Difficile de faire mieux qu’OKC en saison régulière sur les trois dernières saisons puisqu’ils ont fini en tête de la Conférence Ouest à chaque fois. Après avoir remporté 68 matchs et le titre NBA en 2025, les coéquipiers de Shai Gilgeous-Alexander ont encore dominé la saison régulière avec 64 victoires pour seulement 18 défaites. Bilan qu’on aurait pu espérer plus élevé au vu du début de saison marqué par 24 victoires lors de ses 25 premiers matchs.
Comme depuis plusieurs années, la franchise a été portée par Shai Gilegous-Alexander, MVP de la saison régulière et des Finales en 2025, élu MVP pour la deuxième saison consécutive. Sa performance est d’autant plus remarquable que ses deux lieutenants, Jalen Williams et Chet Holmgren, ont vécu des saisons en demi-teinte, le premier à cause des blessures et le second n’ayant pas vraiment franchi le pallier attendu.
Fort de ses 82 matchs tout en maîtrise, le Thunder abordait les play-offs en ultra favori et avec le plein de confiance et cela s’est vu : 8-0 sur les deux premières séries, 2 sweeps face aux Suns puis aux Lakers qui n’ont rien pu faire face à la puissance du champion en titre. La route s’élevait alors pour la finale de conférence avec les jeunes et affamés Spurs de Victor Wembanyama.
Après une série très disputée, OKC a fini par rendre les armes au terme d’un match 7 pourtant disputé à domicile et malgré le fait qu’ils aient eu deux opportunités de conclure la série. Cela n’a pas suffi et le Thunder n’est donc pas parvenu à conserver son titre, ce qu’aucune équipe n’a fait depuis les Warriors de 2017 et 2018. Cet échec, s’il reste une déception, ne remet pas en question la faculté d’OKC à aller chercher le titre cette année.
Draft : Aday Mara (12e position), Bennett Stirtz (17e position via Memphis), Otega Oweh (41e position via Miami)
Arrivées : -
Prolongations : Kenrich Williams, Isaiah Hartenstein
Départs : Lugentz Dort, Aaron Wiggins, Branden Carlson, Isaiah Joe
L’intersaison du Thunder semblait axée sur le dégraissage : Sam Presti, le GM, devait absolument faire baisser la masse salariale de l’effectif afin qu’elle passe sous le second apron, palier au-dessus duquel la franchise doit payer une taxe mirobolante.
Ainsi, la franchise n’avait d’autres choix que de se séparer de joueurs importants pour garantir sa santé financière. Restait donc à choisir quels joueurs devaient être conservés avec notamment un dilemme entre Lugentz Dort et Isaiah Hartenstein, aux salaires similaires (30 millions par an) mais trop lourds pour rester tous deux.
Le choix a été fait de prolonger Isaiah Hartenstein pour son activité au rebond, sa défense mais aussi sa vision de jeu très utile au système de Mark Daigneault. Son profil rare dans la ligue a fait pencher la balance de son côté plutôt que de celui de Dort, fort défenseur mais remplaçable par Alex Caruso par exemple.
Sam Presti a aussi dû se séparer d’Isaiah Joe et Aaron Wiggins, joueurs importants du banc avec leur profil de shooteurs mais Jared McCain, arrivé en février a déjà montré qu’il était capable de les remplacer dans un registre plus complet et créatif. Il a en revancher conservé Cason Wallace et Kenrich Williams tout en se renforçant par le biais de la draft.
En effet, Oklahoma City a tout d’abord sélectionné Aday Mara, pivot espagnol de 2,21m, en 12e position. Celui-ci apportera un profil similaire à celui de Chet Holmgren tout en renforçant le secteur intérieur. En 16e position, Bennett Stirtz, meneur créateur et shooteur à même de faire oublier Joe et Wiggins a été choisi. Enfin, Otega Oweh a été appelé au deuxième tour pour apporter ses qualités défensives et son activité.
Point Guard : Shai Gilgeous-Alexander, Ajay Mitchell, Benett Stirtz
Shooting Guard : Alex Caruso, Jared McCain, Cason Wallace
Small Forward : Jalen Williams, Kenrich Williams, Otega Oweh
Power Forward : Chet Holmgren, Brooks Barhinzer, Nikola Topic
Center : Isaiah Hartenstein, Jaylin Williams, Aday Mara
PG : Shai Gilgeous-Alexander
SG : Jared McCain
SF : Jalen Williams
PF : Chet Holmgren
C : Isaiah Hartenstein
C’est probablement l’un des plus gros atouts d’Oklahoma City. Le Thunder possède une profondeur impressionnante avec des joueurs aux profils variés tous capables d’apporter dans des registres différents, et ce malgré les départs contraints cet été.
Cason Wallace et Alex Caruso sont deux excellents défenseurs capables de défendre sur les meilleurs joueurs adverses tout en apportant leur écho de l’autre côté du terrain avec une adresse plutôt fiable. Il ne faut pas oublier Ajay Mitchell, véritable révélation de la saison passée, qui est passé de 6 à 14 points de moyenne avec un temps de jeu conséquent (26 minutes)
Les deux Williams, Jaylin et Kenrich, restent des valeurs sûres en sortie de banc et sont tous deux capables de tirer derrière l’arc, l’une des grandes qualités de cette équipe. Le banc sera complété par les rookies draftés et qui suscitent des attentes, particulièrement le pivot espagnol Aday Mara, même s’il faut évidemment se montrer patient avec les rookies.
Le véritable luxe de cette équipe est donc de pouvoir modifier complètement son cinq en fonction de l’adversaire. Mark Daigneault possède suffisamment de joueurs polyvalents pour proposer des rotations très différentes sans perdre en qualité.
Si SGA est sans contestation possible le meilleur joueur de l’équipe, Chet Holmgren sera le joueur clé, dans la mesure où les résultats collectifs dépendront grandement de ses performances individuelles.
Après une saison 2024-2025 perturbée par une grosse blessure qui l’a privé de plus de la moitié de la saison, le deuxième choix de la draft 2022 a retrouvé un rôle important sans passer le cap attendu. Alors qu’il tournait à 16,5 points lors de sa saison rookie, sa progression a été minime puisqu’il ne marquait que 0,6 points de plus en moyenne la saison dernière. Le contraste avec Victor Wembanyama, à qui on le comparait souvent mais qui a fini 3e du vote de MVP, est énorme.
Son profil reste particulièrement rare puisque Holmgren peut protéger le cercle grâce à sa taille et son timing, tout en étant capable de s’écarter à trois points (37% en carrière). Néanmoins, sa série complètement manquée face aux Spurs et son duel perdu face à Wembanyama a commencé à éveiller les premiers doutes, au point d’évoquer un possible trade.
Le meilleur joueur du monde depuis deux ans.
Une défense redoutable et un système bien huilé.
Un coach qui a montré qu’il savait gagner.
Un doute sur les lieutenants de SGA.
Une forte dépendance à leur MVP.
Une attente forte après l’échec de la saison passée.
Le Thunder reste l’équipe à battre à l’Ouest. Même après avoir perdu son titre, Oklahoma City reste l’un des grands favoris au titre. Mark Daigneault a l’avantage d’avoir gardé le même noyau de joueur et n’aura donc pas à repartir de zéro, ce qui lui permettra de prendre le temps de développer ses rookies. La principale menace vient désormais de San Antonio et la rivalité entre les deux franchises pourrait devenir l’une des grandes histoires de la prochaine décennie. Le Thunder garde les armes pour accéder à nouveau aux Finales NBA.