Miami Heat 2023-2024 : la quête du graal est-elle toujours possible ?

Dernier finaliste en titre, mais dans le même temps, grand perdant de l'été, le Heat de Miami s'envole vers une nouvelle saison où l'objectif sera toujours le même: remporte le titre. Est-ce que cet objectif est toujours réaliste ou est ce que le train est déjà passé ?

 

La saison 2022-2023 du Heat a été particulièrement bizarre tant son côté paradoxal a prédominé. D'une première part, Miami a réalisé une saison régulière extrêmement décevante. Aucun rythme n'a jamais été mis en place, on voyait un collectif qui balbutiait son basket, un leader parfois trop passif mais aussi et surtout un manque cruel de victoire qu'ils devaient remporter. Le tir extérieur a été un énorme soucis, avec pourtant quelques spécialistes du domaine, ce qui a complètement rouillé la machine si bien huilée qu'on a vu par le passé. Vingt-cinquième attaque et même vingt-et-unième au net rating, les Floridiens ont déçu toute leur fan base. Individuellement, les points positifs étaient les explosions des "jeunes" non draftés comme Gabe Vincent ou autre Max Strus mais les joueurs présents par le passé comme Duncan Robinson ou Kyle Lowry n'ont jamais trouvé leur second souffle pour se relancer correctement. Le projet Victor Oladipo a continué à aller droit dans le mur et le rookie Nikola Jovic n'avait que très peu de place. Seul Caleb Martin a réellement montré de magnifiques choses, même si Jimmy Butler, Tyler Herro et Bam Adebayo ont réalisé une bonne saison individuellement. Heureusement, l'arrivée de Kevin Love a permis à l'équipe de retrouver un second souffle. L'équipe s'est tout de même retrouvée dans le play-in, avec ses 44 victoires et 38 défaites, en perdant face aux Hawks avant d'être à 10 minutes d'une fin de saison face aux Bulls. Arrivant en playoffs face au mastodonte Bucks, premiers de conf, Miami a surpris tout le monde, eux y compris. Une adresse extérieure complètement folle et retrouvée, un Jimmy Butler lé-gen-daire et un Bam Adebayo au top de sa forme associé à, il est vrai, une blessure de Giannis a permis à Miami de claquer la porte et d'être une des rares équipes huitième à sortir le premier de leur conférence. Mais surprise passée, Miami a confirmé par la suite en se défaisant de Knicks très solides derrière Jalen Brunson puis de nous faire vivre toutes les émotions face aux Celtics. Cette série folle où Miami a ultra dominé en menant 3-0, mais s'est ensuite effondré pour se faire rejoindre à 3-3, avant de recréer la surprise en battant Boston chez eux dans un match 7 irrespirable pour rejoindre les finales NBA. Dans ces dernières, et face à un collectif parfait et à un double MVP, Miami n'a rien pu faire, tombant contre clairement plus fort et montrant aux yeux de tous, les limites de cet effectif. La finale a été miraculeuse, mais elle représente bien ce qu'est ce complexe Miami Heat, capable de passer d'un extrême à l'autre sur une seule et même année. 

 

 

Arrivées : Damian Lillard, Thomas Bryant (FA), Josh Richardson (FA), Jaime Jaquez Jr (draft:18ème), RJ Hampton (Two-way)

 

Départs : Victor Oladipo (Thunder), Max Strus (Cavaliers), Gabe Vincent (Lakers), Omer Yurtseven (Jazz), Cody Zeller (Pelicans), Udonis Haslem (Hall Of Fame, retraite)

 

 

Meneurs : Kyle Lowry, Dru Smith (TW)

 

Arrières : Tyler Herro, Josh Richardson, RJ Hampton (TW)

 

Ailiers : Jimmy Butler, Duncan Robinson, Caleb Martin, Jaime Jaquez Jr, Jamal Cain (TW)

 

Ailiers-forts : Kevin Love, Nikola Jovic, Haywood Highsmith, 

 

