Les Frelons vont battre des ailes !

Le roster des Hornets a subi un sacré lifting durant l'intersaison et coach Clifford entend bien remédier à l'une des failles de la franchise : l'attaque.

Les Hornets ne sont pas beaucoup diffusés sur Bein Sport, la présence de Nicolas Batum au sein du roster permettra-t-elle de remédier à ce constat ainsi qu'à l'intérêt que portent les fans français de la NBA à cette franchise ? Je tiens à préciser en intro que j'apprécie les Frelons, histoire de ne pas me mettre à dos malencontreusement toute la communauté des fans français des Hornets sur Twitter. J'ironise d'une certaine manière suite aux réactions de certains followers voire d'anciens rédacteurs d'Inside Basket... Mais bref, passons, je suis Kemba

 

 

La grosse acquisition de cette intersaison côté Hornets est bien évidemment Nicolas Batum. L'ailier français a été transféré par les Blazers en échange de Noah Vonleh et Gerald Henderson. Alors que l'avenir de LaMarcus Aldridge et Wesley Matthews demeurait encore incertain, les dirigeants ont pris cette décision sans même être fixé sur le devenir des autres joueurs majeurs du starting five. L'un de mes confrères avait d'ailleurs interprété ce départ comme un échec – mais il n'était pas le seul ! Notamment outre-Atlantique... - au plus grand dam d'un certain nombre d'internautes faisant du coup passer Inside Basket pour des racoleurs. Mon Dieu ! Si ma mère avait lu ça ! Passons, Nicolas Batum porte désormais le jersey des Hornets et pourra se ressaisir – j'emploie le terme « ressaisir » en référence à sa dernière saison qui vous me l'accorderez n'était pas des plus probantes – au sein du collectif orchestré par coach Clifford.

 

Et le head coach des Frelons compte utiliser Nicolas Batum d'une tout autre manière et non plus le contenter aux shoots à 3 points – plus de 50 % des shoots tentés par Nic Batum la saison passée étaient des shoots à 3 points - même si comme nous le verrons plus tard, les Hornets ont recruté dans ce sens. D'ailleurs, l'ailier français assume pleinement sa mauvaise saison 2014-2015 mais rassure en expliquant que cette arrivée à Charlotte va lui permettre de mettre en lumière ses aptitudes multiples :

 

"Je sais que mon rôle va être différent et ça me plaît. Je peux faire énormément de choses sur un terrain de basket, je suis un joueur très versatile. Je pense que Kemba et moi-même allons réaliser de très bonne chose ensemble."

 

Batum pense que les Hornets seront de retour en playoffs dès la saison prochaine et que sa contribution sera conséquente quoiqu'il arrive. Il a d'ailleurs expliqué en conférence de presse que son apport serait pluriel et qu'il serait prêt de jouer à toutes les positions hormis le poste de pivot ! Un discours qui n'est pas sans ravir Clifford dont les aspirations à l'égard du Français sont élevées. Il envisage effectivement d'en faire une de ses options offensives numéro 1. Le head coach de Charlotte entend bien utiliser la vision du jeu et les qualités de passeurs de Batman. Ceci n'est pas une nouveauté en soi car comme le soulignait mon ancien chef rédac sur ISB « Batum était l'huile qui faisait tourner la machine correctement à Portland : défense, partage du ballon... un facilitateur de jeu. ». D'ailleurs, il se murmure chez certains chroniqueurs US que Clifford – ancien assistant coach à Orlando - souhaiterait utiliser Batum à l'instar de ce qui avait pu être fait au Magic sous l'ère Turkoglu. Autrement dit, confier à Batum des responsabilités accrues dans l'organisation du jeu.

En définitive, nous pensons que ce transfert est une bonne chose pour le Français. Le coaching staff croît en son apport et souhaite lui confier plus de responsabilités. Nic évoluera donc dans un contexte extrêmement favorable où il pourra s'affirmer davantage en tant que leader et faire ainsi regretter une communauté qui ne croyait plus en lui.

