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Nicolas Batum, chronique d'un échec

Nicolas Batum, chronique d'un échec

  

On lui écrivait un bel avenir en NBA et pourtant, le Français a gâché saison après saison son immense talent. Rebondira-t-il à Charlotte ?

Escroc. C'est probablement le premier mot qui vient à l'esprit des fans purs et durs de Portland. Déception, diront les plus modérés. Après avoir passé 7 saisons avec les Blazers, Nicolas Batum a été transféré chez les Charlotte Hornets, un échec cuisant pour sa carrière. Entre 2005 et 2008, l'ailier ne cesse de progresser avec Le Mans et découvre l'Euroleague, où sa polyvalence accompagnée de qualités athlétiques hors normes, laissent pressentir un futur grand d'Europe. Mais comme tout jeune joueur, le Français se laisse tenter par les sirènes de la NBA et conclut un accord les San Antonio Spurs qui comptent le drafter en fin de premier tour. Mais contre toute attente, Portland met en place un montage pour grimper dans la draft et récupérer le choix de Houston. Le front-office des Blazers sélectionne ainsi Nicolas Batum par l'intermédiaire des Rockets et voit grand à travers le frenchie.

 

  • Lueur d'espoir

 

Portland voulait à tout prix Nicolas Batum, Portland a tout fait pour que Nicolas Batum exprime son potentiel, Portand a réalisé le nécessaire pour que Nicolas Batum devienne l'un des plus grands joueurs de la NBA. Mais Portland a été trahi. Trahi par un joueur au mental fébrile, qui n'a jamais su se transformer en la star qu'il est au fond de lui.

 

Après avoir vu ce dont le Français était capable lors de ses trois premières saisons, les Blazers lui ont fait de la place. Séduit par sa capacité à shooter longue distance, à pouvoir éclairer le jeu par ses passes et son physique lui permettant de défendre sur plusieurs postes, le front-office a décidé de se débarrasser de Gerald Wallace et Jamal Crawford, puis a cassé la tirelire -46 121 500 dollars sur 4 ans-, pour construire autour de lui. Dans la foulée, le staff aussi mise aussi sur Nicolas Batum lui offrant l'un des temps de jeu les plus importants de toute la NBA. Lors de la saison 2012-2013, il joue même 38,5 minutes par match soit autant que Kevin Durant et plus que LeBron James, LaMarcus Aldridge, Paul George, Stephen Curry et bien d'autres All-Stars de calibre MVP. Mais malheureusement pour les Blazers, Batman n'a jamais assumé son salaire et son temps de jeu, affichant des stats complètes loin d'être à la hauteur de son niveau et des attentes placées en lui. 

 

  • Un talent hors norme

 

Nicolas Batum possède l'ensemble des qualités pour régner sur le basket NBA.  2,03 m, 2,15 m d'envergure, 96 kilos de muscles, une détente exceptionnelle et une agilité de félin, le Français est un monstre physique. Associée à ces dons de la nature, sa polyvalence offensive a tout pour faire des ravages. Parmi les gâchettes les plus efficaces, peu importe l'endroit ou la distance, il affiche un pourcentage solide de réussite au tir. La NBA a d'ailleurs mis au point une statistique qui démontre la précision du Français : l'"effective field goal percentage", c'est-à-dire le pourcentage d'efficacité au shoot calculé en prenant en compte la valeur (tirs à deux ou trois points) et la difficulté de l'ensemble des tirs. Batum présente ainsi une efficacité au tir en 2013 de 55,4 %, se classant 14e de NBA devant des cadors tels que Dwyane Wade, Dirk Nowitzki et James Harden.

 

Mais l'ailier n'est pas qu'un shooter. Sa vision du jeu et ses qualités athlétiques lui permettent également d'attaquer le panier et d'inscrire des points faciles. En 2013-2014, il inscrit plus d'un tiers de ses tirs au niveau de l'arceau (36 %) avec un excellent pourcentage (75,3 %) de réussite. Du coup, il possède la qualité rare de pouvoir attirer nombre de défenseurs sur lui et ainsi démanteler l'organisation de la défense adverse. Conséquence : cela libère des espaces et ouvre des fenêtres de tirs pour ses coéquipiers. Altruiste, le Français a terminé ses trois dernières saisons avec 5 passes décisives de moyenne par match. Une excellente statistique.
 

Nicolas Batum est précieux des deux côtés du terrain. En progression constante sur sa défense, il a reçu a deux reprises des votes pour être élu dans les meilleures équipes défensives. En plus de ses longs bras et de sa dureté, qui lui permettent de faire vivre un calvaire à de nombreux scoreurs, l'ex numéro 88 des Trail Blazers de Portland est un défenseur complet qui peut défendre par séquence sur quatre postes différents (meneur, arrière, ailier, ailier fort). Le Français s'est également amélioré au rebond avec 7,5 prises par match en 2013-2014, dont 6 défensives, une stat qui faisait de lui le seul joueur du top 20 des meilleurs rebondeurs défensifs à ne pas être un intérieur.

 

  • Des gros défauts !

 

Si Nicolas Batum est bourré de talent, il a cependant un défaut qui pèse lourd. Très lourd même. Ce n'est pas un tueur et il ne produit pas suffisamment. Premièrement, il n'a jamais franchi la barre des 15 points de moyenne, ne prend pas plus de 10 shoots par match, ne tire pas plus de trois lancers francs par rencontre et ses passes décisives ne sont pas assez souvent le fruit d'une pénétration. Trop gentil en attaque, il n'agresse pas suffisamment l'arceau, alors qu'il possède les atouts physiques et techniques pour s'imposer. En défense, ses appuis ne sont pas toujours réactifs et manquent de vice pour bousculer les attaquants. Si la feuille de stats et l'apport du Français sont de qualité, aussi bien pour Portland que pour les Bleus, ils ne sont en revanche pas à la hauteur de son temps de jeu. Et encore moins de ses moyens. Monstrueux lors des derniers championnats du monde, il s'est littéralement effondré avec les Blazers cette saison alors que d'énormes espoirs étaient placés en lui et en sa franchise. 9,4 points, 40% de réussite, 32% à trois points... Une année catastrophique, la goutte de trop pour les dirigeants qui ont décidé de le transférer juste avant la draft à destination de Charlotte. 

 

  • 2016, l'année de la dernière chance ?

 

La première année Nicolas Batum avec les Hornets s'annonce d'ores et déjà décisive pour sa carrière. Malgré l'identité très défensive de la franchise de Michael Jordan -28e attaque de la NBA avec 94,2 points par match la saison passée-, qui d'ailleurs conviendra à merveille au Français, Charlotte recherche désespérément un joueur capable de porter offensivement son équipe. Et cet homme, peut, doit être Nicolas Batum ! Aux Hornets, personne ne lui fera de l'ombre en attaque contrairement aux Blazers. Le coach Steve Clifford lui offrira volontiers un grand volume de shoots extérieurs, d'isolations et de fins de systèmes. Sans compter le fait qu'à l'Est la concurrence, aussi bien offensive que défensive, est bien moindre qu'à l'Ouest. Les planètes sont une nouvelle fois alignées pour Nicolas Batum explose et domine la NBA auprès des grands.

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