Retour sur les actions décisives de Celtics/Sixers

Hier soir, les Celtics ont battu les Sixers au Wells Fargo Center pour mener 3-0. Les Sixers sont au bord du précipice. La faute à un homme : Brad Stevens.

Vous en avez pris l'habitude sur Inside Basket. Dès qu'une fin de match est serrée, ou qu'elle souffre de décisions litigieuses de la part des arbitres, on passe tout ça à la loupe dès le lendemain. L'occasion pour nous de revenir sur la fin du match 3 entre les Celtics et les Sixers. Brad Stevens a encore maîtrisé ce money-time d'une main de maître afin de tuer presque tout suspense dans cette demi-finale de conférence.

 

La première action sur laquelle nous voulons revenir se déroule à 25 secondes de la fin du match, les Celtics sont menés 87-85. Suite à un cafouillage de Jaylen Brown, les Celtics se retrouvent en difficulté sur leur attaque. Marcus Morris est seul en isolation et s'apprête à prendre un shoot très difficile. Première bonne décision pour Stevens, qui prend un temps-mort juste avant le tir, afin d'éviter un tir raté et donc un match perdu. La suite était presque courue d'avance. Brad Stevens est réputé pour être un génie sur les situations ''After Time Out'' et il l'a une nouvelle fois prouvé.

 

Jayson Tatum est à la remise en jeu, Al Horford part à l'opposé pour feinter son défenseur, Joel Embiid. Jaylen Brown vient lui feinter l'écran pour Morris, qui va immédiatement s'écarter. Le chemin vers le panier est alors ouvert pour Brown, Ersan Ilyasova qui a effectué le switch est derrière lui. Tatum sert à Brown qui n'a plus qu'à finir avec le panier ouvert. C'est un système génial, le mouvement d'Horford a éliminé Embiid le protecteur de la raquette du jeu, la feinte de Brown et de Morris place toute la défense des Sixers près de la ligne extérieur ce qui laisse à Brown un boulevard pour mettre un lay-up facile. Le score est à égalité. Derrière, sur une énorme erreur de J.J Reddick qui foire tout un système en faisant sa passe trop tôt, Terry Rozier récupère la gonfle et Jaylen Brown va de nouveau finir sur un lay-up facile en contre-attaque. Alors qu'ils étaient dans une situation desespérée à 25 secondes du terme, les Celtics mènent de 2 points à 1.7 secondes de la fin. Le génie de Brad Stevens dans toute sa splendeur.

 

Finalement, Marco Bellinelli va faire un exploit sur un tir très compliqué au buzzer (à la limite de la ligne à 3 points) ce qui nous emmène en prolongations. Après un Overtime dominé par les Sixers, les C's reviennent dans la dernière minute pour finalement être menés 98-97 à 8 secondes de la fin. Nouveau temps-mort où Brad Stevens va dessiner un nouveau chef d'oeuvre. C'était sans compter sur les Sixers qui vont très bien défendre la remise en jeu et empêcher le système (prévu pour Tatum) de se mettre en place. Cependant, Stevens fait de nouveau parler son inteligence avec un nouveau temps-mort. Ici, c'est la gestion des temps-morts du coach qu'il faut saluer. Il a su les conserver lorsqu'ils n'étaient pas nécessaires afin de diriger son équipe dans les dernières secondes si cruciales du match.

 

Brad Stevens sur l'action précédente a tout compris. Les Sixers changent d'opposition sur tout les écrans. Il veut donc cette fois utiliser cette défense des Sixers à son avantage pour engendrer un missmatch dans la raquette. Pour simplifier le schéma, Stevens a de nouveau utilisé les écrans pour écarter Embiid de la raquette. Cette fois, un écran de Horford va envoyer Jaylen Brown vers l'extérieur ce qui, switch oblige, va entraîner Embiid loin d'Horford dans la raquette. Face à Robert Covington, Horford fait parler l'expérience en prenant la position préférencielle. Il se place derrière lui, et Morris comprend qu'une passe lobée élimine Covington. C'est exactement ce qui se passe. Horford avait pris l'avantage et réceptionne donc la passe lobée, Covington est derrière lui impuissant et ''Playoffs Al'' termine sur un nouveau lay-up facile. Derrière, un exploit défensif de Al Horford va condamner les Sixers qui vont logiquement s'incliner, dans un match où leur manque d'expérience a fait la différence.

 

Grâce à Brad Stevens, Boston a donc obtenu 3 lay-up faciles sur 3 situations ultra tendues et décisives. Comptez, et regardez à quel point tout les shoots pris en fin de match sont contestés. Souvent, on observe des fade away à mi-distance ou à 3 points. Brad Stevens a compris que cette stratégie est plus que limitée. Sans paniquer, il met en place des systèmes qui permettent à n'importe quel jouer, franchise player ou non, de marquer des paniers faciles. Le résultat lui donne entièrement raison, les Celtics mènent 3-0, et sont à 1 victoire d'une deuxième finale de conférence consécutive.

 

On vous laisse les images de la fin du match, pour observer par vous même l'efficacité du Brad Stevens basketball.