 

 

 

La dernière recrue phare des Hornets était Lance Stephenson et on peut aisément affirmer qu'il fut une énorme déception. Outre l'arrivée de notre frenchie, les dirigeants des Hornets ont jeté leur dévolu sur plusieurs autres joueurs. Un recrutement axé sur l'adresse et plus précisément sur le shoot à 3 points. Pour quelle raison ? Ce n'est pas un secret de polichinelle et vous avez sans doute déjà anticipé la réponse ! Les Hornets pêchaient énormément dans ce secteur la saison passée – 31,8 % d'adresse soit le plus mauvais pourcentage en NBA la saison passée ainsi que le neuvième plus mauvais pourcentage à 3 points sur les dix dernières saisons - et c'est donc pour cette raison qu'ils ont ciblé des joueurs capables de répondre favorablement à cette « carence » comme l'explique Steve Clifford :

 

"Durant l'intersaison, vous cherchez à renforcer votre collectif et je pense que les trade que nous avons réalisé y répondent. Notre défense est suffisamment bonne pour gagner des matchs mais pas notre attaque. Et si vous prêtez attention de façon plus précise aux chiffres, vous constaterez que la faille était le shoot longue distance. C'est un secteur que Spencer va améliorer avec sa capacité à shooter de loin mais il reste aussi un excellent passeur."

 

Clifford fait ici référence à l'acquisition de Spencer Hawes en provenance des Clippers mais il n'est pas le seul joueur capable de shooter de loin puisque Charlotte compte également les arrivées de Jeremy  Lamb, Jeremy Lin, du rookie Frank Kaminsky et bien sûr de Nicolas Batum. Avec ces différentes options, Clifford pourra aisément expérimenter d'autres dispositifs offensifs pour la saison prochaine avec par exemple un cinq small ball composé de Walker-Lin-Batum-MKG-Kaminsky. Dans cette configuration, Clifford est en mesure de proposer un jeu beaucoup plus offensif et améliore le partage du ballon et la circulation de celui-ci :

 

"On doit être capable de mettre des shoots, en ce sens je suis satisfait de notre recrutement mais ce n'est pas tout car nous avons aussi recruté des joueurs en mesure de créer pour les autres et ceci va beaucoup aider. Nous avons beaucoup plus de versatilité sur le plan offensif, nous pouvons utiliser neuf joueurs dans la rotation. Nous avons une rotation de cinq joueurs à l'intérieur mais le questionnement central à l'intérieur repose sur : avec qui nous allons pouvoir scorer ? Avec qui nous allons pouvoir  défendre ?"

 

Outre cette capacité à améliorer la circulation de balle, l'adresse mi-distance et longue distance de l'équipe, cette nouvelle arme à 3 points va offrir des opportunités à Al Jefferson a.k.a le roi du post-up ! Sur un plan strictement offensif, Charlotte s'est renforcé indéniablement et devrait logiquement montrer un tout autre visage la saison prochaine. Cette "mutation" va-t-elle avoir de lourdes conséquences sur la capacité de Charlotte à (très) bien défendre ? Coach Clifford ne semble pas inquiet :

 

"Nous allons devoir faire plus d'efforts que par le passé » pour réadapter le dispositif défensif « A l'intérieur je pense que nous manquons de densité physique mais je pense ce sera suffisant. Nous avons déjà développé de nombreuses stratégies défensives depuis deux ans. Nous avons des joueurs intelligents qui sont capables de réaliser des ajustements de matchs en matchs, et je pense nous allons continuer à procéder de cette manière."

 

Le shoot et la défense, deux domaines qui nous amènent à une réflexion portée sur le nouveau rookie des Hornets, Frank Kamisky.

 

 

Ce choix a été critiqué pour plusieurs raisons.Tout d'abord, Michael Jordan n'a pas souhaité considérer une offre de Danny Ainge comportant plusieurs futurs tours de draft dans l'optique d'acquérir Justice Winslow. Les Hornets, et tout particulièrement Jordan, ont préféré sélectionner Kaminsky au plus grand bonheur de Miami. Ce désir de drafter le National Player of the Year entre en adéquation avec les volontés du coaching staff évoquées dans le point précédent puisque l'intéressé est un big men très prolifique en attaque capable de s'écarter au-delà de la ligne des 7,23 m - un pur shooteur ! - et d'offrir des options très intéressantes précisément sur Pick and Pop.

Ensuite, Kaminsky n'est pas sans rappeler à M.J un certain Josh McRoberts dont le départ se fit pleinement ressentir la saison passée. Notamment dans l'organisation offensive où McRoberts possédait cette double capacité de pouvoir écarter les défenses - + de 36% d'adresse longue distance – et de distribuer efficacement le ballon à ses partenaires – 4,3 apg lors de sa seconde saison sous le maillot de Charlotte. La présence de Kaminsky au sein du roster devrait permettre aux Hornets de jouer plus « espacé » comme nous l'expliquions un peu plus haut et ainsi répondre dans une certaine mesure au vide laissé par McRoberts (on fait ici référence à sa capacité à shooter de loin, les qualités de passeur de Hawes pourraient être sollicitées quant à elles pour tenter de rémedier à l'ancien apport de McRoberts).