Pivots : Bam Adebayo, Orlando Robinson, Thomas Bryant, Udonis Haslem

 

 

PG : Kyle Lowry - SG : Tyler Herro - SF : Jimmy Butler - PF : Kevin Love - C : Bam Adebayo

 

Les cinq joueurs qui débuteront la saison et les matchs du côté de Miami ne sont pas encore totalement définis, sachant que le Heat se base régulièrement sur les formes de chacun mais aussi sur le camp d'entrainement qui a lieu au moment où l'ont écrit ces lignes. Cependant, les présences de Tyler Herro, qui apportera son scoring, Jimmy Butler et Bam Adebayo sont certaines. La titularisation de Kevin Love qui apporte beaucoup en expérience, rebond et shoot extérieur est fort possible même si voir un Caleb Martin par moments ne serait pas surprenant, voire une intégration de Jovic s'il montre de belles choses dans la saison. La vraie question se trouve au poste de meneur et même s'il est vrai qu'excepté Kyle Lowry, il n'y a "rien" derrière, voir un cinq aménagé avec Herro à la mène et Josh Richardson dans le cinq ne serait pas surprenant vu la saison décevante de Lowry l'an passé. 

 

En partant du principe que le cinq majeur est comme annoncé ci-dessus, les même problématiques pourraient revenir cette saison. Quel spacing ? Quelle fluidité ? Quelle régularité dans les présences ? Tant de questionnements qui dès à présent, rendent perplexes sur le vrai niveau du Heat l'an prochain face aux autres cinq majeur de la ligue. Jimmy Butler sera toujours très bon, même s'il a tendance à être un peu plus passif durant la saison régulière et globalement, moins présent en terme de matchs joués. Bam Adebayo apportera toujours son incroyable défense et sans aucun doute, les même débats sur son rôle offensif (débats qu'il faut arrêter). L'an passé, le rebond avait été mieux géré quand Love était arrivé de Cleveland et le Heat doit espérer que cette notion, qui avait posé soucis l'an dernier, sera gommée ou au moins un peu rattrapée dans le futur. Pour terminer, à voir ce que Kyle Lowry peut encore donner à une équipe NBA sur un terrain. Peu de choses probablement mais on attend tout de même plus que l'an passé. 

 

 

Le banc quant à lui, devrait à nouveau faire des merveilles cette saison. D'une part, de vrais rôles players sont toujours là. Caleb Martin a montré des choses incroyables l'an passé en playoffs (et notamment contre les Celtics) et ses capacités polyvalentes de défense et de shoots rendent son importance fondamentale dans l'équipe, sans compter son profil très "Heat Culture". Josh Richardson, si pas dans le cinq titulaire, apportera beaucoup de liant entre tout le monde. Avant son départ dans le trade de Butler, il avait un excellent niveau global et si celui-ci est loin, le voir retrouver sa polyvalence dans le scoring, son shoot, sa défense et son côté connecteur offensif et défensif fera énormément de bien à un banc qui, coaché par Spoelstra, aime énormément s'adapter à ce que l'équipe recherche. Une polyvalence comme la sienne sera donc un gros plus. La profondeur à l'intérieur, chose assez négative par le passé, a été bien corrigée. Orlando Robinson et Thomas Bryant, s'il est en forme, apporteront une vraie compétition dans la rotation de Bam et même une bonne aide si ce dernier vient à se reposer ou manquer des matchs. Le poste 4 est plus complet qu'avant avec Highsmith mais aussi Jovic que l'on attend beaucoup (et qui pourrait jouer n'importe où), voire des ailiers replacé à ce poste comme Caleb Martin. Duncan Robinson apportera quant à lui son côté élite du shoot. Sans Max Strus, cette importance sera encore plus grande et s'il arrive à retrouver plus de régularité, son temps de jeu pourrait augmenter. Pour terminer, dans le côté fou qui peut apporter des choses par séquences, RJ Hampton ou Dru Smith pourraient pointer le bout de leurs nez en cas de besoins. 

