Les Raptors ont eux aussi leur 5 de la mort

Quelle est la principale force de Toronto cette saison ? DeMar DeRozan, Kyle Lowry... non, son banc !

Pascal Siakam, Jakob Poeltl, Fred VanVleet, Delon Wright... des noms aussi exotiques qu'inconnus du grand public. Ce sont pourtant bien ces sans-grades qui malmènent la NBA depuis le début de saison. Une seconde escouade qui fait la différence face au banc adverse et creuse des écarts fatals dans un match.

 

La force de ce banc est de jouer une partition maîtrisée où chacun évolue dans un rôle précis. Pour l'adversaire, difficile de cibler un joueur en particulier tant le danger peut venir de différents remplaçants selon les matchs. Le backcourt VanVleet-Wright est l'un des plus sous-estimés de la Ligue : capable de shooter au large et de driver efficacement dans la peinture, le duo rapporte en moyenne 16 points, 6 passes tout en mitraillant à 38,8% du parking. Formé chez les Mormons à l’Université d’Utah, Jakob Poeltl est déjà le meilleur Autrichien de tous les temps en NBA. Excellents fondamentaux, handle plus que correct pour un big man, Poeltl ne révolutionne pas la raquette canadienne, mais apporte sa verticalité dans la protection du cercle : 4.7 rebonds et 1.4 block en 18 minutes. Pas sexy mais diablement efficace. Le grain de folie nécessaire à cette second unit, c’est son compère du frontcourt, Pascal Siakam qui l’apporte. Le Camerounais est un energizer qui dynamise la défense des Raptors par un surplus d’activité permanent sur le parquet. Enfin, pour conclure ce 5 de la mort, on retrouve le vétéran CJ Miles, parfait dans son rôle de sniper. Cette saison, l’ancien Pacer est le joueur le plus prolifique de la Ligue par touche de balle ramenant 0.47 point à chaque fois que la gonfle vient dans ses mains ! Un pourcentage identique à celui de Klay Thompson l’an dernier, leader de cette statistique en 2017.

 

Ce savant mélange de jeunesse, de spacing et d’athlétisme est tout simplement le cinq le plus efficace de toute la NBA ! Une death lineup qui pointe en première position au Net Rating. Parmi les 95 combinaisons ayant joué plus de 100 minutes, en tête de gondole, on ne retrouve pas de LeBron James ou de Stephen Curry, mais plutôt du Poeltl et du VanVleet.

 

 

Quand Toronto aligne un seul starter sur le parquet, les Raptors scorent 7.4 points de plus sur 100 possessions que leurs adversaires. Seuls les Rockets font mieux avec 9.6 points et les Warriors avec 12.0 points. Par contre, lorsque le 5 est composé uniquement de remplaçants, ce sont bien les Canadiens qui émergent en tête avec 9.4 points, puis suivent Golden State 8.5 points et Houston 7.6 points.

 

Le plus sceptiques pourraient arguer le fait que Toronto ne s’appuie pas énormément sur ses remplaçants. Faux ! Seulement deux franchises font appel plus longtemps à leurs backups : Sacramento (22.3 minutes) et Brooklyn (21.1 minutes). Dwane Casey utilise son banc à hauteur de 20.9 minutes en moyenne par rencontre. Et, il faut bien accorder du crédit au coach pour avoir su créer une osmose entre de jeunes roles players, alors qu’on lui prédisait le pire après les pertes de Patrick Patterson, Cory Joseph et PJ Tucker à l’intersaison.

 

Depuis début février, les Super Sub de Toronto ont même grignoté du temps de jeu aux titulaires. L’impact et l’importance de DeMar DeRozan se font moins ressentir. Le All Star est passé de 25.3 points en janvier à 20.6 en février avec "seulement" 31 minutes passées sur le parquet, là où il en jouait 35 en début de saison. Idem pour son compère Kyle Lowry qui n’a été utilisé que 29 minutes en février. Dwane Casey aurait tort de griller prématurément ses All Stars, puisque son banc caracole tout simplement en tête de la NBA au scoring, à la passe et pourcentages d’adresse tous azimuts.

 

 

Avec 46 victoires pour 17 défaites, les Raptors marchent actuellement sur la Conférence Est et restent sur 11 victoires lors des 12 derniers matchs. Si le sceptre de voir poindre une certaine fébrilité de la part de ses cadres en playoffs reste une possibilité, cette saison, au moins, DeRozan et Lowry devraient arriver frais et dispos en avril. On sait qu’en post-saison, les rotations se resserrent et l’impact des remplaçants prendra certainement un coup dans l’aile. Mais, en cas de défaillance des starters, Casey sait qu’il dispose sur son banc d’une force de frappe incroyable.