Que faire de Kenneth Faried ?

Malgré 343 matchs en NBA, Kenneth Faried semble avoir atteint son plafond dès sa première saison.

Kenneth Faried symbolise le dilemme auquel font face les dirigeants de chaque équipe NBA. Trop bon pour ne pas lui donner de temps de jeu, mais pas assez pour porter une équipe à lui tout seul. Vaut-il mieux garder ce genre de joueurs, et avoir une équipe moyenne ? Ou faire l'impasse pour viser une superstar, quitte à atterrir dans les bas-fonds de la ligue ? Les Denver Nuggets ont fait le premier choix, en signant une extension de contrat d'une valeur de 50 millions de dollars sur 4 ans en octobre 2014, pour une entrée en vigueur cette saison. Une belle somme pour l'ailier-fort de 26 ans. Mieux valait pour la franchise resigner le chouchou du public, souriant et sympathique, alors qu'elle connaissait un passage difficile sur le plan sportif. Tim Connolly, le GM, espérait par cette décision anticiper la progression du joueur. Et par conséquent, de sa valeur sur le marché.

 

Cependant, il n'en fut rien. Jetez seulement un oeil à ses statistiques, rapportées à 36 minutes :

 

 

On remarque que le joueur n'a pas progressé, depuis sa saison de rookie sous George Karl. Il était alors un joueur énergique, athlétique, doté d'une bonne mentalité, solide au rebond et opportuniste en attaque autour du cercle. Aujourd'hui, à 26 ans, on peut brosser le même portrait de l'ancien de Morehead State. Pire, la complaisance avec ses défauts n'existe plus aujourd'hui. On souligne aujourd'hui sa défense très insuffisante notamment (malgré des stats correctes). Ou bien l'absence d'un jeu de passes, ou de dribbles, à l'ère de la polyvalence. Ou encore son incapacité à développer un embryon de jeu au poste utile à un intérieur. Confronté à une concurrence féroce au poste d'ailier, voire de pivot, Faried n'arrive pas à s'imposer et à jouer plus de 25 minutes par match. C'est bien dommage compte-tenu de la belle génération qui arrive aux Nuggets. Emmanuel Mudiay, Garry Harris, Will Barton, Nikola Jokic, Jusuf Nurkic sont de grands talents que les dirigeants, notamment Josh Kroenke, sont tentés de laisser se développer.

 

Il est frustrant de voir un tel phénomène physique se reposer sur ses seules qualités athlétiques, alors qu'on attendait beaucoup mieux. Le spectacle est intéressant, mais reste sur notre faim. Le joueur est capable d'être dominant, comme l'atteste ce 11/11 aux tirs pour 24 points et 11 rebonds en 25 minutes face à Miami récemment, mais il n'a jamais passé le cap mental nécessaire pour aller plus loin. Attachant, comme le prouve cet émouvant portrait signé ESPN, il ne semble pas essentiel à son équipe. Et les Nuggets pourraient bien être tentés de s'en séparer cet été...