance définitivement le cas de Rudy Gay et il est clair que le front office de Memphis cherche à le transférer. Son contrat fait aussi réfléchir puisqu’il lui reste 52 millions de dollars à toucher. Pourtant, à la reprise 2012, Rudy Gay est toujours là, sans doute que son contrat a refroidi plus d’une équipe. Même s’il se sent sur un siège éjectable, il continue dans ses standards habituels. Mais le 30 janvier, c’est officiel, Rudy Gay est transféré à Toronto dans un deal à trois équipes (Memphis, Detroit et Toronto). Pour Memphis, c’est le côté financier qui est mis en avant mais le GM ainsi que Zach Randolph estiment pourtant que les Grizzlies seront meilleurs sans lui (ils n’auront pas tort puisqu’ils iront jusqu’en finale de conférence contre les Spurs).

Gay atterrit donc à Toronto où il retrouve son ami d’enfance Kyle Lowry. Il joue 33 matchs sous ses nouvelles couleurs et le changement n’a pas d’impact sur ses statistiques : 19,5 points et 6,4 rebonds. Il manque cependant plusieurs matchs en mars pour une blessure au dos. Les Raptors ne se qualifient pas pour les playoffs. Durant l’été, DeRozan et Gay vont travailler ensemble afin d’avoir des automatismes en match pour la saison prochaine. Gay s’est aussi fait opérer des yeux afin d’avoir une vision nette. Pourtant, les rumeurs n’ont pas stoppé puisqu’on parlait d’un possible transfert. Detroit s’est positionné mais Toronto ne semble pas à même de le laisser partir pour pas grand-chose (mille excuses à Charlie Villanueva et Rodney Stuckey). Le joueur a même tenu à clarifier la situation sur son compte Twitter en indiquant qu’il comptait faire une pleine saison à Toronto et tenter de les emmener en playoffs. A Toronto, Rudy Gay est plutôt bien entouré et l’arrivée de Masai Ujiri en tant que GM devrait permettre une bonne gestion de l’effectif (pour rappel, le bon travail mené à Denver). Avec DeMar DeRozan, Kyle Lowry, Landry Fields, Terrence Jones, Tyler Hansbrough, DJ Augustin et le prometteur Jonas Valanciunas, le roster est intéressant. Rudy Gay ne devrait pas avoir de mal à poursuivre dans ses statistiques équilibrées depuis le début de sa carrière. Il devra apporter de son expérience dans cet effectif jeune avec un potentiel intéressant. Il reste la première arme offensive des Raptors et son association avec DeRozan peut être intéressante. Gay est la star de l’équipe et il va devoir se faire violence pour devenir un leader, ce qu’il n’a pas réussi à faire à Memphis. Il doit évoluer s’il ne veut pas rester dans les mémoires comme un très grand scoreur incapable de porter une équipe. Au final, si personne n’a jamais douté de ses qualités et même de son potentiel, Gay a, tout au long de sa carrière, dû gérer toutes les questions à son sujet comme un boulet accroché à la cheville. Son arrivée à Toronto n’a pas stoppé les débats. Profitera-t-il de la prochaine saison pour faire tous ses détracteurs ?
Alors, Rudy sur-estimé ou sous-estimé? De mon point de vue, ni l'un, ni l'autre. Il suffit de relire les bilans avant la draft pour se rendre compte qu'il n'y aurait pas de surprise à avoir: gros potentiel athlétique, grosse palette offensive mais pas de grosses qualités de leader. C'est justement ce qu'on lui reproche aujourd'hui, il ne porte pas une équipe à lui seul. Tandis que d'autres joueurs se révèlent en leader dès l'université, ce n'était pas réellement le cas de Gay. Il fait le boulot comme il l'a toujours fait; il plante des points, claque des gros dunks et est une option offensive majeure. Sous-estimé? Pour moi, non. Malgré tout, c'est un joueur discret, qui ne fait pas de vagues sur et en dehors du terrain. Ce n'est pas non plus un show-man. Encore une fois, il fait le boulot oui. A Memphis, il pouvait réellement se mettre dans la lumière, il ne l'a jamais vraiment fait. Pire, plus les saisons avancées, plus on avait l'impression qu'il s'effaçait. Fan ou pas du joueur, on aime ses dunks rageux et on espère qu'il remettra Toronto sur la carte des playoffs rapidement. Voir qu'il fera taire une fois pour toute ses détracteurs?