Enes Kanter ne prendra pas part au London Game entre les Knicks et les Wizards

Enes Kanter ne prendra pas part au London Game entre les Knicks et les Wizards

Emes Kanter - New York Knicks
Crédit photo : Mike Stobe/Getty Images/AFP

Le pivot turc, accusé de participer à une organisation terroriste par les autorités turques, considère que son déplacement à Londres constitue un risque.

Enes Kanter est un opposant notoire au Président turc, Reçep Tayyip Erdogan. Le pivot turc attaque régulièrement les autorités de son pays sur les réseaux sociaux, tout en affichant son soutien à l’organisation dirigée par Fethullah Gülen qui est officiellement considérée par la Turquie comme une organisation terroriste. Gülen est notamment tenu responsable de la tentative de coup d’État survenue en Turquie en juillet 2016, et qui a débouché sur une vague de licenciements et d’emprisonnements de fonctionnaires accusés d’avoir participé au soulèvement et d’appartenir à l’organisation dirigée par Fethullah Gülen.

 

En ce qui concerne la situation d’Enes Kanter, le Procureur d’Istanbul a décidé de solliciter INTERPOL pour diffuser un mandat d’arrêt international émis à l’encontre du pivot remplaçant des Knicks. Les autorités turques ont annulé le passeport de Kanter en 2017, annulation qui est par ailleurs la raison invoquée par la Direction des Knicks au sujet de l’absence de leur joueur à Londres. De son côté, Enes Kanter a affirmé que sa volonté de ne pas accompagner ses coéquipiers au Royaume-Uni est motivée par de supposées menaces adressées à son encontre.

 

Si des accords d’extradition existent entre les États-Unis et la Turquie, la probabilité que les autorités américaines accèdent à la demande de la Justice turque est très faible. Les sollicitations répétées pour extrader Fethullah Gülen n’ont jamais abouti pour le moment, et le mouvement dont il est le leader n’est pas reconnu comme une organisation terroriste outre-Atlantique.

 

Dans un article de Sports Illustrated, la procédure aboutissant jusqu’à l’arrestation puis l’extradition d’une personne est analysée en détail. On y apprend qu’il s’agit d’une procédure longue et complexe qui peut être arrêtée dès que la demande est considérée non-conforme. Les États-Unis et la Turquie ont signé un accord d’extradition dans lequel 33 chefs d’accusation sont mutuellement reconnus. Si le cas d’Enes Kanter n’entre pas dans ces 33 points, il ne sera pas extradé. De même, si la Justice américaine décide d’examiner le mandat d’arrêt international, elle peut refuser de l’appliquer si elle considère que l’accusation est mue par des motifs politiques.