Dallas Mavericks 2022-2023 : Confirmation d'un univers impitoyable ?

Après une saison exceptionnelle de A à Z, les Dallas Mavericks auront fort à faire pour confirmer leur statut de finaliste de conférence à l'Ouest. Derrière Luka Doncic, l'équipe s'est étoffée, suffisant pour devenir un vrai univers impitoyable ?

 

Le bulletin scolaire des Mavs de la saison dernière est pour ainsi presque parfait. Considérés comme outsider en octobre, avec de nombreux changements dans le front office et sur le banc, la franchise texane a tranquillement trouvé son rythme de croisière derrière les exploits teintés d’une facilité déconcertante de leur star slovène Luka Doncic. Le rythme s’est surtout accéléré en janvier. 10 victoires et 1 défaites entre la Saint-Sylvestre et la Saint-Marius (le 19 janvier pour les puristes des éphémérides de Catherine Laborde) et un objectif à peine dissimulé : le podium à l’Ouest. En février et mars, rebelote, 11 victoires pour 2 défaites et de dangereuses montées en température pour Luka Magic. En une semaine, le glouton slovène dévore les Clippers (51 points), les Pels (47 points) et en collent 45 aux Clippers malgré la défaite. Ses trois plus grosses marques de la saison. Dallas est lancé dans la dernière droite tout en ajustant son effectif. Exit l’expérience Kristaps Porzingis pour accueillir le sniper Davis Bertrans (tradition européenne oblige) et l’organisateur Spencer Dinwiddie. La sauce prend et le roster de Jason Kidd ramène 52 wins. Tous les pronostics sont déjà déjoués mais le meilleur est à venir. Pourtant les fans de Dallas ont transpiré à grosses gouttes dans les premières encablures de la post season. Luka « Jordan » Doncic se blesse pour le dernier match de la régulière et laisse les copains orphelins… Avant que Jalen Brunson n’assure l’intérim pour entamer le premier tour face au Jazz. Une série maitrisée contre des Mormons décevants mais des Texans très sérieux pour se présenter contre les ogres annoncés de Phoenix. Les deux équipes assurent à la maison, Luka s’est soigné et même s’il force par moment, est toujours présent dans les moments chauds. Mais c’est collectivement que les Mavs vont impressionner dans les deux derniers matchs de la série et notamment un Game 7 mémorable qui se conclut par un tonitruant +33, dans l’Arizona s’il vous plaît. Direction les finales de conférence pour un groupe jeune et mort de faim. Mais la marche face aux trop solides Warriors était gigantesque. Golden State règle l’affaire en 5 matchs mais les promesses sont concrètes pour le futur.

 

 

Draft : Jaden Hardy (37e pick par les Wolves)

Départs : Jalen Brunson, Sterling Brown, Trey Burke, Marquese Chriss, Boban Marjanovic

Arrivées : Christian Wood, JaVale McGee, Tyler Dorsey (Two-way contract)

 

 

Meneurs : Luka Doncic, Spencer Dinwiddie, Frank Ntikilina, Tyler Dorsey

Arrières : Tim Hardaway Jr, Josh Green, Jaden Hardy

Ailiers : Reggie Bullock, Davis Bertrans, Dorian Finney-Smith

Ailiers-forts : Dwight Powell, Maxi Kleber, Theo Pinson

Pivots : JaVale McGee, Christian Wood

 

 

PG : Luka Doncic - SG : Tim Hardaway Jr - SF : Dorian Finney-Smith - PF : Reggie Bullock - C : JaVale McGee

 

La Licorne lettone étant partie, le starting five de Jason Kidd évolue cette saison, mais somme toute assez peu. Le poste 5 et l’entre-deux seront certainement assurés par JaVale McGee, signé libre cet été. Christian Wood, gros transfuge piqué chez les voisins des Rockets au début de l’été, sera à coup sûr le big men le plus utilisé par le coaching staff même s’il semble destiné à un poste de sixième homme en début de saison selon les premières indications données durant le media day. Les positions intérieures pourraient toutefois évoluer au cours de la saison en fonction des différentes matchups et de la forme des uns et des autres. Maxi Kléber, prolongé pour 33M$ sur 3 ans pendant l’Eurobasket, pourrait continuer de menacer les défenses avec son tir longue distance alors Dwight Powell grappillera ses rebonds et grattera tout ce qu’il peut gratter des deux côtés du terrain avec son énergie habituelle. Sur les postes arrières, la stabilité est de mise. Luka Doncic encore et toujours en maître d’œuvre avec des percussions à la fois intérieures et extérieures possibles par Tim Hardaway Jr et Dorian Finney-Smith.

 

 

C’est peut-être le plus gros step-up opéré par les Mavs durant l’été. Le recrutement permet de densifier l’ensemble du roster et d’apporter beaucoup plus de solutions à Jason Kidd sur la durée. L’intégration de Spencer Dinwiddie s'est faite le plus naturellement du monde, en parfait complément de Doncic. Le point d’interrogation sera le remplacement de Jalen Brunson. Frank Ntikilina et pourquoi pas Tyler Dorsey, s’il confirme son excellent Euro avec la Grèce, auront une place à prendre dans la rotation et le partage des responsabilités offensives quand le prodige slovène sera sur le banc. Enfin, Jaden Hardy devra se montrer réaliste pour gratter du temps de jeu. La pré-saison, ce n’est que la pré-saison attention, augure des choses intéressantes avec 16 points inscrits dans le dernier QT face à OKC, le 6 octobre. Une envie de bien faire qu’il faudra transposer en NBA.

 

 

- Luka Doncic. Bon, quand on a dans son équipe un potentiel joueur all-time, c’est plus facile. Depuis trois ans, Luka Magic ne cesse de repousser les limites que l’on peut lui fixer en début de saison. L’exercice 2022-2023 est celui de la course au MVP pour le Slovène. Une aubaine pour sa franchise qui devrait bénéficier de nombreux cartons offensifs. Les Français savent à quel point ça peut faire mal.

 

- Un effectif à la fois stable et renforcé. Des ajouts intelligents, une base identique, une continuité dans un projet bien ficelé. Les Mavs seront prêts dès le 19 octobre et il le faudra puisque ce sera la revanche de la demi-finale de conférence face aux Suns.

 

- Le secteur intérieur. McGee, Wood, Powell, le cercle sera bien gardé du côté de l’American Airlines Center. Une bonne trentaine de rebonds sont attendus tous les soirs de la part des trois compères.

 

 

- Le sur-régime. L’objectif presque réaliste des Mavericks serait le podium à l’Ouest. Mais n’est-ce pas trop ? Les défaites ne devront pas s’accumuler si les Texans veulent rester compétitifs dans une conférence toujours plus relevée.

 

- La Luka dépendance ? En cas de blessure du prodige, quid des responsabilités dans l’équipe ?  Qui pourra prendre feu et assurer le rôle de leader. Jalen Brunson l’a fait la saison dernière. Cette saison, Dinwiddie mènera certainement le bateau mais la casquette de capitaine devra être partagée pour être plus efficace.

 

 

Une équipe renforcée ne veut pas dire une équipe plus performante. Pour mettre en place un véritable univers impitoyable dans le Texas, il faut certes demander à JR Ewing mais surtout battre tous ses adversaires directs. Il y aura du monde au rendez-vous pour prétendre au podium à l’Ouest et il ne faudra de loupés dans l’enchainement des matchs sous peine de vite dégringoler. Luka Doncic devrait tout de même permettre d’emmener ces Mavericks vers le Top 4 de la conférence Ouest et une campagne de play-offs le couteau entre les dents. 55 victoires - 27 défaites.