Ciel bleu sur la fin de saison
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Ciel bleu sur la fin de saison

Jules Behaghel 10/3/2026 à 12h00
Guerschon Yabusele - Maxime Raynaud - Nolan Traoré - Moussa Diabaté - Bilal Coulibaly

En cette fin de saison, de nombreux joueurs français profitent d’opportunités pour se mettre en valeur et se révéler aux yeux des GM des franchises NBA. Focus sur quelques cas.

Cette saison, 19 français sont sous contrat en NBA. Mais, au-delà des noms les plus connus comme Victor Wembanyama, Rudy Gobert ou Nicolas Batum, certains commencent à faire leur trou en ce début d’année. Leurs situations sont différentes que ce soit quant au type de contrat ou à la situation dans la franchise (trade, rookie, retour de blessure) mais tous ont pour point commun de monter en puissance.

 

De Bilal Coulibaly à Nolan Traoré en passant par Maxime Raynaud notamment, petit horizon de la situation des jeunes français en NBA.

 

  • Bilal Coulibaly

 

C’est peut être le cas à part de tous ces joueurs. Solidement installé dans la franchise de la capitale depuis sa draft en 7ème position en 2023, le joueur passé par Levallois avec Victor Wembanyama vit une saison tronquée par les blessures. Cette saison, il n’a joué que 41 matchs et en a donc manqué 20 à cause d’une blessure aux obliques survenue début décembre. Depuis début février, on sent néanmoins une montée en puissance certaine. Sur les 8 derniers matchs des Wizards, depuis le 8 février, il affiche une moyenne de 13,8 points par match en 24 minutes de temps de jeu en moyenne contre 10,4 points en moyenne sur l’ensemble de la saison. De quoi préparer au mieux la saison prochaine, qui s’annonce plus joyeuse à Washington avec l’ajout d’Anthony Davis et Trae Young, en espérant qu’il ne se blesse pas sur la fin de la saison, comme cela lui était arrivé lors des deux premières.

 

  • Maxime Raynaud

 

C’est sans doute la plus grosse surprise de la saison dans le clan français. Drafté en 42e position par les Kings et semblant barré par le lituanien Domantas Sabonis, l’ancien pivot de l’université de Stanford profite pleinement des blessures du titulaire. Après un début de saison dans l’ombre du triple All-Star, il a profité de sa longue absence de 2 mois entre novembre et janvier pour intégrer le 5 de départ. Avec réussite, c’est le moins qu’on puisse dire. Il s’est rapidement imposé comme un solide pivot NBA avec des moyennes plus que correctes de 10,7 points et 7,2 rebonds en 24 minutes de moyenne, dans une équipe certes à la traîne en NBA. Il est même le rookie comptant le plus grand nombre de double-double cette saison, avec 16. Et l’avenir ne semble pas s’assombrir puisque les Kings de Sacramento ont annoncé que Sabonis était forfait jusqu’à la fin de saison.

 

  • Guershon Yabusele

 

Le plus expérimenté de la liste. Le nouveau capitaine de l’équipe de France revit depuis son trade aux Chicago Bulls. Complètement mis à l’écart par Mike Brown à New York au point d’à peine jouer les garbage time, il a bénéficié de la trade deadline pour changer d’air avec réussite. Titulaire au poste de pivot, qui n’est certes pas vraiment le sien, il prouve à nouveau qu’il a largement sa place comme il avait pu le faire à Philadelphie la saison passée. Les statistiques au sein de ses deux équipes n’ont rien à voir  : 2,7 points en 9 minutes de moyenne à New York contre 11 points et 6,5 rebonds à 42% au tir dont 40% à 3 points en 25 minutes de moyenne. De quoi espérer décrocher un contrat pour la saison prochaine puisqu’il a du renoncer à sa player option afin de pouvoir signer à Chicago.

 

  • Ousmane Dieng

 

Tout comme Yabusele, Ousmane Dieng a bénéficié d’un trade, et même plusieurs, pour retrouver les terrains. Barré par la concurrence chez le champion en titre, il a connu quatre franchises différentes en quelques jours, passant successivement d’OKC à Charlotte puis Chicago avant de définitivement poser ses valises à Milwaukee. Le moins qu’on puisse dire est qu’il ne laisse pas passer sa chance. Il affiche des moyennes de 9 points avec des pourcentages très corrects (42 et 38%) en 20 minutes de temps de jeu avec notamment une pointe à 19 points, 11 rebonds et 6 passes contre son ancienne franchise. Encore plus encourageant, il a intégré le 5 de départ depuis 3 matchs malgré le retour de Giannis Antetokounmpo.