 


 

De plus, Kemba Walker privilégie le shoot à la passe. Walker a terminé 9ème meilleur scoreur la saison passée parmi les meneurs – 17,3 ppg – mais à quel prix ?!! Trop esseulé, Walker compile la seconde plus mauvaise adresse de la ligue avec 38,5 % aux shoots devant Trey Burke. Kaminsky a le profil du joueur capable d'apporter un impact immédiat en attaque au sein de la grande ligue et c'est sans doute pour cette capacité à scorer – et donc épauler Walker et Jefferson dans cette tâche - que Jordan and coll. ont finalement décidé de sélectionner Kaminsky. De nombreux experts ont mis en évidence la maturation annoncée d'un Winslow tout en doutant de ses aptitudes aux shoots et de sa capacité à confirmer au plus haut niveau. Le staff songeait à un joueur offensif NBA ready et pense que Kaminsky est de ce pedigree.

Cependant, et pour finir sur le rookie, l'histoire nous rappelle que les joueurs sélectionnés par Charlotte au sortir d'une dernière NCAA des plus probantes ont par la suite connu des difficultés pour s'imposer chez les pros. On pense notamment à Adam Morrison en 2006 ou Cody Zeller en 2013. Outre cette pseudo malédiction, de nombreuses incertitudes subsistent au sujet de Kaminsky et plus précisément de sa capacité à défendre contre le jeu extrêmement physique des intérieurs NBA. Il risque de souffrir face aux ailiers explosifs et va devoir travailler physiquement pour répondre au combat physique. Coach Clifford loue les qualités de son nouveau protégé et demeure très optimiste :

 

"Ce gamin a de la taille, un très haut QI basket, il est très technique et il joue d'une façon qui permet à ses coéquipiers d'être meilleurs. Offensivement, il maîtrise le pick-and-roll et dispose de l'agilité nécessaire pour défendre sur P&R."

 

Le head coach de Charlotte vante l'intelligence basket du jeune joueur et avec une telle qualité, on imagine bien Kaminsky parvenir à compenser les limites athlétiques qu'on lui connaît. Il ne pouvait pas mieux tomber puisque c'est l'une des spécialités du coaching staff des Hornets.

 

 

J'apprécie Kemba Walker pour différentes raisons - sa dextérité balle en main, ses changements de direction, son intensité, son fameux step back - mais je dois avouer que sa saison 2014-2015 fut à deux vitesses. Sur le plan strictement statistique, Walker semble ne pas avoir franchi un cap par rapport aux précédentes saisons c'est en tout cas ce que l'on constate si on prend le temps de jeter un oeil furtif sur ses moyennes depuis son arrivée en NBA... Mais - car il y a toujours un "mais" - lorsqu'on prend la peine de consulter ses moyennes sur chaque mois, on se rend compte que sa blessure survenue au mois de janvier 2015 lui a tout simplement coupé les ailes !

 

Après avoir connu un mois de novembre 2014 assez compliqué, Walker a explosé au mois de décembre avec une moyenne 21,5 ppg en 15 matchs avant de monter encore d'un cran au mois de février où il cumula une moyenne de 23,6 ppg en 9 matchs avant de devoir manquer 20 matchs. Notons, ou plutôt insistons sur le fait que Lance Stephenson s'est blessé lors de cette période... L'indisponibilité de Born Ready a donc profité à Walker et aux Hornets en témoigne le bilan de neuf victoires pour cinq défaites en l'absence de Stephenson. Walker avait d'ailleurs raflé le 12 janvier le titre de player of the week avec pas moins de 30,2 points à 50 % d'adresse aux shoots. 

 

A son retour de blessure, il n'a pas été en mesure de réitérer de telles performances et son pourcentage d'adresse et sa moyenne de points ont considérablement baissé. Walker pourra compter sur la présence d'un Batum qui se réjouit d'évoluer à ses côtés - et dont l'attitude est sans doute aux antipodes d'un Stephenson... - ou encore de son ex-coéquipier à Connecticut, Jeremy Lamb. Le profil bien plus offensif des Hornets version 2015-2016 devrait clairement lui profiter. Critiqué pour son inconsistance aux shoots, Walker entend bien y remédier et a précisé qu'il travaille à l'heure actuelle sur son shoot à 3 points.

 

Les Hornets ne tentaient que 19,1 shoots à 3 points en moyenne par rencontre la saison passée, une tendance qui devrait (largement) évoluer la saison prochaine étant donné les options offensives dont disposent dorénavant les Frelons. Le rôle de Walker demeure central au sein de ce dispositif et il sera (très) intéressant d'observer la façon dont il s'appropriera et influencera ce nouveau système.