Et si Boris Diaw était le meilleur 6ème homme de la saison ?

Boris Diaw réalise une très bonne saison du côté des Spurs. Avec de bonnes performances, ce joueur complet et intelligent rentre logiquement dans le débat sur le trophée du meilleur sixième homme de la saison.

Boris Diaw est surprenant cette année, vous ne trouvez pas ? Réctificatif : cela faisait quelques saisons maintenant que l'on n'avait pas vu Babac aussi bon. Cette saison, il tourne à 9,9 points, 3,9 rebonds et 2,6 passes. Vous allez nous dire, ses statistiques étaient bien meilleures lors de ses premières saisons du côté des  Bobcats (15 points, 5,9 rebonds et 4,9 passes en 2009) ! Oui mais il était dans une équipe qui perdait (pardon Charlotte). Souvent félicité mais aussi critiqué pour son jeu collectif et sa faiblesse à tenter des tirs, le MIP 2006 (alors à Phoenix) pouvait agacer tant on savait qu'il pouvait tellement plus.

 

Cette saison est une petite renaissance pour lui. Revenu d'Europe avec une médaille d'or avec l'équipe de France, on le sent très bien dans cette équipe des Spurs aux côtés de son pote Tony Parker. Alors bien sûr, il ne sera jamais un joueur hyper athlétique ou hyper impressionnant mais son rôle sur le terrain est très important. On le sent affûté plus que jamais cette saison. Lui, souvent moqué pour ses quelques kilos en trop, il fait maintenant attention à son alimentation pour rester en forme.

 

C'est simple Diaw sait tout faire, peut tout faire sur un terrain : tirer à 3 points, à 2 points, au cercle, faire des passes, attraper des rebonds, se déplacer avec ou sans le ballon. Bref, un joueur complet comme on peut en voir rarement. Doué techniquement, Gregg Popovich lui fait confiance totalement, au point de le faire jouer plus de 25 minutes par match. Capable de tirer de partout sur le terrain, il tourne à 55,5% de réussite cette saison. A ce petit jeu, il talonne sans problème des joueurs comme LeBron James (57% et lui aussi capable de tirer de partout). Pas mal non ? C'est aussi un joueur efficace, qui tente peu. Boris Diaw a confiance cette saison et joue aussi de manière plus agressive. Et ça aussi, il a fallu attendre quelques saisons pour revoir cela. Défensivement, il est bien sûr assez lent, ou trop petit par rapport à ses adversaires. Mais sa force, c'est sa capacité à comprendre le jeu et lire les systèmes de l'équipe adverse. Il fait très peu d'erreur et est capable d'étouffer l'adversaire.

 

Diaw évolue dans l'ombre des stars des Spurs : Tony Parker, Tim Duncan ou Manu GInobili. C'est peut-être aussi cela qui lui permet de jouer librement et sans pression. Sans lui, les Spurs seraient bien sûr très bons. Avec lui, ils sont encore meilleurs. Derrière les trois stars, il fait le boulot et ce qu'on lui demande. Passer, il passe. Tirer, il tire. Son agressivité est clairement un plus cette saison, et il a réussi à dépasser sa passivité parfois tellement énervante. Créatif, intelligent, capable de jouer à plusieurs postes, il est un poison pour les équipes adverses. Il est le monsieur plus des Spurs cette saison.

 

Alors vous voyez que Babac pourrait être le meilleur 6ème homme de la saison ? Après, sans doute que ce ne sera pas le cas car il est tout de même très discret, et joue aussi pour une équipe très peu médiatique. Un joueur discret, non-américain dans une équipe pas toujours reconnue à sa juste valeur : trop de limites pour donner ce trophée à Diaw. De toutes façons, il ne court pas après les récompenses individuelles. Lui veut gagner en équipe un titre NBA. Peu importe ce trophée, on apprécie encore plus que les observateurs aux Etats-Unis reconnaissent le talent, l'intelligence et l'apport de notre Babac national.