Nicolas Batum a choisi un lieu symbolique pour annoncer la fin de son aventure : le gymnase de Pont-l'Évêque, en Normandie, là où tout avait commencé. Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux et tournée avec son fils Ayden, l'ancien capitaine des Bleus a expliqué qu'il était désormais temps de rentrer chez lui et de consacrer davantage de temps à sa famille.
« Ça y est, papa a fini de jouer au basket », lui a-t-il annoncé dans cette vidéo, avant d'expliquer les raisons de cette décision. Après plus de vingt ans dans le basket professionnel, Batum a estimé qu'il était temps de passer à une nouvelle étape de sa vie.
Le symbole est d'autant plus fort que cette annonce intervient exactement 15 ans après le décès de son père Richard, disparu brutalement sur un terrain de basket. Batum a choisi de tourner la page dans ce même environnement normand qui a accompagné ses premiers pas.
Après avoir fait ses classes au Mans, Batum s'est présenté à la Draft NBA 2008. Sélectionné en 25e position par les Houston Rockets, il a finalement rejoint les Portland Trail Blazers dans la foulée.
Il passera sept saisons dans l'Oregon, où son profil de joueur polyvalent commence rapidement à séduire. Défenseur capable de s'occuper de plusieurs postes, bon passeur et suffisamment adroit pour écarter le jeu, Batum devient progressivement l'un des joueurs français les plus importants de NBA.
Il poursuivra ensuite son parcours à Charlotte, où il connaîtra les meilleures statistiques offensives de sa carrière, avant de vivre un tournant majeur en 2020.
Son passage aux Charlotte Hornets s'est terminé dans une période particulièrement compliquée. Libéré en novembre 2020, Batum rejoint alors les Los Angeles Clippers et découvre un rôle différent.
À Los Angeles, il devient ce que les Américains appellent un « glue guy » : un joueur capable de faire un peu de tout et de rendre une équipe meilleure sans forcément avoir besoin de multiplier les tirs.
Cette transformation sera l'un des grands enseignements de sa carrière. Batum accepte de réduire son volume offensif pour mettre en avant ses qualités de défenseur, de passeur, de rebondeur et de joueur capable de prendre les bonnes décisions.
Il disputera également une partie de sa carrière avec les Philadelphia Sixers, avant de revenir aux Clippers et d'y terminer son parcours NBA. Au total, il aura disputé 1205 matchs de saison régulière en NBA, avec des moyennes de 9.6 points, 4.7 rebonds et 3 passes par rencontre, tout en convertissant 37% de ses tirs à trois points.
Mais réduire Nicolas Batum à sa carrière NBA serait impossible.
Avec l'équipe de France, il aura été l'un des grands cadres de sa génération et, surtout, l'un des visages du basket tricolore pendant plus d'une décennie. Il compte 177 sélections avec les Bleus et a remporté sept médailles internationales.
Le sommet arrive en 2013. À l'Euro en Slovénie, la France remporte le premier championnat d'Europe de son histoire. Batum termine la finale contre la Lituanie avec 17 points, 6 rebonds, 2 interceptions et 1 contre. Une performance qui vient couronner une génération exceptionnelle.
Deux ans plus tard, il est encore l'un des principaux protagonistes du parcours français au Mondial 2014. En demi-finale contre la Serbie, il inscrit 35 points, avant de contribuer au succès contre la Lituanie dans le match pour la troisième place avec 27 unités.
La France remportera également une médaille de bronze au Mondial 2019, avant que Batum ne devienne définitivement le capitaine et le leader d'un groupe qui atteindra deux fois la finale olympique.
S'il fallait choisir une seule action pour résumer Nicolas Batum avec les Bleus, son contre sur Klemen Prepelič lors de la demi-finale des Jeux olympiques de Tokyo 2021 serait évidemment l'un des premiers choix.
Alors que la Slovénie avait la possibilité de prendre l'avantage dans les dernières secondes, Batum surgit pour repousser la tentative de Prepelič. La France s'impose 90-89 et rejoint la finale olympique.
Cette action est devenue l'une des images les plus fortes de son immense carrière internationale. Elle symbolise parfaitement le joueur qu'il a toujours été : capable de faire la différence sans forcément chercher la lumière.
Trois ans plus tard, Batum aura droit à une dernière campagne olympique à domicile.
À Paris, le capitaine conduit encore les Bleus jusqu'en finale face aux États-Unis. La France s'incline 90-83, mais décroche une nouvelle médaille d'argent devant son public.
Après cette finale, Batum annonce qu'il met un terme à son aventure avec l'équipe de France. Il quitte alors les Bleus avec 177 sélections, une médaille d'or européenne, deux médailles de bronze mondiales et deux médailles d'argent olympiques.
Il restait cependant une dernière étape : la NBA.
Après sa dernière saison avec les Clippers, Batum était libre de tout contrat à l'approche de la saison 2026-27. À 37 ans, il aurait encore pu attendre une opportunité ou tenter une dernière aventure.
Il a finalement choisi une autre voie.
« Après 21 ans, il est temps pour moi de rentrer à la maison », a-t-il expliqué au moment d'annoncer sa retraite. Batum a également indiqué qu'il souhaitait rester impliqué dans le basket, sans encore savoir sous quelle forme.
Son histoire ne s'arrête donc probablement pas totalement avec son dernier match. Mais sa carrière de joueur, elle, appartient désormais au passé.
De Pont-l'Évêque au Mans, du Mans à Portland, puis Charlotte, Los Angeles et Philadelphia, avant de devenir l'un des capitaines les plus respectés de l'histoire récente des Bleus, Nicolas Batum aura traversé plus de deux décennies de basket avec une rare longévité.
Nicolas Batum raccroche les baskets à 37 ans, après 21 années de carrière et 18 saisons en NBA. Une immense page du basket français vient de se refermer.