 

  • Moussa Diabaté

 

Le pivot des Hornets, contrairement aux autres, n’observe pas de montée en puissance notable depuis le début de l’année 2026 mais plutôt depuis le début de la saison. Il justifie tout à fait son refus de rejoindre l’équipe de France cet été (certes en ayant été écarté au préalable) en ayant décroché un contrat garanti. Il s’est imposé comme titulaire dans une équipe qui fonctionne bien récemment et qui semble bien placée pour disputer le play-in. Il affiche des statistiques de 8,4 points et 8,7 rebonds en étant dans le top 3 des meilleurs rebondeurs offensifs de la ligue grâce à son activité de tous les instants.

 

  • Rayan Rupert et Sidy Cissoko

 

Leurs deux cas sont liés. Le second a décroché un contrat garanti aux dépens du premier. Sidy Cissoko, sous contrat two-way avec les Blazers (ce qui empêche de jouer plus de 50 matchs dans la saison), a vu son bail requalifier en contrat garanti. Mais, cela a obligé les Blazers à se séparer de Rayan Rupert, drafté en 2023 mais très peu utilisé. Depuis l’arrivée de Thiago Splitter, Cissoko a pris progressivement de l’importance au sein de la rotation de Portland grâce à sa défense et malgré des difficultés offensives. Après un début de carrière compliqué du côté des Spurs puis une succession d’échanges semblable au cas d’Ousmane Dieng, il semble enfin installé. Cela est finalement un mal pour un bien pour Rayan Rupert qui a rebondi du côté de Memphis. Il profite d’une situation floue et d’un effectif chamboulé par le trade de Jaren Jackson Jr pour bénéficier d’un gros temps de jeu, 28 minutes, pour 10 points et 5 rebonds de moyenne. D’abord détenteur d’un contrat de 10 jours, il a reçu un contrat two-way qui lui assure de la stabilité jusqu’à la fin de la saison.

 

  • Nolan Traoré

 

Le plus grand espoir de la draft 2025 côté français sort enfin la tête de l’eau. Après un début de saison très compliqué entre G-League et fond de banc NBA, l’ancien meneur de Saint Quentin s’impose enfin dans une équipe en difficulté. Installé dans le cinq majeur au poste de meneur, il a doublé son temps de jeu depuis le début de l’année avec plus de 25 minutes en moyenne. Les statistiques suivent puisqu’il s’affirme comme le meilleur passeur de la cuvée avec plus de 6 passes sur le mois de février auxquelles s’ajoutent 14 points sur le même mois. Sur la saison, ses statistiques sont moins flatteuses (8,4 points et 3,6 passes) à cause de son mauvais début de saison. De quoi espérer une deuxième saison très sérieuse.

 

  • Mohamed Diawara

 

Le premier français à faire son trou à New York depuis longtemps. Drafté en 51e position et promis à une saison en G-League connaissant le peu de turnover effectué chez les Knicks, le joueur passé par Charenton parvient à s’intégrer dans la rotation depuis peu. En effet, sur les quatre derniers matchs, il a joué à chaque fois plus de 15 minutes, qu’il doit essentiellement à ses qualités défensives (envergure, capacité à défendre plusieurs postes). L’ancien de Cholet tire le maximum de ces minutes avec notamment une belle adresse à 3 points qui lui permet de tourner à environ 13 points de moyenne sur les 4 derniers matchs. Pourvu que cela dure même si on sait que tout peut aller très vite en NBA.

 

Ainsi, de nombreux français profitent de cette seconde moitié de saison pour retrouver du temps de jeu et espérer un avenir plus serein dans la grande ligue. Néanmoins, tout n’est pas rose dans le clan tricolore, avec d’autres joueurs plus en difficulté comme Zaccharie Riscacher, Pacôme Dadiet ou Killian Hayes. Le cas des rookies Joan Beringer et Noa Essengue est davantage à part.