 

Vous l'aurez donc compris, une rotation très profonde même si le niveau des 6-7-8ème hommes, si importants en playoffs, n'est peut-être pas aussi fort que chez d'autres équipes. 

 

 

Nous avons longtemps hésiter à prendre Nikola Jovic pour cette catégorie et nul doute que Miami aura besoin de son sophomore, étant donné sa polyvalance et son profil, qui irait parfaitement à cette équipe. Mais Tyler Herro a plus fait parler de lui, sans qu'il en ait le choix, dans les trade machines que sur un terrain, après sa blessure en playoffs et pire encore, de nombreuses personnes associent sa blessure avec le bon parcours du Heat. 

 

Cependant, Tyler Herro a été l'un des, si ce n'est le, meilleur(s) joueur(s) du Heat l'an passé. Il a beaucoup progressé dans sa création individuelle et pour autrui, sa défense est passé de catastrophique à faible (est-ce réellement un compliment ?) mais surtout, il semble être le seul à réellement pouvoir scorer sans soucis dans cette équipe (excepté Jimmy Butler). Et dans un sport où le plus important est de mettre le ballon dans le panier, avoir un joueur qui peut le faire de manière très bonne est utile. Ainsi, nul doute qu'il continuera à avoir au moins le niveau de l'an passé (il est imperturbable aux rumeurs de trade) mais nous scruterons surtout s'il est capable d'augmenter sa création et sa gestion du jeu et de devenir moins pénalisant en défense. De plus, il serait bien qu'il améliore tout de même son efficacité globale, même si elle est aussi due à un collectif en difficulté autour. Sa capacité d'accès au cercle, pour un joueur élite aux lancers, peut aussi être un point d'amélioration. S'il atteint ces objectifs, il réalisera une très bonne saison et fermera quelques bouches de fans qui mésestime son réel niveau.

 

 

- Erik Spoelstra : Oui, avoir le meilleur coach de la ligue est un plus. 

- La défense : Depuis plusieurs années, la défense est le point fort de cette équipe. La seule présence de Bam Adebayo suffit à cela. 

- La profondeur de l'effectif : Comme toujours, cette profondeur est un grand plus et permettra en cas de blessures (voir ci-dessous), de limiter la casse. De plus, la diversité de profils est aussi un plus qui permettra une bonne adaptation. 

- La division : Comme chaque année, jouer 4 fois Charlotte, Orlando et Washington est (ou devrait être pour Miami ?) un plus. 

 

 

- L'attaque et plus globalement, le manque de shoot : C'était un gros problème l'an passé et, ça le sera problablement toujours cette année. Difficile de voir par quel miracle, vu les départs, Miami pourra réellement exploser son plafond offensif. (Arriver à la moyenne serait déjà super); 

- Le manque de profondeur et de talent à la mène : Gabe Vincent parti, Kyle Lowry vieillisant, Dame Lillard à Milwaukee, la mène du Heat est extrêmement faible et devoir compter sur Tyler Herro, malgré tout son talent, est un point négatif. 

- Les blessures : L'an passé, le Heat a eu plus de 13 joueurs blessés pour 202 matchs ratés au total. Parmi les pires de la ligue comme souvent. Le camp d'entrainement toujours dur du Heat induit ça, on suppose, mais c'est un réel point faible d'avoir une telle irrégularité dans les présences. 

- La fatigue de la longue saison précédente ? 

- Une masse salariale très importante, limitant les possibilités futures.

 

 

Miami est annoncé par les pronostics entre 45 et 48 victoires. Ici, on pense que cette estimation est le plafond possible. Le Heat va vivre une saison longue et l'objectif est pour nous de chercher les playoffs, sans play-in. Ca sera très compliqué et on imagine plus une équipe aux 42-43 victoires vu la concurrence de la conférence Est. Une fois arrivés en playoffs, tout peut se passer, mais encore faut-il y arriver, et le principal problème sera celui-ci !